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VISITE À ENJEU DU PRÉSIDENT FRANÇAIS EN CORSE

Macron en terrain difficile face aux nationalistes

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Le président français, Emmanuel Macron était hier en voyage en Corse où il tentera de trouver une issue à un dossier compliquéLe président français, Emmanuel Macron était hier en voyage en Corse où il tentera de trouver une issue à un dossier compliqué

Le président français Emmanuel Macron entamait hier une visite de deux jours très attendue en Corse, où les nationalistes engrangent les succès électoraux et posent un défi au dirigeant d'un des Etats les plus centralisés d'Europe.

A la tête de l'Assemblée régionale, les dirigeants nationalistes ont appelé M. Macron à un «dialogue sans tabou» sur l'avenir de l'île méditerranéenne afin de résoudre le casse-tête qui se pose depuis des décennies aux gouvernements français successifs. Samedi, des milliers de sympathisants nationalistes (6000 selon la police, 25.000 selon les organisateurs) ont défilé à Ajaccio pour mettre la pression sur M. Macron qui doit prononcer un discours aujourd'hui. La visite de M. Macron a débuté hier par un hommage au préfet Claude Erignac, vingt ans jour pour jour après l'assassinat à Ajaccio du plus haut représentant de l'Etat, tué par un indépendantiste de trois balles, dont une à bout portant dans la tête. Le président doit inaugurer à cette occasion la place Claude Erignac, en présence de la veuve du préfet et de leurs deux enfants. Le président nationaliste du Conseil exécutif corse et leader autonomiste Gilles Simeoni sera dans l'assistance. Avant d'être élu, il avait été l'un des avocats de Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l'assassinat du premier préfet tué en France depuis la seconde guerre mondiale. Le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, sera en revanche absent. Le dirigeant indépendantiste explique son refus de participer à l'hommage par son «histoire politique» proche des mouvances indépendantistes clandestines. La Corse a été pendant des décennies le théâtre de violences avec plus de 4 500 attentats - provoquant très majoritairement des dégâts matériels - en grande partie revendiqués par le Front de libération nationale de la Corse (Flnc). Depuis l'assassinat du préfet Erignac, qui avait provoqué une énorme émotion, le nationalisme corse a tourné en 2014 la page de la clandestinité et des attentats, avant de triompher dans les urnes, élisant en 2017 trois députés sur les quatre de l'île, puis obtenant une majorité absolue aux élections territoriales de décembre. Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, les deux leaders de l'alliance entre autonomistes et indépendantistes, se sentent ainsi en position de force pour accueillir Emmanuel Macron, avec lequel ils devaient s'entretenir hier à 18h00 GMT dans un bâtiment majestueux dominant Ajaccio et sa baie. Les dirigeants corses ne demandent pas l'indépendance de l'île mais un «véritable statut d'autonomie» et la reconnaissance de sa spécificité, par son inscription dans la Constitution française. Ils réclament un statut fiscal et social spécial, la coofficialité de la langue corse et le rapprochement des prisonniers corses détenus en France continentale. «Il y a une fenêtre historique pour sortir de la logique de conflit», a expliqué lundi Gilles Simeoni. Mais «pour un dialogue il faut être deux. Et pour l'instant nous avons été les seuls à avoir donné des signes tangibles que nous voulions ce dialogue», a-t-il poursuivi. Le responsable autonomiste a en effet indiqué ignorer quelles étaient «les intentions» d'Emmanuel Macron qui a très peu évoqué publiquement la Corse depuis son élection. «On part pratiquement d'une feuille blanche avec lui», résume Gilles Simeoni, en prévenant: «si demain les portes du dialogue restaient fermées, nous serions dans une situation de crise, de blocage politique». Emmanuel Macron doit attendre aujourd'hui pour donner sa vision de la Corse. Son allocution dans la ville de Bastia sera aussi très suivie à Paris, notamment dans le cadre du débat sur la révision de la Constitution souhaitée par le président, qui porte sur les institutions mais pourrait inclure la Corse, comme le réclament les nationalistes. Le discours est également très attendu par les adversaires politiques de M. Macron. Hier matin, le président des Républicains (droite) Laurent Wauquiez a d'ores et déjà défini ses «lignes rouges» en soulignant qu'il n'y avait «pas de citoyenneté corse» et que «la langue corse n'est pas au même niveau que la langue française».

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