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Les hommes de loi ont été au cœur du mouvement pacifique

L’élan porté par la justice

« N’ayez pas peur, le peuple algérien vous soutient. » Ce cri de liberté, lancé sur le perron d’un tribunal, marquait le début de la fin d’une ère injuste.

Ce qui devait arriver arriva. Le reste viendra, se construira petit à petit. Les Algériennes et Algériens qui sont sortis le 22 février dernier, pour signer la rupture totale avec l’ancien régime, en sont convaincus. Tout au long des six derniers mois, ils ont vibré à l’unisson d’une même voix et d’un même slogan : «Dégagez tous !». L’expression pacifique d’une colère légitime. La société dans l’ensemble de ses composantes, toutes générations et catégories sociales confondues, s’est affranchie des menaces et intimidations de toutes sortes. Les enfants de Ben M’hidi et Abane Ramdane ont rejeté haut et fort l’injustice et l’arbitraire et la confiscation de leurs libertés. Leur revendication première a été la justice sociale et l’instauration d’un Etat de droit. Un appel qui a vite été entendu par les hommes de loi. Ces derniers font partie du peuple et ont été parmi les millions de citoyens qui ont défié le pouvoir dès les premières semaines du Hirak. Ils ont vite compris ensuite, l’importance de leur présence aux côtés de la révolution pacifique, vêtus de leurs robes noires. Une forte charge symbolique qui allait marquer un tournant décisif dans le cours des événements. Pour la première fois de l’Histoire de l’Algérie, des magistrats ont brandi le glaive de la justice et ont manifesté criant haut et fort leur refus d’être des «girouettes» aux mains du pouvoir. Lors du premier rassemblement des magistrats, un 21 mars 2019, un procureur de la République a prononcé un réquisitoire historique : «N’ayez pas peur, n’ayez pas peur, le peuple algérien vous soutient. Votre conscience et la loi restent le seul juge.» Ce cri de liberté, lancé sur le perron d’un tribunal, marquait le début de la fin d’une ère injuste où le pouvoir judiciaire était soumis au pouvoir exécutif. Le soutien des hommes de loi au Mouvement populaire a été une lueur d’espoir dans un champ de ruines politique, économique et sociale. Rien ne devait plus être désormais comme avant. La justice venait d’entamer sa réconciliation avec ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, c’est-à-dire un pouvoir agissant «au nom du peuple et pour le peuple» afin de donner corps à la primauté de la loi et à l’égalité de tous devant elle. Prenant son courage à deux mains et revigorée par les incessants appels du commandement de l’Armée, la justice se lance dans une grande opération de lutte contre la corruption. Des dizaines d’enquêtes sont ouvertes contre les hauts responsables de l’ex-régime et autant d’arrestations sont opérées. Près d’une cinquantaine de puissants décideurs qui, il y a quelques mois seulement, régnaient en grands maîtres sur l’Algérie, ont été envoyés à la prison d’El Harrach. Le peuple était béat au point où il doutait de la véracité des événements. Assurément, il ne lui était pas facile de croire à autant de transparence d’une justice qui, par le passé, a été trop souvent aux ordres ! Les juges n’ont-ils plus peur ? N’acceptent-ils plus aucune pression ? Le Hirak a-t-il réussi réellement à libérer la justice ? Peut-être pas totalement encore, mais dans l’Algérie qui fait sa mue, la justice n’est pas en reste. Le processus sera certes long, mais finira par aboutir. Les magistrats savent aujourd’hui que tous les regards sont braqués sur eux et tiennent à rester crédibles, à ne pas céder à la pression. Ils veillent à exercer leurs prérogatives en toute sérénité et transparence. Même l’Etat en place sait pertinemment, vu le contexte révolutionnaire en cours, l’importance d’une justice indépendante et impartiale qui répond à cet immense besoin exprimé par le peuple et qui lui a été si longtemps dénié. Raison pour laquelle aucun faux pas n’est permis. Dernièrement, la justice s’est donné un nouveau visage avec la nomination de Belkacem Zeghmati, un homme compétent et très rigoureux. Plusieurs changements ont été également opérés et la justice a décidé de commencer par nettoyer «sa maison» afin de s’assurer une véritable impartialité dans sa nouvelle mission : lutter contre la corruption et jeter les jalons d’un véritable pouvoir judiciaire indépendant. C’est là le fondement même d’un Etat de droit. Un état rêvé par toutes les Algériennes et Algériens qui continuent, chaque vendredi, de marcher vers… leur destin.

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