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LES EMIRATS CIBLENT LES TUNISIENNES PARCE QU'ILS CRAIGNENT DES ATTENTATS

Un argument spécieux que l'histoire dément

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Le président Caïd Essebsi avec le ministre des AE Khemaïs JhinaouiLe président Caïd Essebsi avec le ministre des AE Khemaïs Jhinaoui

Dubaï est convaincu «de manière sérieuse» que les Tunisiennes ou des femmes porteuses de passeports tunisiens dans les rangs de Daesh ont fui l'Irak et la Syrie où le groupe terroriste est définitivement vaincu et qu'elles auraient pour mission de commettre des attentats aux EAU.

La tension entre la Tunisie et les Emirats arabes unis est encore montée d'un cran hier après la mesure prise par Dubaï à l'encontre des voyageuses tunisiennes, déclenchant une vive controverse sur les réseaux sociaux puis dans la société civile et les partis du pays voisin. Le gouvernement ne pouvait rester les bras croisés face à la colère qui a agité le microcosme tunisois et au sortir d'une audience accordée par le président Béji Caïd Essebsi à son ministre des Affaires étrangères, Khemaïs Jhinaoui, des mesures ont été convenues qui suivraient les entretiens d'usage entre les deux capitales concernées.
Les Emirats ont expliqué leur décision par le fait que des informations leur sont parvenues quant à une possible dégradation de la situation sécuritaire, des femmes détentrices du passeport tunisien étant en mesure de commettre des attentats pour le compte de Daesh. Une argutie difficile à croire, mais qui trouve sa raison d'être dans le fait qu'un grand nombre de Tunisiennes ont été effectivement embrigadées, au cours des dernières années, au sein du groupe auto proclamé Etat islamique, quoique ce fut pour des missions autres que le combat ou les attentats kamikazes. Toujours est-il que ce sont les explications fournies aux autorités tunisiennes et il est clair qu'elles n'ont pas suffi à dissiper le malaise. En effet, dimanche soir, la Tunisie a annoncé avoir suspendu les liaisons quotidiennes de la compagnie aérienne Emirates à cause de cet imbroglio persistant autour du droit des femmes tunisiennes à embarquer sur des vols à destination de Dubaï. Situation qui a contraint le ministère des Affaires étrangères, mais aussi les représentations diplomatiques tunisiennes à Abou Dhabi et Beyrouth à interférer pour secourir leurs ressortissantes confrontées à une mesure qui conjugue l'affront à la coercition. Pour les Emirats arabes unis, il s'agit simplement d'une mesure spécifique et temporaire, motivée par la nécessité de prendre en considération les alertes relatives à d'éventuels attentats. Dubaï est convaincu «de manière sérieuse» que les Tunisiennes ou des femmes porteuses de passeports tunisiens engagées dans les rangs de Daesh ont fui l'Irak et la Syrie où le groupe terroriste est définitivement vaincu et qu'elles auraient eu pour mission de commettre des attentats aux EAU. L'information a été ainsi relayée par la porte-parole de la Présidence tunisienne, Saïda Garrache, sur les ondes de la radio Shems FM. Sauf que Mme Guarrache estime que la Tunisie, tout en comprenant les craintes émiraties, ne peut «accepter la manière dont les femmes tunisiennes sont traitées». Raison pour laquelle la Tunisie a riposté avec la suspension des activités de la compagnie Emirates sur ses aéroports, après que l'ambassadeur des EAU eut été convoqué au siège du ministère tunisien des Affaires étrangères. Levée partiellement peu après, la mesure a été de nouveau appliquée dans toute sa rigueur, enflammant les réseaux sociaux et les médias tunisiens. Les ONG et les partis politiques ont été de la partie qui ont violemment dénoncé une «mesure discriminatoire» et appelé les autorités à «rester fermes». La Ligue tunisienne de défense des droits de l'homme (Ltdh) et l'Association tunisienne des femmes démocrates (Atfd), ont condamné une «décision qui viole la dignité et les droits des femmes» et qui constitue en outre une violation de «la souveraineté de l'Etat tunisien». Hier, le chef de l'Etat Béji Caïd Essebsi a dit «veiller à ce que les droits de la femme tunisienne ne soient pas atteints, quelles que soient les justifications», selon un communiqué de la présidence. Comme il a aussi chargé le ministre des Affaires étrangères Khemaïes Jhinaoui d'»oeuvrer à dépasser ces problèmes le plus vite possible pour préserver les relations de fraternité et de coopération» avec les Emirats. De son côté, le ministère tunisien du Transport a expliqué, également dans un communiqué, avoir «décidé de suspendre les vols de la compagnie émiratie vers Tunis jusqu'à ce qu'elle soit capable de trouver la solution adéquate pour opérer ses vols conformément au droit et aux accords internationaux». «Emirates va cesser ses liaisons entre Tunis et Dubaï, comme ordonné par les autorités tunisiennes, à partir du 25 décembre 2017», a alors confirmé un porte-parole de cette compagnie qui dessert quotidiennement Tunis en aller-retour.
D'aucuns attribuent la genèse de cette affaire aux relations tendues entre les dirigeants émiratis et tunisiens depuis 2014. A l'époque, Béji Caïd Essebsi accompagné de son fils Hafedh, de son frère Salahedine et de son futur Premier ministre Mohcen Marzouk avait obtenu des EAU la somme de 50 millions de dollars pour débarrasser la Tunisie d'Ennahda en lui restituant son identité bourguibienne. La suite, on la connaît, puisque BCE passé par le Qatar moyennant 20 autres millions a finalement conclu un deal avec Rached Ghannouchi afin d'éviter, dit-il, à la Tunisie «une guerre civile». Un deal qui permet aujourd'hui à la Tunisie de vivre à l'ombre du tandem Nidaa Tounès - Ennahda et qui suscite une rancoeur, plus ou moins compréhensible, du côté de Dubaï, même si l'opération a permis de balayer, du même coup, le peu recommandable Moncef Marzouki, drapé dans le burnous des Frères musulmans, mais pour son propre compte. Les Tunisiennes, otages et victimes expiatoires malgré elles, payent donc, dans cette affaire, une ardoise dont elles n'ont aucune connaissance. Et ce n'est ni moral ni équitable.

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