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SITUATION DRAMATIQUE À ALEP-EST

L'armée syrienne accule les rebelles

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Dans Alep en ruine, un homme tente de quitter son dernier refugeDans Alep en ruine, un homme tente de quitter son dernier refuge

Au moment où le régime semble proche de sa plus grande victoire depuis le début du conflit en 2011, la France a appelé à une réunion immédiate du Conseil de sécurité de l'ONU pour venir en aide à la «ville martyre».

L'ONU s'alarmait mardi de la situation «effrayante» des civils à Alep-Est, où les forces armées syriennes acculent les rebelles dans leur bastion transformé en un champ de ruines à coups de bombardements. En trois jours, l'armée syrienne a récupéré plus de 30% du territoire rebelle dans la deuxième ville du pays, principal enjeu du conflit syrien qui a fait plus de 300 000 morts en plus de cinq ans. Avec l'appui de l'aviation russe, l'armée syrienne avait mené ces derniers mois offensive après offensive pour récupérer ce secteur de la métropole divisée depuis 2012. Mais c'est la dernière en date, lancée le 15 novembre, qui a brisé les défenses rebelles, incapables de résister à la puissance de feu terrestre et aérienne déployée par Damas et ses alliés, comme le Hezbollah chiite libanais. Cette avancée rapide a provoqué la fuite d'Alep-Est de près de 16.000 civils «au cours des derniers jours», a annoncé hier le patron des opérations humanitaires de l'ONU, Stephen O'Brien.
Selon l'ONU, 10.000 d'entre eux ont rejoint Alep-Ouest, contrôlé par le régime, tandis que 4000 à 6000 ont trouvé refuge dans la petite enclave de Cheikh Maqsoud aux mains des forces kurdes.
Des milliers d'autres civils ont fui vers les quartiers méridionaux d'Alep-Est après la prise par l'armée de la partie nord. M. O'Brien s'est dit «extrêmement préoccupé par le sort des civils» et évoqué «une situation alarmante et effrayante». En plus de «l'intensification des combats au sol» et «les bombardements aériens aveugles», «plus aucun hôpital ne fonctionne» et «les stocks alimentaires sont pratiquement épuisés», a-t-il déploré. Selon des images visionnées par l'AFP, des rues entières apparaissent dévastées par les destructions.
Si les civils avaient résisté ces derniers mois à l'intensification des raids et au siège imposé depuis juillet, les derniers combats ont changé cette donne et «il est probable que des milliers d'autres (habitants) n'auront pas d'autre choix que de fuir si les combats continuent», prévoit M.O'Brien.
La situation est également tendue à Alep-Ouest, pris pour cible par les rebelles, a-t-il relevé. Une chute totale d'Alep-Est infligerait aux différents groupes d'insurgés leur pire défaite depuis 2011 et permettrait à Damas de se lancer dans la reprise d'autres villes qui lui échappent. Face à la «catastrophe humanitaire» d'Alep, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a demandé que le Conseil de sécurité de l'ONU se réunisse «mmédiatement» afin «d'examiner la situation de cette ville martyre et les moyens d'apporter secours à sa population» Des consultations sur la Syrie étaient déjà prévues mardi au Conseil de sécurité. «Plus que jamais, il y a urgence à mettre en oeuvre une cessation des hostilités et à permettre un accès sans entrave de l'aide humanitaire», a estimé M.Ayrault. Un appel similaire avait été lancé lundi par l'ONU et le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson. En Russie, le principal allié de Damas, le porte-parole du ministère de la Défense, le général Igor Konachenkov, a critiqué la «cécité» des Occidentaux «dès qu'il s'agit d'évaluer la situation réelle à Alep». Les opérations de l'armée «ont permis ces dernières 24 heures de changer radicalement la situation», s'est-il félicité.

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