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APRÈS LE CARNAGE DE LAS VEGAS QUI A FAIT 59 MORTS ET 527 BLESSÉS

L'Amérique cherche à comprendre la motivation du tueur

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L'Amérique impuissante à juguler ces brusques explosions de violence d'une culture basée sur la détention d'armesL'Amérique impuissante à juguler ces brusques explosions de violence d'une culture basée sur la détention d'armes

Les Américains cherchaient encore à comprendre hier pourquoi un mystérieux retraité, équipé de multiples fusils d'assaut, a mitraillé les milliers de spectateurs d'un concert en plein air à Las Vegas dimanche soir, les autorités ayant rejeté une revendication du groupe Etat islamique.

Le bilan s'est encore alourdi lundi soir, à 59 morts et 527 blessés, établissant un sinistre record. Outre ceux touchés par balles ou par éclats de balles, beaucoup se sont blessés dans leur fuite. Les médias américains commençaient à évoquer hier l'identité des victimes, venus de tous horizons: une institutrice et une majorette de Californie, une infirmière du Tennessee, une secrétaire du Nouveau Mexique, etc. Perché dans un étage élevé d'un hôtel surplombant le concert, le tireur était un Américain blanc de 64 ans, Stephen Craig Paddock, riche comptable à la retraite habitué des casinos. Il s'est suicidé avant que les policiers ne l'atteignent. Il s'était minutieusement préparé. Les policiers ont retrouvé 23 armes de calibres différents, dont des fusils d'assaut, dans sa chambre, vraisemblablement transportées dans plus de 10 valises, selon le shérif de la ville, Joseph Lombardo. Certains fusils étaient équipés de lunettes. Son véhicule contenait du nitrate d'ammonium, un engrais qui peut servir à fabriquer des explosifs. A son domicile de Mesquite, à environ 120 km de Las Vegas, un arsenal comprenant 19 armes supplémentaires, des milliers de munitions et des explosifs a ensuite été découvert.
Le FBI a rejeté la piste d'un attentat jihadiste, face à une revendication de l'organisation Etat islamique qui a qualifié le tireur de «soldat», converti il y a quelques mois à l'islam et nommé dans leur communiqué «Abou Abdelberr l'Américain». «Nous n'avons établi aucun lien à ce stade avec un groupe terroriste international», a déclaré l'agent spécial de la police fédérale Aaron Rouse. Le bilan dépasse celui de la boîte de nuit gay d'Orlando (Floride) où, en juin 2016, 49 personnes avaient péri sous les balles d'un homme ayant déclaré son allégeance à l'EI. Lundi, le président Donald Trump, lors d'une déclaration au ton grave, n'a évoqué ni la question des armes à feu ni celle du terrorisme. «Notre unité ne peut pas être brisée par le mal, nos liens ne peuvent pas être défaits par la violence et, bien que nous ressentions de la colère face à l'assassinat insensé de nos compatriotes, c'est l'amour qui nous définit aujourd'hui», a-t-il déclaré sobrement. Donald Trump est attendu aujourd'hui à Las Vegas. Une minute de silence a été observée lundi à la Maison-Blanche, où les drapeaux avaient été mis en berne, comme au Congrès. En signe de solidarité, l'Empire State Building a été éteint, ainsi que la tour Eiffel et des veillées de solidarité avec les victimes ont au lieu en différents lieux. Stephen Paddock s'était installé avec son arsenal au 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay, massif établissement qui offrait une vue dégagée sur le festival de musique country «Route 91 Harvest», de l'autre côté du fameux Las Vegas Boulevard. Plus de 22 000 spectateurs écoutaient le chanteur Jason Aldean, quand à 22h08 (heure locale), les premiers tirs ont retenti. De longues rafales sont audibles dans les innombrables vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Des gens tentent une échappée pour se mettre à couvert. D'autres se couchent à plat ventre ou protègent leurs proches de leurs corps. «Nous ne savions pas d'où venaient les tirs, donc on courait sans savoir où aller», a raconté Ralph Rodriguez, un consultant informatique venu de Los Angeles pour le festival. Joanice Green logeait elle à l'hôtel Louxor, surplombant le concert. Elle aussi a entendu les rafales, pensant dans un premier temps qu'il s'agissait de feux d'artifice. «Le silence est tombé. Et puis il y a eu une nouvelle rafale (...) et je me suis dit oh non, ce sont des tirs''», a-t-elle expliqué, essuyant ses larmes. Les enquêteurs ne privilégient aucune piste. Ils n'ont retrouvé aucun texte ou manifeste, a expliqué le shérif, qui a qualifié l'homme de «loup solitaire». Son frère, Eric Paddock, a affirmé qu'il était «riche», n'avait «pas d'affiliation religieuse ou politique» et «n'était pas du tout un fan des armes». Stephen Paddock n'avait jamais eu affaire à la police, ce qui n'était pas le cas de son père, Patrick Benjamin Paddock, un braqueur de banques parmi les fugitifs les plus recherchés par le FBI dans les années 1960. Le tueur était arrivé dans sa suite, composée de deux pièces, le 28 septembre, sans que le personnel de l'hôtel n'ait remarqué ses armes. Il a brisé les vitres pour pouvoir mieux tirer, laissant deux trous sombres dans la façade dorée de l'édifice. Selon la police, l'homme s'est suicidé avant que les unités d'intervention ne fassent exploser la porte de sa chambre, avant minuit. La compagne du tireur, une Australienne de 62 ans du nom de Marilou Danley, se trouvait lundi à Tokyo, selon le shérif. Les forces de l'ordre cherchaient à l'interroger. Les démocrates ont exigé que le Congrès agisse, enfin, pour restreindre l'accès aux armes à feu. Mais la Maison-Blanche a répondu que ce débat sur les armes était «prématuré», à ce stade préliminaire des investigations.

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