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Livrés aux tiraillements politiques

Les étudiants face à leur destin

Beaucoup d’étudiants ne sont pas contre le dialogue, mais l’état d’organisation et de représentativité, qui fait grand défaut, les pousse à développer des lectures hâtives.

La dynamique estudiantine prend de l’ampleur, sa mobilisation ne faiblit pas, sa détermination pour un changement radical est plus qu’édifiant au regard de la force qui se dégage quant à l’action entamée depuis l’irruption de l’élan historique du Mouvement populaire du 22 février.
Les étudiants ont pu se démarquer par leur démarche en se dotant de leur propre dynamique mobilisatrice hebdomadaire de chaque mardi, mais sans que cela puisse rompre avec la mobilisation populaire de chaque vendredi pour le changement de régime et de ses symboles.
Cette jonction entre l’élan populaire et estudiantin à la fois, a permis aux étudiants algériens de s’inscrire dans le processus politique en cours avec des nuances qui font d’eux l’apanage, voire le socle de la mobilisation populaire des plus manifestes et des plus coriaces.
Depuis la première manifestation estudiantine, la situation des organisations classiques du mouvement estudiantin a été complètement disloquée du point de vue symbolique et leurs état-majors se sont murés dans un silence de marbre. Nul n’avait parié sur l’élan des étudiants qui ont émerveillé plus d’un. Cette nouvelle donne a fait repositionner l’échiquier de la mobilisation en mettant la corporation et la catégorie des étudiants à l’avant-garde des Forces du changement qui réclament des transformations politiques et l’avènement d’une nouvelle République démocratique et sociale. Mais avec le temps et les contradictions qui commençaient à pénétrer l’élan estudiantin les tiraillements commençaient à leur tour de se manifester et les approches antagoniques et hétéroclites se faisaient exprimer au moment crucial de l’objectif tracé par les étudiants lors de la première manifestation et de mobilisation dans la perspective du changement. Les étapes qui ont caractérisé la mobilisation populaire et les mesures qui ont été prises pour répondre aux exigences de la majorité du peuple qui exigeait le départ du régime et des symboles ont montré des divergences et des divisions au sein du mouvement estudiantin qui est partagé entre l’idée d’aller vers un dialogue sérieux et le rejet mordicus de ce « simulacre » de dialogue et de médiation pour juguler la problématique politique qui ronge les institutions de l’Etat.
Cette situation est visible maintenant, surtout avec le lancement d’un nouveau processus chapeauté par l’Instance nationale de dialogue et de médiation consistant à consulter tous les protagonistes politiques, organisations professionnelles, des syndicats et toute la dynamique qui s’inscrit dans le cadre de la société civile. Les approches et les lectures s’expriment au sein même dudit mouvement estudiantin qui ne cesse de secréter des grilles de lecture différentes à la crise politique et aussi les voies et moyens pour endiguer la situation et sortir de l’impasse qui guette le pays et la société. Les étudiants sont divisés sur l’approche quant à la solution à la crise, il y a ceux qui favorisent une sortie de crise en s’attachant au processus constitutionnel en consacrant le choix d’élire un président de la République in extremis, mais cela doit se faire concrètement à travers des mesures d’apaisement et des garanties que les tenants du pouvoir réel doivent assumer une grande partie de la démarche pour réunir les conditions de cette étape cruciale via la révision du Code électoral, l’installation d’une commission nationale de surveillance des élections qui sera souveraine et réellement indépendante vis-à-vis du pouvoir et son administration. Cette démarche émerge en force au sein de certaines organisations estudiantines, mais il reste aussi le fait que d’autres organisations rejettent la démarche et réclament le nettoyage y compris au sein du mouvement estudiantin qui est infesté par des organisations inféodées au régime honni. La dernière rencontre de l’Instance nationale de dialogue et de médiation a montré la fissure qui caractérise le mouvement estudiantin au sein duquel se dispute la légitimité et la représentativité. Cette posture du mouvement estudiantin montre on ne peut mieux que les étudiants doivent doubler les efforts pour cristalliser une démarche qui se hisse aux exigences de la situation et aux enjeux de l’étape décisive et sensible que traverse le pays. Beaucoup d’étudiants ne sont pas contre le dialogue, mais l’état de l’organisation et de représentativité qui fait grand défaut les pousse à développer des lectures hâtives quant à leur rôle et leur contribution dans la nouvelle étape qui exige de toutes les forces vives de la patrie de s’impliquer dans la dynamique des consultations et de dialogue pour en finir avec le spectre du vide constitutionnel et le risque de l’atomisation de l’Etat national.

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