SYRIE-NOUVEAU FOYER DE VIOLENCES
Alep sous tension
La ville d'Alep, jusquici épargnée, est entrée dans le cycle de la violence vendredi après le double et sanglant attentat qui a fait 28 mortsLa tension montait hier à Alep au lendemain d'un double attentat sanglant dans cette ville, au moment où se poursuivent les confrontations à Homs et Zabadani.
A Homs (centre), «capitale de la révolution» qui subit une offensive des forces armées depuis une semaine, quatre personnes, dont une femme, ont été tuées hier dans le pilonnage continu du quartier de Baba Amr ainsi que dans des tirs de mitrailleuses lourdes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (Osdh, basé en Grande Bretagne). Selon les militants, plus de 450 personnes ont péri à Homs depuis le début de l'offensive sur la ville le 4 février. Ces chiffres sont données sous toute réserves n'étant confirmés par aucune source crédible. Ailleurs, deux personnes ont été tuées hier à Deraa (sud) et Damas, et trois autres à Zabadani, a affirmé l'Osdh, précisant que l'armée déployée massivement poursuivait le bombardement de cette ville proche de Damas.
Dans la capitale Damas, un général de l'armée syrienne a été abattu hier matin par un «groupe terroriste», selon les médias officiels, un fait rarissime, si confirmé. «Un groupe terroriste armé a assassiné ce matin le général de brigade et médecin Issa al-Khawli, directeur de l'hôpital (militaire) de Hamich, devant sa maison», a rapporté l'agence officielle Sana. En décembre et janvier, des attentats suicide avaient touché Damas, faisant quelque 70 morts. Comme pour Alep, le régime et l'opposition s'étaient mutuellement accusés. A Alep (nord), frappée vendredi pour la première fois depuis le début de la révolte par un double attentat qui a fait 28 morts selon les autorités, les quartiers anti-régime connaissent «un important déploiement des forces de sécurité», a indiqué l'Osdh.
La tension est de plus en plus palpable dans cette ville, poumon économique du pays, jusque là relativement épargné par la contestation contre le régime de Bachar Al Assad. Un militant sur place a confirmé à l'AFP que les mesures de sécurité avaient été renforcées, avec un déploiement de blindés et des «snipers partout». Les deux attentats à la voiture piégée ont visé le siège des renseignements militaires et le QG des forces de l'ordre.
Le pouvoir syrien les a imputés à des «gangs terroristes» qu'il accuse d'être derrière les violences depuis le début mi-mars 2011 de la révolte populaire que le régime tente d'étouffer, au prix de plus de 6000 morts selon un décompte des militants. Sur le front diplomatique, les pays de la Ligue arabe qui se retrouvent aujourd'hui au Caire pourraient prendre des décisions importantes sur la Syrie, avec la création d'un groupe des «Amis de la Syrie» et la désignation d'un envoyé spécial dans le pays, selon des sources diplomatiques. La Turquie va demander à l'ONU le lancement d'une campagne d'aide humanitaire à destination des populations victimes de la répression en Syrie.

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