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LUTTE ANTIJIHADISTE

Le G5 Sahel se dote d'un fonds pour gérer l'aide promise

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Les pays du G5 Sahel, le Mali, le Tchad, le Burkina Faso, le Niger et la Mauritanie, ont annoncé lundi soir à Bamako la création d'un fonds fiduciaire pour gérer l'aide promise à leur force conjointe antijihadiste.

Cette décision, prise lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères et de la Défense du G5 Sahel, intervient une semaine avant une nouvelle rencontre à Paris entre Etats membres et pays donateurs. «La décision importante prise lors de cette réunion ministérielle conjointe est la création du fonds fiduciaire pour accompagner et gérer les importants fonds annoncés pour aider la force G5 dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel», a déclaré, cité par l'AFP, le ministre malien des Affaires étrangères, Tiéman Hubert Coulibaly. Ce fonds sera doté de deux organes, un comité de soutien et un comité de contrôle pour une «bonne gestion des fonds mis à disposition par les partenaires», qui seront associés à la gestion «transparente des fonds, gage de réussite de la mission de lutte contre l'insécurité dans le Sahel», a ajouté M. Coulibaly. Son homologue burkinabé, Alpha Barry, a de son côté rappelé que 294 millions d'euros avaient déjà été promis, avant un sommet des pays contributeurs prévu le 23 février à Bruxelles, «pour compléter les besoins financiers».
Après l'Union européenne qui s'est engagée pour 50 millions d'euros, outre les 10 millions fournis par chacun des Etats membres du G5 eux-mêmes, les États-Unis ont promis 60 millions de dollars sous forme d'aide bilatérale, et l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis respectivement 100 et 30 millions d'euros. Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al Qaïda. Ces groupes ont été en grande partie chassés par une opération militaire lancée en janvier 2013, à l'initiative de la France, qui se poursuit. Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes. Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger. Face à la dégradation de la situation aux confins de ces trois pays, le G5 Sahel a réactivé en 2017, avec le soutien de la France, son projet de force conjointe antijihadiste, lancé en novembre 2015.
Dans le contexte de la lutte antijihadiste, le nouveau Premier ministre malien, Soumeylou Boubèye Maiga, s'est dit prêt dimanche dernier à prendre des «mesures fortes» pour renfoncer la sécurité des Maliens, en particulier dans le centre du pays confronté à une montée des attaques jihadistes. «Dans la droite ligne des orientations du président de la République, la sécurité des Maliens est une priorité du nouveau gouvernement et très rapidement des mesures seront prises», a-t-il déclaré dans un entretien à l'AFP. M. Maiga a été désigné le 30 décembre à la tête du gouvernement par le président Ibrahim Boubacar Keita après la démission surprise de son prédécesseur, Abdoulaye Idrissa Maiga. «Dans le centre, le gouvernement dévoilera un programme dans les jours à venir», a expliqué cet ancien journaliste de 63 ans, ex-ministre de la Défense et ancien patron des services de renseignement. «Nous prendrons les mesures les plus fortes pour assurer la liberté d'activité des Maliens. Nous allons également voir comment, avec les forces religieuses saines, nous pouvons organiser la riposte doctrinale», a expliqué le chef du gouvernement.

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