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Encore dix jours d’attente pour statuer sur le sort de la présidentielle

Un suspense inutile

Le Conseil constitutionnel joue les prolongations pour mettre les formes, mais il est entendu que l’option strictement constitutionnelle soit pliée.

Deux candidats, dont les chances de se faire entendre des électeurs sont quasi nulles, ont relancé «articulément» un processus électoral que l’opinion avait enterré, visiblement un peu trop vite. Le Conseil constitutionnel, tenu par la rigueur de la loi et pour éviter tout «vice de forme», s’est senti l’obligation d’aller jusqu’au bout d’un processus que la réalité et la politique ont déjà dépassé. Mais il y a dans la légalité républicaine des étapes que l’on ne peut ignorer sous peine d’enfreindre le sacro-saint principe de l’égalité de tous les citoyens devant la loi. Pour ce principe qui fait sortir hebdomadairement des millions d’Algérien, le suspense de la présidentielle du 4 juillet, demeurera entier jusqu’à ce que l’institution habilitée à valider ou pas les deux candidatures ait statué sur leur sort.
De fait, la «victoire» du mouvement populaire, formellement acquise, n’aura la couverture juridique qu’à l’issue de la décision du Conseil constitutionnel. En attendant, l’acquis est seulement politique. Ce qui revient à allonger, de plus d’une dizaine de jours encore, la «validité» de l’article 102 de la Constitution. Entre la réception des deux dossiers de candidature et la proclamation des résultats finaux, la scène nationale vivra un mardi estudiantin et un vendredi populaire. Il va de soi que ces deux dates constitueront des étapes fondamentales dans le traitement du dossier électoral et seront autant de rendez-vous où les Algériens mettront sur le tapis les articles 7 et 8 de la Constitution, histoire de donner un sens concret à leur mobilisation hebdomadaire. C’est bien par ce biais et non pas par le truchement de la réglementation que le pays en est à espérer une nouvelle ère. Ce sera visiblement par cette même démarche que l’élection du 4 juillet connaîtra le même sort que celle du 18 avril. Le Conseil constitutionnel mettra les formes, mais il est entendu que l’option strictement constitutionnelle pour une sortie de crise soit pliée. On voit, en effet, très mal, l’institution de Kamel Fenniche aller à l’encontre de la volonté populaire et cautionner un scrutin qui, même si dans la forme répond aux exigences légales, n’en est pas moins politiquement, voire constitutionnellement illégitime, si l’on admet une interprétation «populaire» des articles 7 et 8 de la Constitution.
Il faut dire, d’un autre côté, qu’à quelque chose malheur est bon puisque, ce nouveau délai que se donne «légalement» le Conseil constitutionnel, permet à la présidence de l’Etat, à l’état-major de l’armée et à la classe politique d’envisager de probables initiatives à déployer sitôt la prochaine présidentielle déclarée caduque. Durant ce laps de temps, il va falloir trouver prioritairement les mécanismes à même de rendre effectivement la souveraineté au peuple. Ce ne sera pas facile, puisqu’il s’agira de convaincre la majorité des Algériens, qui rejette totalement le personnel dédié à la gestion des affaires du pays, de faire confiance à une instance présidentielle, dont la mission est de faire exactement ce que devait appliquer le duo Bensalah-Bedoui. Qui prendra les rênes de ladite instance, pour combien de temps et comment verra-t-elle le jour ? quels seront les profils des ministres du prochain gouvernement nommé par l’instance présidentielle ? Comment sera organisée l’instance d’organisation des élections ? Quelle sera la posture des partis et de l’institution miliaire ? Quel rôle pour le Conseil constitutionnel ? Il faut trouver des réponses à toutes ces questions, que les partisans d’une présidentielle sans période de transition voulaient justement éviter. Cette option étant quasi enterrée, il devient urgent de s’atteler à résoudre l’équation de la représentativité et surtout trouver le moyen de maintenir une pression populaire permanente sur la nouvelle équipe si elle venait à être mise sur pied. Car, il faut savoir aussi que d’autres solutions existent. Elles sont moins démocratiques, plus longues, plus douloureuses, mais incontournables en cas d’échec du processus transitionnel rapide.
Les Algériens qui ont pris conscience de leur souveraineté et l’exercent de manière, pas encore assez claire, ont admis l’importance de leurs élites estudiantines. Ils espèrent certainement que l’élite politique, dont ils ne connaissent pas grand-chose, saura être à la hauteur de leur espérance et traduire sur le terrain les articles 7 et 8 de la Constitution, histoire de faire amarrer le bateau Algérie à bon port.
 

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