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FRANCE: DE PREMIER MINISTRE À CANDIDAT

Difficile campagne de Manuel Valls

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Candidat à la primaire de la gauche française pour la présidentielle à la faveur du renoncement de François Hollande, l'ex-Premier ministre Manuel Valls peine à faire décoller une campagne fragilisée par des revirements qu'il peine à justifier.

Surnommé «Brutus» par ses détracteurs qui l'accusent d'avoir contraint l'impopulaire président à ne pas briguer un second mandat, M.Valls avait présenté sa démarche comme «une candidature de révolte» face au scénario d'échec actuellement écrit pour la gauche dès le premier tour de la présidentielle, fin avril. Mais à moins de trois semaines du second tour de la primaire socialiste, où s'affrontent sept candidats, un sondage le donne pour la première fois perdant face à l'un de ses anciens ministres, Arnaud Montebourg. M.Valls remporterait la mise uniquement en cas de participation restreinte des électeurs le 29 janvier. Jeudi, le premier débat télévisé de la primaire permettra de confronter tous les prétendants. Dans ses habits de candidat, Manuel Valls a déjà adouci ses positions iconoclastes à gauche, notamment sur l'islam et la laïcité, pour tenter de rassembler un camp fracturé face à une droite et une extrême droite conquérantes. Il s'est aussi dédit de certaines décisions prises à la tête du gouvernement pour tenter de convaincre un électorat profondément déçu après cinq ans de gauche au pouvoir. «C'est Dr Jekyll et Mr Hyde», a ironisé lundi le candidat écologiste à la présidentielle, Yannick Jadot, doutant que cette dualité «renforce la crédibilité de la parole politique aujourd'hui». En cause notamment, une annonce choc en matière constitutionnelle: M.Valls a provoqué la stupeur le mois dernier en proposant de supprimer un article de la Constitution, le «49-3», qui permet l'adoption d'un texte sans vote à l'Assemblée nationale. Or, lorsqu'il était chef du gouvernement, il a utilisé six fois cette arme constitutionnelle controversée, en particulier pour imposer une loi sur la réforme du droit du travail, combattue dans la rue pendant des mois par des milliers d'opposants. Cette volte-face lui vaut depuis des semaines d'abondantes railleries sur les réseaux sociaux et de la part de ses concurrents. Son principal rival Arnaud Montebourg a même imprimé sur ses affiches de campagne: «La primaire de gauche, ce n'est pas le 49-3, c'est votre choix». Lors de ses déplacements sur le terrain, M.Valls a été pris à partie plusieurs fois par des Français furieux, jusqu'à se faire enfariner à Strasbourg (est) sous l'oeil des caméras. «Je vais à la rencontre des Français en assumant ce qui a été engagé depuis 2012 mais avec, aussi, un devoir d'inventivité», a-t-il plaidé lundi dans le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France. Le journal conservateur Le Figaro le juge quant à lui dans une impasse «Lorsqu'il parle vrai, son camp se rebelle, lorsqu'il parle faux, son camp lui reproche son langage précédent. Dans l'un ou l'autre cas, les Français n'en veulent plus». Signe le plus visible de ses difficultés, il peine à remplir les salles pour ses meetings, comme ce week-end à Liévin (nord), emblématique fief socialiste, où il a réuni un peu plus de 200 personnes -contre le double espéré. Dans le même temps, l'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron et le chef de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, qui ont décidé de faire cavalier seul à la présidentielle sans passer par la primaire de gauche, font salle comble. «Macron est le seul homme politique aujourd'hui en France qui peut mettre 8.000 personnes dans une salle. Aujourd'hui, on ne les fait pas», reconnaît sans détour le directeur de campagne de Manuel Valls, Didier Guillaume.

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