Accueil |Internationale |

SOMMET DU CONSEIL DE COOPÉRATION DU GOLFE

La fin d'un rêve

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
L'ancien président yéménite Ali Abdallah SalahL'ancien président yéménite Ali Abdallah Salah

Jamais la situation n'aura donc été aussi explosive pour toute la région si l'on considère qu'au conflit yéménite risquent peut-être de s'ajouter de nouvelles crises, au Bahreïn et au Liban.

La mort de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, en pleine guerre au Yémen, et la crise autour du Qatar ont dominé le sommet annuel des dirigeants des pétromonarchies du Golfe qui s'est ouvert hier au Koweït, dans une ambiance délétère, et des ínterrogations sur le devenir du Conseil de coopération du Golfe (CCG), six mois jours pour jour après la crise inattendue entre l'Arabie saoudite et trois alliés dont l'Egypte et le Qatar. Sa mort a été confirmée par une dirigeante du parti, le Congrès populaire général (CPG). «Il est tombé en martyr», a dit Faïka Al-Sayyed qui a précisé que Saleh et d'autres hauts responsables du CPG ont été la cible de tirs nourris, au moment où ils quittaient Sanaa pour des zones tenues par leurs propres forces. Ali Abdallah Saleh a été tué par balle, ainsi que le secrétaire général du CPG, Arif Al-Zouka, et son adjoint Yasir Al-Awadi. Après s'être longtemps combattus, les miliciens houthis, soutenus par l'Iran, et le CGP s'étaient alliés en 2015 dans le but de faire face à l'intervention militaire d'une coalition conduite par l'Arabie saoudite qui entend rétablir au pouvoir le président Abd-Rabbou Mansour Hadi, reconnu par la communauté internationale. Depuis, les deux camps contrôlaient conjointement Sanaa, le gouvernement de M. Hadi s'étant replié au sud du pays.Samedi dernier, Saleh avait tendu la main à Riyadh, se disant prêt à «tourner la page» à condition d'obtenir une levée du blocus qui étrangle le Yémen. Les Houthis ont interprété cette initiative comme une «grande trahison», d'où la violente rupture de leur alliance avec le CPG et des affrontements meurtriers dans la capitale. Ali Abdallah Saleh a été président de la République arabe du Yémen (Yémen du Nord) de 1978 à 1990, puis président du Yémen réunifié de 1990 à 2012. En 2011-2012, il fut confronté à une révolte contre son gouvernement et blessé dans une attaque contre le palais présidentiel. Absent de son pays pendant plusieurs mois, il signe, début 2012, un plan de sortie de crise, préparé par les monarchies du Golfe, qui aboutit à son départ du pouvoir. Il prend ensuite part à une nouvelle guerre civile, au cours de laquelle il s'allie avec les Houthis contre le pouvoir en place. Sa mort dans des conditions dramatiques illustre la complexité du dossier yéménite au moment où la coalition emmenée par Riyadh annonce sa volonté d'intensifier les raids aériens contre Sanaa et la rébellion houthie. C'est dans ce contexte tendu que s'est ouverte hier la réunion du CCG à laquelle seul l'émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, dont le pays est au coeur du contentieux, a confirmé sa présence contrairement à ses homologues saoudien, émirati et bahreïni. Depuis la rupture des relations diplomatiques de ces pays, auxquels s'ajoute l'Egypte, la situation n'a pas évolué d'un iota malgré les efforts pour résoudre la crise, y compris ceux du Koweït. Le fait que les EAU aient choisi la veille de l'ouverture du sommet pour annoncer la création d'une nouvelle instance dite commission conjointe de coopération «militaire et économique» avec l'Arabie saoudite, en marge du CCG, en dit long sur l'atmosphère et les états d'esprit des adversaires du Qatar, accusé d'ignorer les exigences de ses partenaires qui le somment de fermer la télévision Al Jazeera, de cesser son soutien au terrorisme, de bannir la confrérie des Frères musulmans, de fermer une base turque et surtout de rompre avec l'Iran. Jamais la situation n'aura donc été aussi explosive pour toute la région si l'on considère qu'au conflit yéménite risquent peut-être de s'ajouter de nouvelles crises, au Bahreïn et au Liban. Le nouveau comité proclamé par cheikh Khalifa ben Zayed Al-Nahyane aura comme prérogatives de gérer la «coopération et la coordination» entre les deux pays dans les domaines militaire, politique, économique, commercial et culturel. Des missions qui, jusqu'à présent, étaient celles du CCG qui est à la fois une union politique et économique fondée en 1981 et comprenant l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, le Qatar et Oman. Dominé par Ryadh, il devait servir principalement de contrepoids régional majeur face aux ambitions de l'Iran. Par-delà les discours d'usage diplomatique, et même si les ministres des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite et du Qatar ont participé à des réunions préparatoires, il apparaît que le regain de tensions, né de la brusque montée de fièvre au Yémen depuis la mort de Ali Abdallah Saleh, avec une intensification des frappes aériennes de la coalition sur Sanaa, n'est pas de nature à assurer la «consolidation de la solidarité et de l'unité entre les Etats membres du groupement régional» comme le proclame le secrétaire général du CCG Abdellatif al-Zayyani.
Et pour cause, les raisons qui ont présidé à la création du CCG n'existent plus alors que les crises n'ont jamais été aussi aiguës et nombreuses, au point de compromettre définitivement les grands objectifs du Conseil de coopération destiné à promouvoir une union douanière, un marché commun, une monnaie unique et une banque centrale unique. Tout ce qui reste aujourd'hui, c'est la grande peur qui règne sur l'ensemble des pays de la région confrontés à la menace d'une nouvelle guerre fratricide généralisée.

L'Algérie condamne l'assassinat «odieux» de Ali Abdellah Salah
L'Algérie a condamné avec «la plus grande énergie» l'assassinat «odieux»de l'ancien président yéménite Ali Abdellah Salah a indiqué hier un communiqué de la présidence de la République. «L'Algérie condamne avec la plus grande énergie l'assassinat odieux de feu Ali Abdellah Salah, ancien président de la République du Yémen», souligne la même source. «Quels que soient les auteurs de ce crime, ou quels que soient les motifs avancés pour l'expliquer, il s'agit là d'un acte barbare qui porte atteinte à l'honneur et aux valeurs de l'humanité toute entière», ajoute le communiqué.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha