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CAUSE DU SAHARA OCCIDENTAL EN 2017

Blocage à l'ONU, prise de conscience à l'UE, intransigeance à l'UA

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La cause sahraouie a enregistré en 2017 des victoires successives au niveau européen et africain, mettant en échec les manoeuvres du régime marocain, mais le dossier est resté au point mort au Conseil de sécurité où aucun progrès n'a été réalisé dans la mise en oeuvre du plan de règlement adopté en 1991.

Ce plan prévoyait l'organisation d'un référendum d'autodétermination au Sahara occidental où la situation des droits de l'homme a continué à se détériorer. Comme s'y attendait le président de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd), Brahim Ghali, en janvier dernier, l'année 2017 aura été «féconde en défis» pour le peuple sahraoui et le Front Polisario qui ont su les relever au prix de nouveaux sacrifices, enregistrant des victoires juridiques, politiques et diplomatiques aux niveaux européen et africain. Mais au plan onusien, la question sahraouie est restée au point mort en dépit des efforts soutenus de l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, qui ont montré le manque de sérieux de la partie marocaine à l'égard du règlement du conflit au Sahara occidental, et ceux déployés par son successeur, l'Allemand Horst Köhler, qui s'est rendu dans la région en octobre dernier avec un projet de relance des négociations entre les deux parties au conflit (Front Polisario et Maroc) qui ont débouché sur une impasse à Manhasset en 2012. Des négociations auxquelles a appelé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dès sa nomination à la tête de l'organisation. «Le processus de négociation doit être relancé avec une nouvelle dynamique et un nouvel esprit qui reflètent l'orientation du Conseil de sécurité», avait-il alors déclaré, insistant sur le nécessaire respect de la légalité internationale et du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.
En l'absence de tout progrès au Conseil de sécurité, des parties ont mis en garde contre le risque d'effondrement du processus de paix. Parmi elles, la journaliste Hannah Armstrong du New York Times qui après s'être rendue dans les camps de réfugiés sahraouis et des territoires libérés a écrit que «le processus de paix au Sahara Occidental est sur le point de l'effondrement, fragilisé par les obstacles dressés par le Maroc à la tenue d'un référendum d'autodétermination». La journaliste a montré, preuves à l'appui, comment le Maroc s'est dérobé à tous ses engagements pris en 1991 dans le cadre du cessez-le-feu signé sous l'égide de l'ONU. Sur le plan juridique et alors qu'aucun Etat au monde ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur les territoires sahraouis occupés, y compris les alliés de Rabat, le France en tête, l'arrêt de la Cour de Justice de l'Union européenne (Cjue) qui a conclu que les accords d'association et de libéralisation entre l'UE et le Maroc ne sont pas applicables au Sahara occidental «confirme le consensus international sur le statut juridique du Sahara occidental», inscrit depuis 1966 sur la liste des territoires non-autonomes, donc éligible à l'application de la résolution 1514 de l'Assemblée générale de l'ONU portant déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental étant la dernière colonie en Afrique, occupée depuis 1975 par le Maroc. Cette avancée juridique a fait prendre nettement conscience du caractère illégal de l'exploitation par le Maroc des produits agricoles et halieutiques et des ressources naturelles du Sahara occidental comme en témoigne l'affaire du navire «Key Bay» qui transportait des produits en provenance du Sahara occidental et qui a suscité une condamnation européenne au plus haut niveau et celle du navire «Cherry Blossom» qui a été arraisonné par les autorités sud-africaines alors qu'il était en route pour la Nouvelle-Zélande chargé de 54 000 tonnes de phosphate d'une valeur de 5 millions de dollars.
Le soutien croissant à la cause sahraouie et les positions favorables enregistrées au niveau de différents Parlements européens illustrent bien cette prise de conscience internationale de la justesse de la cause sahraouie. Au sommet Union africaine-Union européenne, tenu en novembre à Abidjan (Côte d'Ivoire), le Maroc a appris à ses dépens l'inflexibilité de la position africaine à l'égard de la question sahraouie, tous les Etats africains ayant convenu de l'impérative participation de la République arabe sahraouie démocratique aux travaux en sa qualité de membre fondateur de l'Union africaine. En effet, la Rasd a bel et bien pris part au sommet en dépit de toutes les manoeuvres d'exclusion orchestrées par le Maroc et la France au mépris des principes et valeurs du panafricanisme. Acculées devant ces victoires juridiques pour la cause sahraouie, les forces d'occupation marocaines ont intensifié leur répression contre le peuple sahraoui dans les territoires occupés, les détenus politiques et les prisonniers d'opinion sahraouis qui souffrent dans les prisons marocaines et dont les droits sont bafoués, et ce, alors que la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination au Sahara occidental (Minurso) n'a toujours pas de mandat pour surveiller la situation des droits de l'homme au Sahara occidental.

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