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L’ONU confirme le début de pourparlers politiques interlibyens à Genève

Une longue marche vers la paix

Contre toute attente, la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) a confirmé, hier, le lancement du dialogue politique inter-libyen à Genève, et ce à la date prévue, relativisant par-là même les annonces précédentes relatives à la suspension de leur participation par les deux camps rivaux. «Le dialogue politique débutera demain comme prévu», a ainsi indiqué Jean el-Alam, porte-parole de la Manul. Vingt-quatre heures plus tôt, le Parlement basé à Benghazi ainsi que le gouvernement de Tobrouk non reconnu par la communauté internationale, tous deux partisans du maréchal Khalifa Haftar et de ses milices autoproclamées Armée nationale libyenne ont fait écho au Haut Conseil d’Etat proche du gouvernement d’union nationale de Fayez al Serraj pour affirmer, les uns comme les autres, qu’ils avaient « suspendu » leur participation à ces pourparlers politiques à Genève, pour des raisons différentes. Tripoli et Benghazi s’accusent mutuellement de ne pas respecter la trêve conclue à Moscou sous la double férule du président russe Vladimir Poutine et de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.
Le dialogue politique, qui doit donc commencer aujourd’hui, verra la participation de 13 représentants du Parlement pro-Haftar, 13 représentants du Haut Conseil d’Etat ainsi que des personnalités invitées par l’émissaire de l’ONU, Ghassan Salamé. Pendant ce temps, la reprise des travaux du Comité militaire composé des responsables des forces combattantes antagonistes demeure toujours incertaine tandis que les affrontements aux environs de la capitale libyenne se poursuivent, malgré une tendance relative à l’ « accalmie ». Haftar qui n’entend pas renoncer à son objectif de prendre Tripoli coûte que coûte a déclaré, voici deux jours, qu’il est prêt à « chasser l’envahisseur turco-ottoman » de la terre libyenne, laissant entendre que son offensive n’est pas près de prendre fin, alors même qu’elle va boucler sa première année le 4 avril prochain et que le bilan des affrontements atteint plus de 1000 morts.
L’ONU s’efforce, vaille que vaille, de préserver les pourparlers entre les deux protagonistes du conflit, notamment en ce qui concerne la Commission militaire mixte libyenne (5+5) abandonnée par le GNA qui a dénoncé les nombreuses « violations répétées » du cessez-le-feu. Le Premier ministre du GNA, reconnu par la communauté internationale, Fayez al Serraj, a, dans une intervention lundi devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, réitéré ses accusations contre le maréchal Haftar, « criminel de guerre » et responsable de milliers de morts et de blessés ainsi que de destructions d’infrastructures telles que les écoles et les hôpitaux. C’est dans ce contexte incertain que la Manul a publié, hier, un communiqué dans lequel elle réaffirme « espérer reprendre le deuxième cycle de négociations de la Commission militaire mixte libyenne (5+5) ». Les belligérants libyens avaient entamé, voici une semaine, au Palais des Nations, une nouvelle série de pourparlers militaires indirects, en présence du Représentant spécial du secrétaire général pour la Libye, Ghassan Salamé. La Mission onusienne avait exprimé, à cette occasion, « sa condamnation ferme du bombardement du port maritime de Tripoli, hier, par l’armée nationale libyenne (ANL), composée de milices du maréchal Haftar ». La MANUL avait déploré que cette attaque ait fait « un certain nombre de victimes et aurait pu conduire à une véritable catastrophe, si le navire transportant du gaz liquéfié avait été touché ». Rappelant la toute dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, à caractère « contraignant », la Manul a estimé urgent un strict respect du cessez-le-feu et la fin immédiate des violations de l’embargo onusien sur les armes pour empêcher toute « extension du conflit ». Mais Ghassan Salamé a dû faire contre mauvaise fortune bon cœur, conscient qu’avec 150 violations de la trêve durant la semaine écoulée, le processus de paix engagé sur trois axes demeure une tâche ardue.

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