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CRISE AVEC LA CORÉE DU NORD

Trump et Kim jouent la surenchère verbale

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Kim Jong-Un-Donald Trump, les deux faces du désordre actuel dans le mondeKim Jong-Un-Donald Trump, les deux faces du désordre actuel dans le monde

L'escalade verbale entre Donald Trump et Kim Jong-Un a atteint vendredi un nouveau pic, le président américain qualifiant le leader nord-coréen de «fou» au moment où le régime évoquait un possible essai de bombe H dans le Pacifique.

Il faut privilégier «l'approche raisonnable et non émotionnelle - au lieu d'avoir une cour de récréation où les enfants se battent sans que personne ne puisse les arrêter», a commenté le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. «Kim Jong-Un de Corée du Nord, clairement un fou qui ne craint pas d'affamer et de tuer son peuple, va être mis à l'épreuve comme jamais!» avait lancé plus tôt M.Trump dans un tweet particulièrement matinal. Ce dernier intervient au lendemain de l'annonce par Washington d'un renforcement des sanctions contre Pyongyang en réponse à la poursuite de son programme nucléaire. Quelques heures plus tôt, c'est le leader nord-coréen qui s'était livré une attaque très personnelle contre le locataire de la Maison Blanche. Trump «m'a insulté, moi et mon pays, sous les yeux du monde entier, et a livré la plus féroce déclaration de guerre de l'histoire», a-t-il déclaré, selon une dépêche de l'agence officielle nord-coréenne Kcna. «Je disciplinerai par le feu le gâteux américain mentalement dérangé», a-t-il ajouté, deux jours après les propos belliqueux du président américain qui avait menacé, à la tribune de l'ONU, la Corée du Nord de «destruction totale». La dépêche de Kcna était accompagnée d'une photo montrant Kim Jong-Un assis derrière un bureau et tenant une feuille de papier. Le Kremlin a exprimé sa vive inquiétude face aux échanges de «menaces» entre les deux hommes et «l'escalade des tensions». Sur une tonalité similaire, la Chine a demandé vendredi l'arrêt des provocations entre Américains et Nord-Coréens. En marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le chef de la diplomatie nord-coréenne Ri Yong-ho a déclaré aux journalistes que Pyongyang pourrait désormais envisager de faire exploser une bombe à hydrogène en dehors de son territoire. «Je pense qu'il pourrait y avoir un essai de bombe H d'un niveau sans précédent, peut-être au-dessus du Pacifique», a-t-il dit. «C'est à notre leader de décider, donc je ne sais pas bien», a-t-il toutefois ajouté.
Les déclarations incendiaires du dirigeant nord-coréen sont intervenues peu après que Donald Trump eut annoncé qu'il avait signé un ordre exécutif visant à interdire aux entreprises d'opérer aux Etats-Unis si elles travaillaient dans le même temps avec la Corée du Nord. Il s'agit de la dernière mesure en date pour tenter d'obliger la Corée du Nord à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique interdits, qui ont connu une spectaculaire accélération ces derniers mois. La campagne de sanctions est la «dernière chance» d'aboutir à une issue «pacifique» de la crise, a estimé à New York la responsable pour l'Asie de l'Est du département d'Etat américain, Susan Thornton. Après avoir lancé deux missiles intercontinentaux en juillet, la Corée du Nord a réalisé le 3 septembre un sixième essai nucléaire, affirmant avoir testé une bombe H susceptible d'être montée sur un missile. La Conseil de sécurité de l'ONU a voté dans la foulée un huitième train de sanctions contre Pyongyang. Certains experts mettent en garde contre l'inefficacité apparente de ces mesures de rétorsion et les risques de la violence toujours plus grande des discours américain et nord-coréen. «Il y a des choses très dangereuses qui pourraient ressortir de tout cela. Il est temps de s'en écarter, plutôt que de contribuer à les rendre inévitables», a déclaré John Delury, de l'Université Yonsei de Séoul. Il a ajouté que le discours de Kim, qui s'exprime rarement à la première personne, s'adressait peut-être aussi aux Nord-Coréens. Au-delà de l'unité affichée pour adopter les sanctions à l'ONU, les grandes puissances restent divisées sur la manière de mettre fin à la crise. A la tribune de l'ONU, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a estimé que «la négociation» était «la seule solution». «L'hystérie militaire mène non seulement à l'impasse mais aussi à la catastrophe» a abondé Sergueï Lavrov.

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