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Inspirés par certaines officines, ils torpillent toute initiative de dialogue

Les slogans de l’impasse

Le Mouvement populaire n’est plus un «arbitre», du moment qu’une tendance politique en a fait l’un des «pugilistes».

L’Instance nationale de dialogue et de médiation poursuit sa «course d’endurance» dans un paysage partisan pas toujours enclin à l’aider dans son effort de rapprocher les points de vue. Même si certaines formations politiques semblent avoir saisi la véritable mission de l’Instance de Karim Younès et apportent leur soutien à la démarche, d’autres, par contre, ont un comportement qui suscite de légitimes interrogations sur leur objectif réel. On aura ainsi constaté, à travers les déclarations des uns et des autres, que des partis et des personnalités considèrent le panel comme une interface du pouvoir et s’adressent au président de l’Etat et au commandement de l’armée, lorsqu’ils ont Karim Younès en face. Une attitude assez peu constructive et qui a tendance à plomber le dialogue que les Algériens appellent de leur vœu. Se cachant derrière certains slogans radicaux lancés dans les manifestations hebdomadaires, quelques autres leaders partisans, dont certains bien en vue, n’hésitent pas à jouer l’amalgame et faire endosser leur position contre le panel à toute l’opinion nationale.
Cette manière de faire, qui consiste, faut-il le rappeler, à prendre toute l’opinion «en otage» de la rue, conduit à penser que des «agitateurs» professionnels ont gagné la bataille des slogans et retournent l’arme contre toute initiative allant dans le sens d’un dialogue franc et sincère. C’est ainsi qu’à chaque vendredi, l’on apprend qu’une telle ou telle autre personnalité est ciblée et devient persona non grata dans la rue. Une sorte de tribunal populaire qui rend ses verdicts sans appel. En tout cas, c’est ainsi qu’il est présenté aux Algériens et l’on a tendance à y croire, en l’absence de voix discordante au sein du Hirak. Il faut souligner, à ce propos, qu’il est impossible de contrer un slogan lorsqu’il est «aussi bien confectionné». Après, pas mal de leaders politiques, Ali Benflis a été la dernière cible de cette «nouvelle armée du Hirak» qui possède des relais redoutables sur les réseaux sociaux. Mais son principal terrain de chasse reste la rue et ses jours de prédilection sont toujours les vendredis et les mardis.
Tant que les observateurs et les acteurs politiques de tous bords continuent à voir dans les slogans des manifestants l’expression de la volonté de toute la population algérienne, il sera impossible d’évoluer sérieusement dans le dialogue amorcé par l’Instance nationale de dialogue et de médiation. Car, il faut bien le dire un jour, le mouvement populaire n’est plus un «arbitre», du moment qu’une tendance politique en a fait l’un des «pugilistes». Cette force tient seule le ring et s’en prend à tous ceux qui viennent lui disputer son hégémonie. Elle refuse de quitter la rue et veut en faire son seul et unique terrain de lutte pour contraindre ses adversaires à jeter l’éponge. Il y a lieu de préciser que ces «adversaires» ne se recrutent pas seulement parmi le personnel du pouvoir, mais également au sein de l’opposition. Il est, de fait, très difficile pour le panel de convaincre celui, qui pense avoir la rue avec lui, à s’asseoir autour d’une table pour négocier.
Mais force est de constater que cette posture est, jusqu’à ce jour, payante pour le petit conglomérat de partis qui dicte ses décisions, crucifie les personnalités qu’il veut et, partant, tient entre les mains l’avenir du Hirak, tout en bloquant le processus du dialogue. Dans l’arène politique qui fait l’essentiel du «spectacle » politico-médiatique, les partis de l’alternance démocratique, dont le prochain conclave est fixé au 31 août prochain, ont effectivement une partie de la solution, puisqu’ils tiennent la rue. On les accuse de n’être pas assez forts pour gagner à la régulière, mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit, lorsqu’on croit conduire une «révolution».
La solution viendrait-elle de la rue ? Il serait difficile de l’envisager, en ce sens que la rue n’est pas forcément le peuple. Il reste l’option «d’enjamber» le Mouvement populaire et avancer jusqu’à convaincre une majorité d’Algériens, sans tenir compte des slogans qui font fonction de frein. Les Algériens attendent une solution à la crise institutionnelle, ils ne veulent pas entrer dans une logique de révolution permanente.
Mais dans le même temps, ils sont ballottés entre une rue intransigeante, un pouvoir trop ancré dans sa position constitutionnelle et un panel qui regarde lui aussi un peu trop dans le rétroviseur. Le temps est peut-être venu pour affronter le pouvoir et la rue et parler une bonne fois pour toutes au peuple, à tout le peuple.

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