PRÉSIDENTIELLE 2012 EN FRANCE
Hollande, un novice en diplomatie
François Hollande, largement favori pour le scrutin du 22 avril et du 6 mai, devra toutefois faire ses preuves en politique étrangèreSes positions tranchées l'ont mis toutefois sur une trajectoire à l'issue incertaine en raison de leurs éventuelles conséquences sur les relations de la France avec ses alliés.
Le candidat socialiste à la présidentielle française, Fran-çois Hollande, est un novice en diplomatie mais il entend affirmer ses différences à l'égard de la politique de Nicolas Sarkozy, comme il l'a fait pour l'Afghanistan et le nouveau traité européen.
Ses positions tranchées l'ont mis toutefois sur une trajectoire à l'issue incertaine en raison de leurs éventuelles conséquences sur les relations de la France avec ses alliés. S'il est élu en mai prochain, ses premiers déplacements à l'étranger permettront de marquer ces évolutions tout en consacrant malgré tout la permanence des alliances, avec l'Allemagne d'abord, puis avec les alliés occidentaux. François Hollande réservera sa première visite présidentielle à Berlin, vraisemblablement le 19 mai avant de se rendre à Chicago (Etats-Unis) pour participer à un G8 et à un sommet de l'Otan (20-21 mai).
En Allemagne, il veut convaincre Angela Merkel de renégocier le traité européen sur la discipline budgétaire pour y inclure des mesures pour la croissance et l'emploi, une mise en cause peu appréciée de la chancelière.
A Chicago, il ira expliquer son engagement à retirer les troupes combattantes françaises en Afghanistan, insérées dans un dispositif multinational, avant la fin 2012 alors que le chef de l'Etat actuel, Nicolas Sarkozy, ne le prévoit qu'un an plus tard. «Pour François Hollande, la relation franco-allemande est première, essentielle et décisive. C'est pourquoi son premier déplacement sera pour rencontrer Angela Merkel à Berlin et envisager avec elle la réorientation de la construction européenne», explique à l'AFP Pierre Moscovici, son directeur de campagne.
«Mais il faut aussi nouer des relations fortes avec d'autres partenaires. Ainsi est-il possible d'entretenir des rapports confiants avec l'Italie, dans une Europe qui ne soit pas réduite à l'alliance des conservateurs», selon lui. François Hollande s'est déjà rendu en Allemagne pour assister à un congrès du Parti social-démocrate. D'ici à la présidentielle, il a fait part, selon son entourage, de sa disponibilité - «sans être demandeur» - pour une rencontre avec la chancelière.
Elle n'y a pour l'instant pas répondu et s'est résolument engagée à soutenir Nicolas Sarkozy. Sur la thématique diplomatie, outre trois interventions sur le sol français entre le 10 et le 20 mars, le candidat n'a prévu que «peu de voyages», jugeant que la campagne «se joue essentiellement en France». «Il se rendra toutefois au Danemark (président en exercice de l'UE), en Grande-Bretagne, en Pologne, au Maroc après avoir été à Bruxelles, en Allemagne, Italie et Espagne», ajoute Pierre Moscovici. Le candidat souhaite relancer la défense européenne et rompre avec la politique de «bouc émissaire» suivie par Nicolas Sarkozy à l'égard de la Turquie, au «rôle stratégique» et dont la candidature d'adhésion «doit être traitée dans l'équité, sans ignorer toutefois qu'il s'agit d'une question à 10 ans, sensible pour l'opinion publique», précise Pierre Moscovici.
«L'Iran est une question très compliquée» mais «il faut tenter d'aller aussi loin que possible dans le cocktail sanctions-dialogue», poursuit-il. Si peu de différences devraient distinguer François Hollande de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis, au Proche-Orient ou à l'égard des régimes islamistes issus du «printemps arabe», le socialiste entend marquer sa différence sur l'Afrique et les pays émergents avec lesquels «il y a des bases à reconstruire».
Sur le continent africain, estime Pierre Moscovici, il faut «sortir de notre pré carré et en finir avec la Françafrique», un vocable désignant la relation trouble mêlant diplomatie et affaires entre Paris et ses ex-colonies.

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