DOUBLE ATTENTAT EN LIBYE

Un mort et 62 blessés dans une mosquée de Benghazi

Rappelons qu'il y a moins d'un mois, le 23 janvier dernier très exactement, Benghazi avait déjà subi un double attentat qui ciblait là aussi une mosquée et dont le bilan avait été de près de 40 morts.

Comme en écho à l'alarme des Nations unies qui ont une fois de plus mis en garde contre le redéploiement de Daesh en Libye où ses éléments provenant d'Irak et de Syrie ont trouvé refuge, un attentat a eu lieu hier dans une mosquée de Benghazi, deuxième ville du pays située à 1000 km de la capitale Tripoli.
Une personne a été tuée et 62 autres blessées, dont certaines grièvement, selon une source hospitalière. Deux bombes ont explosé au moment où débutait la prière hebdomadaire dans l'enceinte de la mosquée Saad Ibn Abou Abada, au coeur même de Benghazi. La méthode est identique à celle qui a eu lieu voici un mois à peine dans le Sinaï égyptien lorsqu'une mosquée accueillant les soldats égyptiens et les miliciens qui les soutiennent a fait l'objet d'un double attentat à la voiture piégée. On se souvient que Daesh avait aussitôt revendiqué l'opération et il y a donc fort à parier que l'engin explosif placé dans un cercueil dans la cour de la mosquée de Benghazi soit l'oeuvre du même groupe terroriste. L'autre engin était, quant à lui, placé dans une armoire à chaussures située à l'entrée de l'édifice religieux. C'est ce qu'a en tout cas confirmé le porte-parole de l'hôpital principal de Benghazi, Fadia al Barghati, qui a indiqué qu'un mort et 62 blessés ont été relevés dans un bilan revu à la hausse quelques heures après l'attentat. En effet, il était initialement question de 45 blessés. Rappelons qu'il y a moins d'un mois, le 23 janvier dernier très exactement, Benghazi avait déjà subi un double attentat qui ciblait là aussi une mosquée et dont le bilan avait été de près de 40 morts. L'instabilité de la région Est, contrôlée par les forces du maréchal Khalifa Haftar et par le gouvernement non reconnu et le Parlement de Tobrouk, demeure persistante et tout indique que le groupe autoproclamé Etat islamique, expulsé d'abord de Derna puis de Syrte, et plus récemment de Benghazi, tente par tous les moyens de s'y redéployer. La ville de Benghazi est particulièrement visée par les violences terroristes en Libye, avec une prédilection pour les représentations diplomatiques et les forces de sécurité. Une attaque contre le consulat américain, le 11 septembre 2012, avait coûté la vie à l'ambassadeur Christopher Stevens ainsi que trois autres Américains. Le plus inquiétant, c'est que plus de six ans après la chute du régime d'El Gueddafi, l'insécurité prédomine, il est vrai dans un contexte de rivalités politiques et d'ambitions singulières exacerbées. Le cri d'alarme de l'ONU trouve matière à justification avec ce nouveau double attentat, au moment où l'armée égyptienne a entamé, hier, une vaste opération «antiterroriste» dans plusieurs régions du pays, aussi bien la péninsule du Sinaï où la branche locale du groupe Etat islamique (EI) mène régulièrement des attaques meurtrières qu'au niveau de la frontière avec la Libye avec comme objectif, selon les indications du porte parole de l'armée, Tamer el Rifaï, la «lutte contre les organisations terroristes et criminelles» à travers un renforcement des «zones frontalières».