{{ temperature }}° C / {{ description }}

Cité introuvable.

Les belles leçons d’un sacre

Les Algériens savent que c’est dans l’union qu’ils transformeront le succès sportif en victoire politique future.

Comme pour les vendredis du Hirak, les Algériens ont réussi pacifiquement et sans heurts à déjouer, par moment, le dispositif policier censé protéger la progression du bus impérial de l’Equipe nationale. Les milliers de policiers, déployés tout le long du parcours, trouvaient de grosses difficultés à faire face au déferlement d’une foule immense, venue saluer ses héros. Presque dépassés par l’ampleur de l’enthousiasme, même les motards dans leur habits d’apparat ont dû se résoudre, à quelques endroits du parcours, à «laisser la main» aux Algériens. Ce sont eux qui, par leurs corps et leurs cris de joie, ont protégé les joueurs et leur ont donné motif à se sentir réellement importants. La République a, certes, sorti tous ses moyens et mis les Fennecs dans la position de «seigneurs», mais c’est le peuple qui a transmis l’essentiel de l’amour que les camarades de Mahrez ont consommé, hier, sans modération.
Le défilé aura donc été un moment plus que privilégié entre un peuple déjà plusieurs fois victorieux, après des démonstrations de maturité qui ont sublimé le monde et une équipe de «guerriers» qui ont réussi à être ses dignes représentants dans une compétition prestigieuse. Les Bounedjah et consorts ont vu ce que leurs frères algériens ont réussi en quelques mois. Ils se devaient d’être à la hauteur de leur peuple et donner un prolongement international à une lutte populaire qui n’a pas fini d’émerveiller. En cela, la mission des joueurs était une totale réussite. Elle l’a été grâce à un sélectionneur qui a trouvé les solutions techniques et tactiques, mais pas seulement. Belmadi a apporté sa part d’algérianité dans l’âme d’une équipe qui allait à vau-l’eau.
Il fallait un homme de sa trempe pour redresser la barre. Mais il fallait, aussi, pour donner du sens à son travail, un soulèvement pacifique, mais déterminé des Algériens. Ce fut un signal fort, un «booster» terriblement efficace, qui a donné aux Verts la volonté d’aller jusqu’au bout de leur aventure, malgré des pronostics négatifs. Tout le monde l’admet et les analystes sportifs en ont convenu, l’argumentation strictement technique ne suffit pas pour expliquer l’exploit du football national. Il est clair en effet, que le deuxième sacre africain des Verts est le résultat d’une alchimie et un signe du destin. Quelque chose de profond est en train de se produire en Algérie. S’il est admis, aux quatre coins de la planète, qu’un scénario pareil à celui que vit le pays présentement, contribue efficacement à l’essor socio-économique de la nation à brève échéance, il est clair que l’écho de la consécration des Verts aura une implication prioritairement politique. Et pour cause, le peuple qui est actuellement un acteur central de la donne politique s’approprie légitimement le sacre, pour l’avoir justement «inspiré».
Les joueurs qui ont vu dans leur combat pour la coupe d’Afrique une forte symbolique, ont certainement interprété le slogan «le peuple veut la coupe d’Afrique», comme une invitation à contribuer à la révolution pacifique, comme l’avaient d’ailleurs fait leurs aînés en répondant présents à l’appel du FLN, en 1956. Les motifs, l’époque et l’enjeu ne sont certainement pas les mêmes, mais il est permis d’oser cette comparaison, à bien écouter les déclarations de l’entraîneur et des joueurs, tout le long du championnat. On sentait clairement une détermination de se hisser à la hauteur d’un peuple qui s’imposait comme la seule autorité morale dépositaire de l’histoire et de la grandeur de la nation.
De fait, ce succès sportif majeur constitue-t-il un signe qui ne trompe pas quant à la nouvelle scène nationale qui exclut toute récupération politicienne, de quelque nature qu’elle soit. Les joueurs ont répondu à la question de savoir si le peuple était leur unique carburant. Ils ont tous dit «oui». Et les Algériens, dans tous les stades et places mis à leur disposition pour suivre la finale de la coupe d’Afrique, ont compris le message et annoncé que cette coupe d’Afrique ne les endormira pas, bien au contraire.
Concrètement et après le succès éclatant de la parade des Fennecs dans les rues d’Alger, la coupe d’Afrique a donné aux Algériens la preuve que l’on peut tout réussir, en un temps record. Il suffit d’avoir la volonté pour ce faire. Cela, la société l’a bien saisi. On le voit dans les propos de tous les citoyens. En plus de n’être plus dupes, les Algériens savent que c’est dans l’union qu’ils transformeront le succès sportif en victoire politique future.

De Quoi j'me Mêle

Placeholder

Découvrez toutes les anciennes édition de votre journal préféré

Les + Populaires

(*) Période 7 derniers jours