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Ghoul rattrapé par la justice dans l’affaire de l’autoroute est-ouest

Le scandale dépoussiéré

Le nom de l’ancien ministre des Travaux publics avait circulé avec insistance dans les rédactions.

La Cour suprême a ordonné le réexamen de l’affaire de l’autoroute Est-Ouest, a rapporté, hier, l’APS citant des sources judiciaires. Cette décision qui était assez peu envisagée par les juristes, en raison du jugement définitif de l’affaire, sonne comme un coup de tonnerre dans le ciel judiciaire, assez chargé, faut-il le souligner. Il y a lieu de relever que l’un des derniers épisodes de cette affaire remonte à janvier 2017. Une dépêche de l’APS révélait que la Cour suprême n’avait pas encore statué sur le pourvoi en cassation contre le jugement émis le 7 mai 2015 par le tribunal criminel d’Alger. «La Cour suprême ne s’est pas, à ce jour, prononcée sur le pourvoi en cassation en relation avec l’affaire de l’autoroute Est-Ouest» , avait affirmé Me Khaled Bergheul, avocat de l’un des principaux accusés dans l’affaire en question en l’occurrence Khelladi Mohamed, ex-directeur des nouveaux programmes de l’autoroute, condamné à 10 ans de réclusion criminelle. Il faut savoir que des peines de prison ferme allant de 10 ans à l’acquittement avaient été prononcées le 7 mai 2015 contre 22 personnes morales et physiques dont des sociétés étrangères impliquées dans l’affaire qui portait sur des faits de «corruption et octroi de commissions dans la passation de marchés publics pour la réalisation du projet autoroutier Est-Ouest, sur 1216 km».
L’actualité en rapport avec la lutte anticorruption est déjà très fournie avec plusieurs dossiers examinés simultanément par la justice. La réouverture du procès qui a fait couler beaucoup d’encre et dont on disait, en son temps, que des personnalités de haut rang étaient passées entre les mailles du filet aura, à n’en pas douter, un grand retentissement sur la scène politico-médiatique. Il faut dire qu’au moment du jugement du procès, présenté comme l’affaire du siècle et bien plus lourde que le dossier Khalifa, le nom du ministre des Travaux publics de l’époque, Amar Ghoul, avait circulé avec insistance dans les rédactions, mais aussi dans de nombreux salons de la capitale. Son maintien en poste après le procès qui a abouti à la condamnation du secrétaire général du ministère des Travaux publics, était lu, plus comme un soutien de la part de l’entourage de l’ancien Président, qu’une preuve d’innocence du ministre.
Même si l’APS n’apporte aucune explication juridique à la décision du réexamen du procès, il convient de souligner que cette perspective était tout de même en l’air, notamment depuis que le chef d’état-major a cité l’affaire dans l’un de ses discours de ces deux derniers mois.
Ahmed Gaïd Salah avait également fait une allusion claire à d’autres procès déjà jugés, à l’image de ceux de Sonatrach et de Khalifa. Les deux affaires qui, en leur temps, avaient suscité pas mal de «rumeurs» concernant l’implication de nombreux ministres dans des actes de crimes économiques et financiers, s’étaient, elles aussi clôturées, sans qu’aucun membre du gouvernement n’ait été inquiété par la justice. Au mieux, quelques ministres étaient cités comme simples témoins. L’«exhumation» du dossier de l’autoroute Est-Ouest autorise certainement beaucoup de lectures et élargit, de fait, le spectre des responsables politiques susceptibles d’être inquiétés par la justice. Il convient de souligner, par ailleurs, que la décision de la Cour suprême, certainement motivée par des considérations légales, amène à penser que la justice n’a visiblement pas l’intention de s’arrêter à la gestion du 4e mandat présidentiel, publiquement critiqué par l’ensemble de la classe politique, aujourd’hui. Il y a lieu de s’attendre à ce que d’autres responsables, peut-être jusque-là insoupçonnables, puissent faire l’objet de poursuites judiciaires pour dilapidation de deniers publics. Cela pour dire que le pays, confronté depuis près de 4 mois à une grave crise institutionnelle, est parti pour un très long feuilleton judiciaire qui verra tous les travers de 20 années de gouvernance mis sur la place publique, avec ce que cela suppose comme débat passionné.
Notons enfin, qu’initialement, le projet de l’autoroute Est-Ouest avait bénéficié d’une enveloppe globale de 6 milliards de dollars environ. De réévaluation en réévaluation, avec d’importants retards dans la livraison des sections du projet, l’enveloppe financière avait atteint les 11 milliards de dollars en 2011-2012. Des observateurs avaient annoncé des chiffres autrement plus importants. Le nouveau procès lèvera certainement le voile sur certains aspects de cette affaire, restés dans l’ombre pour des raisons que l’on peut aisément deviner.

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