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SUR FOND D'ULTIMATUM DU PRÉSIDENT TRUMP

Le Sénat américain s'attaque à la réfor

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Le sort de près de deux millions d'immigrés se jouait depuis lundi au Sénat américain, qui doit accoucher d'une grande loi sur l'immigration dans l'urgence et dans un climat de tension, sur fond d'ultimatum du président Donald Trump.

Ces immigrés sont arrivés illégalement sur le territoire américain avec leurs parents alors qu'ils étaient enfants. Quelque 690.000 d'entre eux - surnommés «Dreamers» (rêveurs) - sont protégés de l'expulsion depuis 2012 par un statut précaire, le décret «Daca» de Barack Obama. Les autres ne bénéficient pas de ce programme tout en y étant éligibles. Mais Donald Trump a abrogé le Daca en septembre 2017 et a donné au Congrès jusqu'au 5 mars pour régler définitivement la question. «Nous démarrons des discussions très sérieuses sur le Daca aujourd'hui», a affirmé lundi soir M. Trump, assurant qu'il existait «de grandes chances de voir un accord (...) si les démocrates sont sérieux et le veulent vraiment». La sécurité aux frontières et la lutte contre l'immigration illégale sont les priorités du président républicain. Il a ainsi promis à de nombreuses reprises de construire un mur à la frontière avec le Mexique, mais a besoin de fonds pour le financer, ce que les démocrates répugnent à accepter. Pour les obtenir, des républicains présentent un projet de loi qui reprend les annonces faites par la Maison Blanche fin janvier et une concession de taille: un processus de naturalisation pour 1,8 million de personnes, qui doit durer 10 à 12 ans sous de nombreuses conditions. Les démocrates demandaient la régularisation des 690 000 «Dreamers». Mais cette concession républicaine s'accompagne de contreparties qui hérissent une bonne partie de l'opposition: un engagement de financement de 25 milliards de dollars pour la construction du mur et une forte baisse de l'immigration légale (abrogation de la loterie de cartes vertes, fin du regroupement familial élargi).
M.Trump souhaite une immigration fondée «sur le mérite». Certains démocrates ne sont pas contre cette immigration au mérite mais estiment que l'administration va trop loin dans les restrictions. «Il est temps désormais de poursuivre les discussions avec du travail concret pour trouver une solution viable», a affirmé Mitch McConnell, patron de la majorité républicaine au Sénat, en ouvrant la séance. «La clé est de trouver un projet de consensus acceptable par un grand nombre de membres des deux partis. Ce ne sera pas facile, mais c'est possible», a estimé Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat. Un groupe de 25 sénateurs des deux bords réunis dans une «coalition du bon sens» va ainsi tenter de proposer un texte de compromis. «Nous avons un défi, que le président nous a donné et nous avons un temps limité, une semaine», a expliqué à la presse le démocrate Dick Durbin. D'ici là, les tractations vont se poursuivre en coulisses. Le sénateur républicain Jeff Flake s'est dit optimiste. «On pourrait avoir un accord» d'ici là, a-t-il dit, notant que cette limite était «artificielle» car «on a parlé de deux semaines à un moment». Mais le républicain Tom Cotton, l'un des rapporteurs du texte, a semblé doucher les espoirs de compromis. «Le cadre donné par le président n'est pas une base de négociation. C'est une dernière et meilleure offre», a-t-il lancé. Et le temps presse pour les «Dreamers» qui seront dans l'illégalité à partir du 5 mars, même si un juge fédéral a suspendu la décision présidentielle et la Cour suprême a été appelée à trancher. Le texte final doit être approuvé par au moins 60 sénateurs sur 100. Mais son avenir est incertain à la Chambre des représentants où la faction républicaine radicale ne veut pas entendre parler de naturalisation. «J'ai été très claire: pas d'amnistie», a affirmé l'élue républicaine Marsha Blackburn. «Nous ne pouvons pas avoir des individus qui doublent dans la file d'attente ceux qui sont passés par toute la procédure d'immigration légale. Point à la ligne», a-t-elle lancé. Le président de la Chambre, le républicain Paul Ryan, a assuré la semaine dernière que «les deux partis sont vraiment engagés pour trouver une solution au défi du Daca», affirmant que la Chambre présenterait «une solution que le président signera».

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