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CRISE EN CATALOGNE

Les Espagnols manifestent pour "le dialogue" et l'"unité"

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Des dizaines de milliers d'Espagnols ont manifesté hier dans les villes espagnoles pour l' unité de l'EspagneDes dizaines de milliers d'Espagnols ont manifesté hier dans les villes espagnoles pour l' unité de l'Espagne

L'inquiétude qui a gagné l'Espagne depuis le «référendum» catalan d'autodétermination en Catalogne s'exprimait hier dans les rues, avec des manifestations pour le «dialogue» ou l'«unité», à quelques jours d'une hypothétique déclaration d'indépendance qui donnait même le vertige aux séparatistes.

A l'appel de l'initiative citoyenne, «Parlament hablemos?» (On se parle?, en catalan et en espagnol) plusieurs centaines d'Espagnols vêtus de blanc étaient rassemblés à Madrid et à Barcelone face aux mairies des deux villes pour réclamer un «dialogue» entre les Catalans et le reste de l'Espagne, selon l'AFP. «Les tensions et les violences ont beaucoup augmenté. Tant de violence ça fait vraiment peur», soufflait Yurena Diaz, médecin de 36 ans, rencontrée dans le cortège à Madrid. Les tensions entre Madrid et les séparatistes au pouvoir en Catalogne depuis début 2016 ont plongé le pays dans sa plus grave crise politique depuis son retour à la démocratie en 1977.
La crise, qui inquiète aussi l'Europe, touche également la Catalogne, où vivent 16% des Espagnols car selon les sondages la moitié de la population n'est pas indépendantiste. «L'Espagne est bien meilleure que ses dirigeants», lisait-on dans leur manifeste, diffusé par le site Change.org, et qui avait recueilli quelque 9000 signatures hier matin. Une autre marche, «patriotique», rassemblait à la même heure dans le centre de Madrid des milliers de personnes pour «défendre l'unité de l'Espagne» avec force drapeaux espagnols. Octavi Puig, un retraité catalan qui vit à Madrid, a dit manifester «parce que je ne veux pas qu'on me mette un Mur de Berlin pour aller là où se trouvent les morts (de sa famille) et mes proches». Aujourd'hui, une autre manifestation «pour retrouver la sagesse» est prévue à Barcelone.
L'écrivain Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature de nationalités péruvienne et espagnole, qui a qualifié l'indépendantisme catalan de «maladie», y participera. De timides gestes d'apaisement sont apparus en fin de semaine. Le préfet, principal représentant de l'Etat en Catalogne, a pour la première fois présenté des excuses au nom des forces de l'ordre vendredi pour les violences policières qui ont émaillé le référendum interdit de dimanche, faisant au moins 92 blessés et scandalisant l'opinion. Et le président catalan Carles Puigdemont a annoncé qu'il repoussait son intervention devant le Parlement catalan, prévue demain. Les séparatistes envisageaient d'y prononcer une déclaration d'indépendance unilatérale. La nouvelle séance est prévue mardi à 18h00 (16h00 GMT), l'ordre du jour portant simplement sur la «situation politique». Les parlementaires opposés à l'indépendance ont cependant dit se méfier des véritables intentions de M.Puigdemont, qui a diffusé vendredi les résultats définitifs, et invérifiables faute de commission électorale, du référendum interdit: 90,18% de «oui» à la sécession avec un taux de participation de 43%. Le report de l'annonce pourrait viser à «gagner du temps», notait hier le quotidien catalan La Vanguardia. Car les dirigeants catalans ont besoin de réfléchir «à ce qu'ils comptent faire» de cette déclaration d'indépendance unilatérale, poursuit le journal. Une «République catalane» serait en effet automatiquement exclue de l'Union européenne et très isolée.
D'où les appels à une médiation internationale pour sortir de la crise, lancés par M.Puigdemont et l'influent Jordi Cuixart, président de l'association indépendantiste Omnium. «Nous savons et sommes convaincus que, sans reconnaissance internationale, ce que nous accomplissons va faire long feu», a reconnu M. Cuixart sur une radio catalane hier. Ainsi certains indépendantistes envisageraient-ils une déclaration à l'effet reporté de plusieurs mois, écrit la Vanguardia. Les tensions et la perspective d'une Catalogne indépendante effrayent les milieux économiques. Plusieurs entreprises, dont les banques centenaires CaixaBank et Banco de Sabadell, ont déjà décidé de transférer leurs sièges sociaux hors de Catalogne. Le responsable des Entreprises au sein du gouvernement catalan, Santi Vila, réputé proche du président régional, a, lui, réclamé un «cessez-le-feu». «Cela signifie que dans les prochaines heures et jours, nous ne prenions pas des décisions qui pourraient être irréparables», a-t-il expliqué.

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