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SOMMET DE L'UNION EUROPÉENNE À BRUXELLES

Les 27 débattent d'unité post-Brexit après le clash polonais

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Alors que des doigts accusateurs pointent le «diktat» de Berlin, les 27 à la recherche d'une introuvable unitéAlors que des doigts accusateurs pointent le «diktat» de Berlin, les 27 à la recherche d'une introuvable unité

Les dirigeants des pays de l'UE se sont retrouvés hier à Bruxelles, sans le Royaume-Uni, pour débattre de leur quête d'unité à 27, après une première journée marquée par une vive confrontation avec la Pologne.

L a réélection de Donald Tusk à la tête du Conseil européen, malgré l'opposition polonaise, a illustré jeudi le fossé entre Varsovie et une large partie de l'UE. Mais les échanges prévus hier devraient montrer une fracture encore plus large, entre promoteurs et opposants de l'Europe à «plusieurs vitesses». Ce concept encore flou cristallise pour l'heure les débats sur l'avenir de l'Europe post-Brexit, qui doivent déboucher sur une déclaration solennelle à Rome le 25 mars, à l'occasion de la commémoration des 60 ans du traité fondateur de l'Union. Cette «Déclaration de Rome» devait occuper hier les 27, qui cherchent à faire en sorte que ce texte ne froisse aucun pays. «Ils doivent s'accorder sur les principaux éléments, mais il n'est pas question d'avoir un accord sur ce texte aujourd'hui», a précisé une source diplomatique. Le plus délicat, a-t-elle expliqué, est de trouver une «articulation entre +unité+ et +plusieurs vitesses+». Un document de travail qui leur a été soumis hier matin propose que les 27 travaillent «ensemble pour promouvoir le bien commun» en laissant la «possibilité à certains de se rapprocher, d'aller plus loin et plus vite dans certains domaines». Mais, selon ce texte, en «laissant la porte ouverte à ceux qui aimeraient les rejoindre plus tard» et en préservant «l'intégrité» du marché unique, de l'espace Schengen et de l'UE tout entière. Ces formulations prudentes visent à ménager les sensibilités divergentes des 27. Paris et Berlin poussent pour que l'Europe s'assume davantage comme une Union à «plusieurs vitesses», afin de ne pas être bloqués par l'opposition de certains pays, par exemple dans le renforcement de la défense européenne. Mais d'autres pays s'inquiètent de devenir des membres de deuxième zone de l'Union, comme ceux du groupe de Visegrad, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie et la Pologne. Hier, le clash de la veille avec la Pologne, furieuse de la reconduction à la tête du Conseil européen de son ancien Premier ministre, le libéral Donald Tusk, était encore dans les esprits. «Ce qui s'est passé hier ne doit pas être la situation permanente de l'UE, avec un pays qui boycotte tout notre travail uniquement pour des questions de politiques nationales», a déclaré à son arrivée le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, appelant les dirigeants polonais à agir en «adultes». Malgré l'opposition polonaise, M. Tusk a été réélu jeudi à une écrasante majorité, à 27 voix contre une. En représailles, Varsovie a refusé d'accepter les conclusions du sommet, qui devaient ponctuer la journée. Ces conclusions sur des thèmes variés (immigration, économie, défense ou encore la situation dans les Balkans occidentaux), ont donc été publiées au nom du président du Conseil européen, avec le «soutien de 27 Etats membres». Ce blocage les prive de la valeur normale des conclusions d'un sommet, mais n'a aucune conséquence sur la réélection de M.Tusk. Le gouvernement nationaliste et conservateur au pouvoir à Varsovie, qui considère M.Tusk comme un ennemi politique, a qualifié de «dangereux précédent» le vote de jeudi, n'acceptant pas que l'UE puisse passer outre l'opposition d'un pays à la candidature de l'un de ses ressortissants. «Nous savons maintenant que c'est une UE sous le diktat de Berlin», a vivement réagi le ministre des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, interrogé par le site Internet wpolityce.pl. Varsovie reproche à Donald Tusk d'avoir abusé de ses fonctions en s'impliquant «personnellement» dans la vie politique de la Pologne, où certaines réformes récentes ont été critiquées par Bruxelles, qui a dénoncé des atteintes à l'Etat de droit. Visiblement marqué par l'épisode, Donald Tusk a martelé qu'il ferait «de son mieux pour rendre l'UE meilleure» avec l'ensemble des pays membres, «sans exception». Il va désormais continuer à assumer jusqu'au 30 novembre 2019 ses fonctions de président du Conseil européen, dont le rôle est de coordonner les sommets réguliers réunissant les chefs d'État ou de gouvernement, qui fixent les priorités politiques de l'UE.

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