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Le président Essebsi refuse de ratifier les amendements à la loi électorale

La Tunisie compte les coups

Pour s’en expliquer, le chef de l’ Etat interviendra ce soir-même, à la télévision, prouvant au moins une chose au regard de son peuple…

La Tunisie se prépare à une rentrée mouvementée au lendemain du vote par l’Assemblée des Représentants du peuple (ARP) de la nouvelle loi électorale, lestée de trois amendements qui ont alourdi l’atmosphère politique, à quatre mois du double scrutin législatif et présidentiel. Il s’agit en effet de trois amendements à la loi électorale dont l’unique but est d’écarter de la course présidentielle des candidats susceptibles de bousculer ceux des partis établis.
La polémique fait rage depuis plusieurs jours en Tunisie autour de ce qui est qualifié de « manœuvre politicienne » dont le grand bénéficiaire serait, de l’avis des observateurs, le chef du gouvernement Youssef Chahed. Pourtant, le vote de ces amendements a été obtenu grâce au soutien des deux principales formations que sont Ennahdha et Tahya Tounes, le parti de Youssef Chahed, lesquelles y voient un intérêt « objectif ». Ce qui n’a pas empêché l’ARP de piétiner une nouvelle fois, jeudi dernier, incapable d’élire les membres de l’Instance de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption ainsi que le reste des membres de la Cour constitutionnelle. D’une part, aucun des candidats en lice pour l’Instance de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption n’a obtenu le nombre de voix nécessaire. D’autre part, le résultat s’est avéré aussi négatif en ce qui concerne les membres de la Cour constitutionnelle.
Autant dire que le pays est dans l’impasse alors que l’ouverture officielle des listes de candidatures aux législatives doit avoir lieu demain ! Et comme un malheur n’arrive jamais seul, voilà que le président Béji caïd Essebsi a annoncé par la voix de son chef de cabinet son refus de ratifier la nouvelle loi électorale, au motif qu’il refuse un texte fondé sur l’exclusion. Le chef de l’Etat justifie sa décision en se référant à la Constitution de 2014, affirmant qu’il en incarne la lettre et l’esprit. On ne peut s’étonner de cette posture puisque la hache de guerre entre le clan Essebsi et Chahed a été déterrée depuis plusieurs mois déjà, engendrant une rupture non seulement entre les trois protagonistes que sont Béji Caïd Essebsi et son fils Hafedh, d’un côté, et Youssef Chahed, de l’autre, mais aussi et surtout entre Nidaa Tounes, écartelée entre deux tendances rivales, et Ennahdha. La formation de Rached Ghannouchi qui a confirmé, hier, qu’il sera tête de liste du grand Tunis pour les législatives de novembre prochain se frotte les mains, tant la situation lui est de plus en plus favorable, malgré la montée en puissance de certains francs tireurs.
Avec les amendements apportés à la loi électorale, les formations politiques « traditionnelles » barrent la route à la candidature de ceux qui exercent comme responsables d’associations caritatives, d’une part, et comme chefs de file de partis faisant l’apologie de la dictature, d’autre part. Tout le monde a vite compris de qui il s’agit précisément : le propriétaire de Nessma tv, Nabil Karoui, qui est aussi l’animateur de « Khalil Tounes », la responsable de l’association Aïch Tounsi, Olfa Terras- Rambourg, et surtout la dirigeante du parti destourien libre ( PDL), Abir Moussi, qui pourfend, depuis des mois, les tenants de la révolution du Jasmin et n’hésite pas à défendre le bilan du régime de Zine el Abidine Ben Ali.
Réagissant à contre-courant de ces manœuvres peu démocratiques, le président Béji Caïd Essebsi qui a trouvé là une occasion inespérée de porter l’estocade à son ancien protégé refuse de ratifier la nouvelle loi, suscitant du coup la joie dans le camp des trois candidats visés et l’indignation dans celui de Tahya Tounes et Ennahdha. Pour s’en expliquer, il interviendra ce soir-même à la télévision, prouvant au moins une chose au regard de son peuple : sa bonne santé recouvrée et sa marge de manœuvre encore loin d’être rompue.

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