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VIOLENCES EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

L'ONU va envoyer des experts pour enquêter au Kasaï

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42 fosses communes découvertes au Kasaï qui témoignent de la violence atteinte ces derniers mois en RDC où, selon l'église catholique, il y a eu plus de 3 000 morts42 fosses communes découvertes au Kasaï qui témoignent de la violence atteinte ces derniers mois en RDC où, selon l'église catholique, il y a eu plus de 3 000 morts

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté hier une résolution prévoyant l'envoi d'un groupe d'«experts internationaux» chargés d'enquêter sur les graves violences dans le Kasaï, région du centre de la République démocratique du Congo.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, l'Union européenne et les Etats-Unis souhaitaient initialement créer une véritable «mission internationale indépendante». Mais Kinshasa y étant fermement opposé, les pays occidentaux ont préféré trouver un compromis avec les pays africains, ont indiqué, cités par l'AFP, plusieurs sources proches des négociations. «Mieux vaut une solution d'équilibre avec la participation du pays», a expliqué une source occidentale. Depuis septembre 2016, le Kasaï est secoué par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août dernier au cours d'une opération militaire après s'être révolté contre le pouvoir de Kinshasa. Le Haut-Commissaire Zeid Ra'ad Al Hussein a de nouveau accusé mardi les autorités congolaises de fortes responsabilités dans ces violences, dénonçant des cas de mutilations d'enfants, de viols et de femmes enceintes éventrées. Selon l'Eglise catholique, plus de 3 000 personnes ont été tuées en huit mois. Et l'ONU parle de 42 fosses communes. Le texte adopté par consensus par les 47 Etats mem-
bres du conseil «demande au Haut-Commissaire aux droits de l'homme d'envoyer une équipe d'experts internationaux, y compris des experts de la région» pour enquêter. Ils devront ensuite partager leurs conclusions avec l'ONU et les autorités judiciaires congolaises. La résolution demande à la RDC de coopérer avec les experts, qui devront veiller à ce que «les auteurs des crimes» soient jugés par la justice congolaise. Dans un communiqué, le Haut-Commissaire aux droits de l'homme, s'est félicité de «l'ouverture d'une enquête internationale sur les événements au Kasaï». «La résolution réitère clairement l'importance d'assurer la protection de toutes les personnes qui collaborent avec l'équipe, ce qui souligne la nécessité que le groupe d'experts opère en totale indépendance. Nous comptons sur la pleine coopération des autorités, en particulier pour nous octroyer un accès illimité à tous les sites, dossiers, individus et lieux concernés», a-t-il souligné. Deux experts de l'ONU - la Suédo-chilienne Zaida Catalan et l'Américain Michael Sharp - ont été assassinés en mars dans le Kasaï dans des circonstances non élucidées. Ils faisaient partie d'un groupe d'experts qui enquêtaient sur les fosses communes découvertes dans la région. S'exprimant devant le Conseil, l'ambassadeur congolais, Zenon Mukongo Ngay, a relevé que son gouvernement «accepte d'accueillir sur son sol une équipe d'enquêteurs dans le but de faire la lumière sur les atrocités du Kasaï, mais que cet appui sera technique ou logistique». «La justice congolaise gardera le leadership de ces enquêtes comme cela a été souligné dans le courrier adressé au Haut-Commissaire le 9 juin dernier». «A l'issue de ces enquêtes conjointes, la justice congolaise jugera les présumés coupables», a-t-il ajouté, indiquant qu'il était favorable à la résolution bien que «le texte ne convient pas parfaitement». L'ambassadrice allemande, Antje Leenderste, s'exprimant au nom de l'UE, a demandé que les experts exercent leur mandat «en toute indépendance et sans aucune entrave». Le représentant américain, Jason Mack, a jugé que la résolution aurait dû être «plus forte» et il a appelé la RDC à protéger les experts. La nouvelle équipe d'experts constituée vendredi par le Conseil devra présenter un premier rapport oral en septembre, ainsi qu'un rapport écrit en juin 2018. D'après l'ONU, des témoins ont déclaré qu'une milice, appelée Bana Mura, «était organisée et armée par les autorités locales». Depuis des mois, l'ONU accuse aussi les Kamwina Nsapu d'enrôler des enfants-soldats et d'avoir commis des atrocités, tout en dénonçant l'usage disproportionné de la force par l'armée congolaise. La résolution «risque de ne pas suffire à empêcher les massacres», a estimé dans un communiqué le secrétaire général Adjoint à la Fédération internationale des droits de l'homme (Fidh), Paul Nsapu. «La bonne foi du président congolais, Joseph Kabila, sera toutefois mesurée à l'aune de sa coopération avec la mission d'experts envoyée», a-t-il ajouté.

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