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VLADIMIR POUTINE S'EST ENTRETENU AVEC DONALD TRUMP SUR LE CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN

Le processus de paix gravement compromis

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L'occupation israélienne au jour le jourL'occupation israélienne au jour le jour

Prenant acte de cette situation, le président Mahmoud Abbas compte demander à l'ONU, lors de son passage au Conseil de sécurité, le 20 février prochain, une reconnaissance à part entière de l'Etat palestinien, afin de préserver les chances de paix, mises à mal par le tandem Netanyahu-Trump

C'est en recevant son homologue palestinien, Mahmoud Abbas, au Kremlin que le président Vladimir Poutine a évoqué un entretien téléphonique avec Donald Trump au sujet du conflit israélo-palestinien. «Je viens de m'entretenir avec le président américain Trump. Evidemment, nous avons parlé du conflit israélo-palestinien», a-t-il révélé à M. Abbas. La «situation est désormais très éloignée de celle que nous voudrions tous voir», a ajouté le président russe, qui assuré «avoir toujours soutenu le peuple palestinien». «Il est très important pour nous de connaître votre opinion personnelle pour mettre les pendules à l'heure et mettre en place des approches communes pour résoudre ce problème», a-t-il également soutenu. Confirmé par la Maison-Blanche, cet entretien entre les deux supergrands aurait conduit le président Trump à déclarer que «le temps est venu d'oeuvrer pour un accord de paix durable», même si, parallèlement d'autres sujets d'intérêt commun ont été abordés, comme la dénucléarisation de la Corée du Nord. Deux semaines après le séjour du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Moscou, où il a tenté de convaincre le chef d'Etat russe du danger que représente, à ses yeux, l'Iran dans la région moyen-orientale, c'est autour du président Mahmoud Abbas de solliciter le soutien de la Russie à un moment où les Etats-Unis adoptent un alignement total sur les exigences et les objectifs du gouvernement israélien, comme en témoigne la reconnaissance par Washington, fin 2017, de Jérusalem en tant que «capitale d'Israël». «Vu l'atmosphère créée par les actions des Etats-Unis, nous refusons toute coopération avec les Etats-Unis en tant que médiateur», a expliqué M. Abbas. Et «en cas de rencontre internationale, nous demandons que les Etats-Unis ne soient pas les seuls médiateurs, mais fassent seulement partie des médiateurs», a-t-il argumenté. Il a, en outre, informé son hôte de la poursuite des projets sionistes de nouvelles colonies dans les territoires occupés, «avec la complicité de l'administration Trump» qui a donné le coup de grâce à des décennies de diplomatie mesurée, quand bien même en apparence. Le revirement sur la question de Jérusalem Est, occupée par Israël, et la poursuite de «vols de terre organisés» ont conduit le processus de négociations dans une impasse dommageable. Prenant acte de cette situation, le président Mahmoud Abbas compte demander à l'ONU, lors de son passage devant le Conseil de sécurité le 20 février prochain, une reconnaissance à part entière de l'Etat palestinien, afin de préserver les chances de paix, mises à mal par le tandem Netanyahu-Trump. Depuis le 29 novembre 2012, la Palestine est en effet un «Etat observateur non membre» de l'ONU, au lendemain d'un vote historique de l'Assemblée générale. Avec ce statut, l'Etat palestinien a pu intégrer plusieurs agences de l'ONU et même la Cour pénale internationale (CPI). Sa reconnaissance par plus de 130 pays membres plaide plus que jamais en faveur de son accession au statut de membre à part entière de l'organisation. A Moscou, le président Abbas a demandé au président Poutine, qui promet la mise en place d' «approches communes» d'oeuvrer en faveur du respect d'un mécanisme multilatéral pour le processus de paix qui serait un garde-fou face aux manoeuvres conjointes israélo-américaines actuelles. Le président Donald Trump a beau dire, comme il vient de le faire, hier, dans la presse israélienne, qu'il «a des doutes» quant à la volonté des Palestiniens d'aller vers la paix tout en ajoutant qu'il «n'est pas sûr que ce soit aussi le cas pour Israël». Cela ne change absolument rien au fait que son engagement aux côtés du gouvernement Netanyahu est inconditionnel et que la seule vision de la paix dont il parle est celle de son «partenaire» israélien. Dès lors, on comprend le souci et la gymnastique de Rex Tillerson quand il s'efforce depuis Le Caire d'affirmer que l'engagement américain de parvenir à un accord entre les deux parties est effectif, alors que les positions tranchées de ces derniers mois montrent à quel point il s'agit d'un engagement biaisé. Comme il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, le discours du secrétaire d'Etat revêt une dimension caricaturale dans la mesure où Israël n'a jamais été autant encouragé dans sa politique de colonisation des territoires occupés que depuis l'année écoulée, d'où une morgue et une assurance à la mesure des garanties offertes par l'administration Trump. Sans doute, les efforts du président Vladimir Poutine vont-ils devoir être considérables pour dégeler les crispations actuelles et rendre un souffle d'espoir à un processus de paix israélo-palestinien quasiment moribond. Pour y parvenir, les initiatives de l'Union européenne ne seront pas de trop alors que la diplomatie s'efforce, depuis quelques mois, de convaincre certains pays favorables à la reconnaissance de l'Etat palestinien de s'engager rapidement dans cette voie afin de contribuer à la préservation d'une chance, aussi minime soit-elle, en faveur de la paix tant recherchée.

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