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Angela Merkel prête à des "compromis"

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Angela Merkel s'est dit prête hier à des «compromis douloureux» pour arracher un accord de coalition en Allemagne avec les sociaux-démocrates, au dernier jour de négociations censées sortir la première économie européenne de l'impasse politique.

Des désaccords subsistent «sur des thèmes essentiels» et «chacun d'entre nous va devoir accepter des compromis douloureux», a déclaré la chancelière conservatrice à son arrivée à Berlin. «J'y suis prête si nous pouvons garantir que les avantages au final seront supérieurs aux inconvénients», a-t-elle ajouté, soulignant qu'il en allait de «l'intérêt supérieur du pays». Cette fois en effet plus d'atermoiement possible. Après des semaines de valse-hésitation, de multiples reports ces derniers jours, démocrates-chrétiens d'Angela Merkel (CDU/CSU) et sociaux-démocrates du SPD doivent trancher: ils se sont fixés la fin de journée comme date-butoir finale. «Je pense que c'est aujourd'hui que va se décider» si les deux camps «peuvent s'entendre», a déclaré de son côté le président du SPD, Martin Schulz. Selon une proche de la chancelière, Julia Klöckner, les tractations pourraient durer jusque tard «dans la nuit», épilogue d'un imbroglio post-électoral inédit dans l'histoire d'après-guerre. Les élections législatives allemandes de septembre, marquées par un repli des partis traditionnels et une percée de l'extrême droite, n'ont pas permis de dégager une majorité claire à la chambre des députés. Après un premier échec pour former une coalition hétéroclite avec les Libéraux et les écologistes en novembre, Angela Merkel est réduite à expédier les affaires courantes depuis octobre et a vu son étoile pâlir. Elle doit à présent s'entendre avec les sociaux-démocrates pour espérer un quatrième mandat durable. Un accord a été trouvé sur plusieurs dossiers, à commencer par l'Europe, où les deux camps sont prêts à soutenir sur le principe les propositions de réforme du chef de l'Etat français Emmanuel Macron. Martin Schulz, ancien président du Parlement européen, a voulu y voir «la fin du diktat des économies» budgétaires en Europe. Mais d'autres sujets de politique intérieure continuent de poser problème: la santé et le marché du travail. Les sociaux-démocrates réclament une réduction des inégalités entre caisses publiques et privées d'assurance maladie et un moindre recours aux contrats à durée déterminée. Sur ces deux points, les conservateurs restent fermes. Les deux camps ne sont pas non plus d'accord sur le niveau des dépenses militaires, au moment où l'Allemagne est au sein de l'Otan sous pression des Etats-Unis de Donald Trump pour délier les cordons de la bourse. L'Allemagne doit pouvoir montrer qu'elle est «digne de confiance sur le plan international», a argumenté hier Angela Merkel. Les sociaux-démocrates doivent eux obtenir des concessions visibles pour prix de leur alliance, sous peine de voir leur base rejeter au final le compromis. Car en cas d'accord avec les conservateurs, les 440.000 militants du parti auront le dernier mot lors d'un vote interne qui pourrait s'achever début mars. Et ils restent très divisés sur l'opportunité même d'une nouvelle coalition avec les conservateurs, avec qui ils ont déjà gouverné dans les périodes 2005-2009 et 2013-2017. Avec à chaque fois une déroute électorale au bout du compte. Faute d'accord, la chancelière devrait se résoudre à un instable gouvernement minoritaire ou accepter l'organisation de nouvelles élections à haut risque qui pourraient profiter avant tout à l'extrême droite. Chacun des deux scénarios serait une première en Allemagne depuis 1945. En cas de succès, le quatrième mandat d'Angela Merkel s'annonce d'ores et déjà compliqué. Certains médias allemands ironisent sur la «coalition des perdants». Les sociaux-démocrates sont au plus mal. Après avoir déjà enregistré aux dernières législatives son pire score d'après-guerre (20%), le plus vieux parti d'Allemagne continue depuis des semaines à reculer dans les sondages. Il n'est crédité que de 17% dans une enquête INSA cette semaine, en passe d'être rattrapé par l'extrême droite (15%). Les conservateurs reculent eux aussi, à 30,5%. Ensemble, les deux mouvements ne représentent déjà plus la majorité des Allemands, du jamais vu dans les sondages. Et ce avant même d'avoir commencé à gouverner.

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