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VENEZUELA: AVANT «LA MÈRE DE TOUTES LES MANIFESTATIONS»

La tension grandit encore d'un cran

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La tension est montée encore d'un cran à Caracas, quelques heures avant «la mère de toutes les manifestations» prévue hier par l'opposition au président Maduro qui crie pour sa part au «coup d'Etat» et mobilise les forces armées.

Nicolas Maduro a annoncé mardi soir qu'il activait un «plan Zamora» pour «dé-
faire le coup d'Etat et l'escalade de violences (...) sous la structure militaire, policière et civile de l'Etat».
L'ordre, a-t-il indiqué, en a été donné aux Forces armées nationales bolivariennes.
«Le Plan Zamora, explique le général à la retraite Cliver Alcala, cité par l'AFP, est un plan stratégique et opérationnel activant la défense de la nation en cas de menaces à l'ordre interne (...) Mais sa mise en oeuvre me paraît destinée à intimider. Ils veulent dissuader l'opposition de manifester».
M. Maduro avait accusé auparavant à la radio et à la télévision les «Etats-Unis» et notamment le département d'Etat d'avoir donné leur «feu vert (...) à un processus putschiste effronté en vue d'une intervention au Venezuela».
Nicolas Maduro avait en ligne de mire les propos du porte-parole du département d'Etat américain, Mark Toner, pressant les autorités de cesser de réprimer les manifestations de l'opposition.
Nicolas Maduro a également annoncé mardi soir que l'un des instigateurs d'un «complot militaire» fomenté, selon lui, par l'opposition, avait été arrêté et incarcéré. «Nous avons en outre arrêté un groupe (...) de l'opposition doté d'armes et qui entendait se joindre à la mobilisation convoquée par la droite», a-t-il poursuivi.
Dans un communiqué, la Table pour l'unité démocratique (MUD), la coalition de l'opposition, a rejeté ces accusations, fustigeant «les guerres imaginaires et les conspirations inexistantes de Maduro». Elle a réitéré son appel à manifester (hier). Dans le même registre, Nicolas Maduro avait estimé mardi que Julio Borges, le chef du Parlement dominé depuis 2015 par l'opposition, devrait être poursuivi pour «appel au coup d'Etat». En l'occurrence, le président du Parlement vénézuélien avait appelé les forces armées mardi à être «loyales» à la Constitution en laissant les opposants défiler pacifiquement.
Une référence à la «loyauté inconditionnelle» à Nicolas Maduro proclamée lundi par le chef des armées et ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez. Pour les antichavistes (du nom de Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013), qui ont promis «la mère de toutes les manifestations» hier, il s'agira de la sixième mobilisation depuis début avril, en faveur d'élections anticipées et en défense du Parlement, la seule institution qu'ils contrôlent.
La manifestation tentera de parvenir jusqu'aux bureaux du Défenseur du peuple dans le centre de Caracas, considérés comme un bastion chaviste. Les autorités ont déjà prévenu qu'elles ne laisseraient pas les manifestants aller jusqu'à cette zone où aura lieu l'autre défilé, celui des partisans de M. Maduro. Lors des précédentes protestations, ce sont justement les tentatives des forces de l'ordre pour bloquer le passage des manifestants qui avaient dégénéré en violences. En trois semaines, l'actuelle vague de manifestations a fait cinq morts et des dizaines de blessés et l'opposition dénonce la répression des forces de l'ordre qui ont arrêté plus de 200 personnes. Inquiets, 11 pays latino-américains ont demandé lundi à Caracas de «garantir» le droit de protester pacifiquement, un appel qualifié par le gouvernement vénézuélien d'«ingérence grossière». Nicolas Maduro ne semble pas prêt à calmer le jeu: après avoir annoncé le déploiement de militaires en prévision des mobilisations d'hier, il a décrété le renforcement des milices civiles, qui compteront 500 000 membres avec «un fusil pour chacun» en vue d'une éventuelle «intervention étrangère».

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