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SYRIE: ENTRE LA REPRISE D'ASTANA ET LA MENACE D'UNE PARTITION DE FAIT

Washington veut "stabiliser" Deir Ezzor

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Hier, une quinzaine de ministres de la Défense de la coalition internationale examinaient à Rome le cheminement de leur action commune, en Syrie. Pour le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, les discussions allaient concerner «l'avenir» de la coalition...

Sergueï Lavrov, ministre russe des AE, a de nouveau critiqué les Etats-Unis, hier, indiquant qu'ils agissent en Syrie avec des «démarches unilatérales dangereuses, sapant l'intégrité territoriale» du pays. «Les Américains, à mon avis, n'empruntent pas la voie de la création minutieuse d'une entente générale, mais essaient d'agir par le biais de démarches unilatérales dangereuses. Et ces démarches, à ce propos, ressemblent de plus en plus à une politique visant à créer un quasi-Etat sur une grande partie du territoire syrien, de la rive droite de l'Euphrate jusqu'à la frontière irakienne», a -t-il observé au cours d'une conférence de presse à Moscou. «Cela ressemble de plus en plus à une politique visant à saper l'intégrité territoriale de la Syrie», a martelé le chef de la diplomatie russe, avant d'évoquer le règlement de la crise dans le cadre du processus d' Astana. En effet, de nouveaux pourparlers de paix entre le gouvernement syrien et l'opposition sont envisagés au cours du mois de mars prochain à Astana, capitale du Kazakhstan, ainsi que l'a indiqué le ministre des Affaires étrangères kazakh Kheiret Abderahmanov. Les pays qui parrainent les négociations, la Russie, l'Iran en tant qu'alliés du régime syrien, et la Turquie qui soutient certaines factions rebelles, comptent tenir dans les tout prochains jours une réunion de leurs ministres des Affaires étrangères respectifs probablement à Astana, toujours selon M. Abderahmanov, réunion qui précédera de peu la tenue d'un nouveau round de pourparlers dans cette même ville où a débuté le processus, voilà plus d'une année maintenant. Le processus de paix d'Astana a pris en charge les questions militaires et techniques du conflit syrien tandis qu'à Genève, sont examinées en parallèle les questions politiques. Depuis la première réunion, on compte pas moins de huit cycles de négociations qui ont permis des résultats plus ou moins palpables, comme la mise en place de quatre zones de désescalade, dans la région d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie, celle de Homs au centre, dans la Ghouta orientale, près de Damas, ainsi que dans le sud. Les derniers pourparlers d'Astana organisés les 21 et 22 décembre derniers ont eu pour objet, entre autres dossiers, l'initiative russe concernant un «congrès du dialogue national» syrien tenu fin janvier à Sotchi. Hier encore, une quinzaine de ministres de la Défense de la coalition internationale examinaient à Rome le cheminement de leur action commune, en particulier le sort des combattants de Daesh détenus en Syrie. Pour le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, les discussions allaient concerner «l'avenir» de la coalition en Syrie, sachant que Washington ne fait pas mystère de ses intentions de s'implanter durablement dans le pays, notamment dans la région pétrolière de Deir Ezzor, à travers les supplétifs kurdes des prétendues «Forces démocratiques syriennes» soutenus et équipés par la coalition. Le prétexte avancé reste que Daesh pourrait renaître de ses cendres si «tous les pays qui n'ont rien à faire en Syrie consentent à se retirer», pour reprendre le discours d'un ministre des AE occidental que la contradiction n'effraie guère. L'objectif réel est donc d'occulter par avance les programmes de reconstruction auxquels plusieurs pays de la coalition se préparent non sans délectation en prônant la «stabilisation» des zones libérées, argument peu crédible pour justifier une colonisation de fait d'une partie du territoire syrien.

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