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PARIS REÇOIT UNE LISTE DE CACHES D'ARMES

Le "désarmement" d'ETA en marche

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L'organisation séparatiste basque espagnole ETA, qui avait mis fin en 2011 à quatre décennies de lutte armée, a promis de procéder hier à son «désarmement total» et, premier geste, a remis aux autorités françaises, via des intermédiaires, une liste de caches d'armes.

Dans une première liste, il était fait état de 12 caches d'armes et d'explosifs, mais cette liste a ensuite été ramenée à huit caches, qui constitueraient ce qu'il reste de l'arsenal d'ETA et sont situées dans le département français des Pyrénées-Atlantiques, frontalier de l'Espagne, indique-t-on de sources proches du dossier. La Commission internationale de vérification, une structure non reconnue par Madrid et Paris, qui oeuvre pour la fin du conflit au Pays Basque, a confirmé hier matin la remise de cette liste aux autorités françaises. l'ETA, qui avait renoncé à la lutte armée en 2011 mais est toujours classée comme «organisation terroriste» par l'Union européenne (UE), avait annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi, dans un communiqué à la radio-télévision britannique BBC, son «désarmement total» pour le samedi 8 avril. Dans un communiqué commun, les gouvernements autonomes du Pays Basque espagnol (Euskadi) et de la Navarre, ainsi que la Communauté d'Agglomération Pays Basque français, présidée par un élu de centre droit, Jean-René Etchegaray, ont expressément soutenu vendredi la démarche de la Commission internationale de vérification. Les autorités espagnoles ont cependant prévenu le mouvement clandestin vendredi qu'il n'avait «rien à attendre du gouvernement» de Madrid, «aucun avantage, aucun bénéfice politique» de son désarmement unilatéral, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Iñigo Méndez de Vigo. ETA (Euskadi Ta Askatasuna, Pays Basque et Liberté), née en 1959 dans la lutte contre le franquisme, a renoncé en octobre 2011 à la lutte armée, après 43 ans de violences au nom de l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre et 829 morts attribués à son mouvement clandestin. Mais l'ETA refusait son désarmement et sa dissolution exigés par Madrid et Paris, réclamant une négociation sur ses membres détenus (environ 360, dont 75 en France et une centaine purgeant des peines de plus de dix ans de prison). D'après des experts de la lutte antiterroriste, l'arsenal d'ETA comprendrait environ 130 armes de poing et deux tonnes d'explosifs, pour l'essentiel volées en France. Selon ces experts, ETA est «à l'agonie et le mouvement clandestin compterait tout au plus encore une trentaine de membres». Historiquement pour ETA, la France et plus particulièrement le Sud-Ouest ont été une véritable «base arrière». Les services de police, ainsi que des spécialistes du déminage, sous l'autorité du Parquet antiterroriste à Paris, compétent en la matière sont mobilisés au Pays Basque français et «prêts à intervenir à tout moment», précise-t-on de sources proches du dossier. Le ministre français de l'Intérieur Matthias Fekl devait tenir en matinée une conférence de presse sur ce «désarmement» d'ETA. «A partir de demain des experts vont procéder à une série de vérifications», avait déclaré vendredi «Txetx» Etcheverry, responsable du mouvement écologiste basque français Bizi!, faisant allusion aux membres de la Commission internationale de vérification, qui comprend notamment un ancien secrétaire général d'Interpol, le Britannique Raymond Kendall. En marge de l'opération de «désarmement» elle-même, un «grand rassemblement populaire» était organisé hier à Bayonne (13h00 GMT) sur le thème «Nous sommes tous et toutes des artisans de la paix», auquel sont attendus plusieurs milliers de participants. Vendredi soir, le Parti populaire (conservateur) au pouvoir en Espagne a organisé un «contre-événement», une cérémonie en hommage «aux protagonistes de la défaite de l'ETA», à Vitoria (Pays Basque), centrée autour des familles des victimes d'ETA.

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