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LE CONSEIL DE SÉCURITÉ APPELLE À LA CONCRÉTISATION TOTALE DE L'ACCORD D'ALGER

La paix menacée par l'attentisme au Mali

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Le Conseil de sécurité de l'ONU presse les Maliens de mettre rapidement en application l'accord de paix d'AlgerLe Conseil de sécurité de l'ONU presse les Maliens de mettre rapidement en application l'accord de paix d'Alger

Des mois et des mois sont passés sans que les autorités transitionnelles soient réellement au travail dans la région nord, le gouvernement et les groupes armés se rejetant mutuellement la responsabilité des retards devenus persistants...

Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé hier sa vive préoccupation sur la lenteur de la mise en application de l'accord d'Alger, réclamant de façon pressante une «distribution effective des dividendes tangibles et visibles de la paix» au profit des populations du nord du Mali, faute de quoi l'élan de l'Accord de paix et de réconciliation induit par le processus de médiation engagé par l'Algérie risque de s'enliser. Pour le Conseil de sécurité, il y a urgence car les gains obtenus pourraient être «potentiellement perdus» si la situation n'évolue pas rapidement.
Tout en se félicitant de la signature par les groupes armés «Plateforme» et «Coordination» de toute une série d'engagements dont la principale concerne la cessation immédiate, totale et définitive des hostilités, le Conseil de sécurité n'a pas manqué de déplorer les nombreuses violations intervenues au cours des trois derniers mois. A ce titre, il a appelé ces deux groupes armés au strict respect de leur engagement afin de permettre une avancée du processus dont le retard est devenu préoccupant.
Suffisamment préoccupant, d'ailleurs, pour que le Conseil de sécurité manifeste son inquiétude et réclame à l'ensemble des parties concernées de contribuer de manière plus efficace à la mise en oeuvre intégrale des dispositions clés de l'accord d'Alger. Des mois et des mois sont passés sans que les autorités transitionnelles soient réellement au travail dans la région nord, le gouvernement et les groupes armés se rejetant mutuellement la responsabilité des retards devenus persistants au point de créer une sorte de suspicion quant à la volonté réelle d'aller vers la restauration de la paix et de la satisfaction des attentes de la population prise en étau entre les exigences des uns et les chantages des autres.
Le Conseil de sécurité est même sorti de sa réserve pour exhorter le gouvernement malien et les groupes rebelles à adopter sans tergiversation aucune un chronogramme pour la mise en oeuvre complète et dynamique de l'accord d'Alger, dans toutes ses dispositions, avec des mesures urgentes de nature à honorer l'ensemble des obligations qui incombent à chacune des parties signataires.
On rappelle que les premières dispositions dont la concrétisation est vivement attendue ont trait à l'exercice opérationnel des administrations intérimaires, mises en place voici six mois à peine, après un retard de plus d'une année dans le nord du pays, la mise en oeuvre du mécanisme de coordination opérationnelle à Kidal et à Tombouctou, l'accélération des opérations de cantonnement et des processus conjugués de désarmement des groupes armés, ainsi que leur démobilisation suivie d'une réinsertion ponctuelle.
Enfin, l'objectif tracé par la nécessaire définition des critères d'éligibilité pour les futures consultations avec une finalisation concertée des listes de candidats devrait couronner la démarche, pour peu que les actes soient à la hauteur des enjeux et surtout des engagements pris.
Les retards accumulés pour l'ensemble de ces étapes indispensables au progrès du processus d'Alger revêtent une importance cruciale au regard des derniers évènements tels que l'attaque intervenue avant-hier au Niger, faisant plusieurs tués dans les rangs des soldats nigériens et américains. Raison pour laquelle le Conseil de sécurité se prononce également sur les implications de l'Accord en termes de progrès dans la réforme du dispositif sécuritaire dans son ensemble, et rappelle les attentes de la communauté internationale en ce qui concerne la décentralisation effective, la participation des femmes au processus global et la nomination d'un observateur indépendant qui aura pour rôle de situer les avancées réelles et les responsabilités de telle ou telle partie dans les obstacles dressés à la concrétisation du processus.

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