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INSTALLATION D'UN GOUVERNEMENT D'UNION NATIONALE

L'ONU en contact avec des milices à Tripoli

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L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Martin Kobler, met les bouchées doubles pour concrétiser le récent accord interlibyenL'émissaire de l'ONU pour la Libye, Martin Kobler, met les bouchées doubles pour concrétiser le récent accord interlibyen

«Nous espérons parvenir à un accord avec tout le monde - l'armée, la police mais également les milices - pour que le gouvernement puisse revenir à Tripoli», a précisé Martin Kobler, l'émissaire de l'ONU.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye a indiqué dimanche soir que des contacts avaient été établis à Tripoli avec des responsables de la sécurité, notamment des milices, en vue d'installer le gouvernement d'union nationale dans la capitale. Après la chute de Maâmar El Gueddafi en octobre 2011, la Libye s'est enfoncée dans le chaos, se trouvant aujourd'hui en proie aux violences entre groupes armés et avec deux Parlements et gouvernements se disputant le pouvoir.
«La question est maintenant de savoir comment faire pour installer le gouvernement à Tripoli», a dit Martin Kobler lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP depuis Tunis, quelques jours après la signature sous l'égide de l'ONU d'un accord interlibyen prévoyant la mise en place d'un gouvernement d'union. «C'est une question que nous négocions avec des acteurs sécuritaires sur le terrain», a ajouté le diplomate allemand de 62 ans. «Nous espérons parvenir à un accord avec tout le monde - l'armée, la police mais également les milices - pour que le gouvernement puisse revenir à Tripoli», a-t-il précisé. La prise de contrôle de la capitale libyenne à l'été 2014 par Fajr Libya, une coalition hétéroclite de milices dont certaines islamistes, avait poussé le gouvernement reconnu par la communauté internationale à se réfugier dans l'est du pays. Un gouvernement et un Parlement parallèles avaient été dans la foulée mis en place à Tripoli. M.Kobler, qui a pris ses fonctions à la tête de Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul) en novembre dernier, a indiqué que le général italien Paolo Serra était en charge des négociations avec les responsables de sécurité à Tripoli. Il travaille sur ce dossier «depuis quatre ou cinq semaines», a-t-il précisé. Des hommes politiques, des représentants de la société civile libyenne et des membres des deux Parlements ont signé jeudi au Maroc un accord parrainé par l'ONU qui prévoit notamment la mise en place d'un gouvernement d'union nationale à Tripoli. Mais les présidents des deux Parlements Nouri Abou Sahmein à Tripoli et Aguila Saleh à Tobrouk (est) se sont opposés au texte, affirmant que les signataires de l'accord ne représentaient aucune des deux assemblées. Ils sont en revanche en faveur d'un accord interlibyen, alternatif à celui de l'ONU, signé à Tunis stipulant également la formation d'un gouvernement d'union nationale. Sur le plan militaire, aucune des milices, dont Fajr Libya, n'a pris position en faveur du nouveau gouvernement parrainé par l'ONU. A ce sujet, l'émissaire onusien a répété que les portes restaient «grandes ouvertes», et qu'il y avait des «signes encourageants» et «de plus en plus de soutien en faveur de l'accord». Pour justifier la nécessité d'un maximum de soutiens, il a mis en avant la menace du groupe jihadiste Etat islamique (EI). «Tout le monde craint l'expansion de l'EI. Pas seulement son expansion vers Ras Lanouf ou Ajdabiya (est), mais également vers le sud», a-t-il dit. «Ce sont les Libyens qui doivent combattre l'EI (...) et c'est pourquoi il est important d'avoir un gouvernement en place», a-t-il répété, encourageant toutes les parties libyennes à «adhérer à l'accord politique afin d'endiguer (...) l'influence» de l'EI. «Le Conseil de sécurité votera la semaine prochaine une résolution reconnaissant le gouvernement (...) comme étant la seule autorité légitime», a-t-il encore dit.

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