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CRISE FINANCIÈRE DE L'UNRWA

L'ONU cherche des fonds pour les réfugiés palestiniens

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Les Nations unies organisent aujourd'hui une conférence de soutien financier à l'agence d'aide aux Palestiniens (Unrwa)Les Nations unies organisent aujourd'hui une conférence de soutien financier à l'agence d'aide aux Palestiniens (Unrwa)

La communauté internationale se réunit aujourd'hui à Rome pour discuter de l'avenir de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), confrontée à une crise financière sans précédent à la suite du gel des financements américains.

L'Unrwa n'a plus assez d'argent pour faire fonctionner ses écoles et services médicaux que jusqu'en mai, dit son chef Pierre Krahenbuhl. Un appel lancé par l'agence après le gel des fonds américains en janvier n'a trouvé qu'un faible écho international, et les diplomates ne cachent pas leur scepticisme quant aux chances d'un élan de solidarité majeur dans la capitale italienne. L'inquiétude est répandue quant à l'avenir de l'agence elle-même. Etablie en 1949, l'Unrwa apporte son aide à plus de trois millions de Palestiniens, sur les quelque cinq millions enregistrés comme réfugiés dans les Territoires palestiniens, en Jordanie, au Liban ou en Syrie, survivants ou descendants des centaines de milliers de Palestiniens jetés sur les routes lors de la première guerre israélo-arabe en 1948 qui a suivi la création de l'Etat d'Israël. Plus de 500.000 enfants étudient dans les écoles de l'Unrwa qui fournit aussi des soins et des financements.
L'agence emploie plus de 20.000 personnes au Proche-Orient, des Palestiniens dans une vaste majorité. L'agence a essuyé un coup de massue en janvier quand les Etats-Unis, de loin le principal bailleur de fonds de l'Unrwa, ont annoncé le gel de dizaines de millions de dollars d'aide. L'administration Trump a invoqué la nécessité de réviser «en profondeur» le fonctionnement de l'Unrwa. Elle demande aussi que d'autres pays fassent plus. Cette décision s'inscrit dans une remise en cause générale des relations entre les Etats-Unis et l'ONU. Il ne s'agit pas de «punir qui que ce soit», a assuré le département d'Etat. Pour les Palestiniens, il ne fait pas de doute que l'administration Trump leur fait payer le durcissement des relations américaines avec leur direction depuis le 6 décembre. Le président Donald Trump a ulcéré les Palestiniens ce jour-là en annonçant la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël. La direction palestinienne gèle depuis les contacts avec les officiels américains. Elle a boycotté en janvier la visite du vice-président Mike Pence. Elle a snobé mardi une conférence à la Maison Blanche sur la situation humanitaire dans la bande de Ghaza, territoire palestinien.
L'administration Trump n'a alloué jusqu'alors que 60 millions de dollars à l'agence en 2018, alors que les Etats-Unis avaient versé 360 millions en 2017, soit près de 30% du financement total de l'agence. Face à ce qu'il présente comme la pire crise financière de l'histoire de l'Unrwa, M.Krahenbuhl a lancé une vaste campagne intitulée «la dignité n'a pas de prix» avec l'objectif de lever environ un demi-milliard de dollars. Mais seul le Koweït a fait une promesse de 900.000 dollars. Des pays européens ont avancé des dons initialement prévus pour cet été. L'Unrwa n'a pas répondu à des demandes répétées de fournir un chiffre exact des fonds ainsi réunis. M. Krahenbuhl minimise les inquiétudes devant l'inertie internationale. «Il faut beaucoup de dialogue sur des sujets comme celui-là, en particulier quand on voit l'ampleur du déficit à combler»: 300 millions de dollars. «Il est tout à fait naturel de ne pas avoir un Etat qui accepte de combler un tel déficit», dit-il. La conférence de Rome, co-organisée par la Suède, l'Égypte et la Jordanie, cherche à ranimer l'élan de générosité. Des responsables de l'ONU disent compter sur les Européens, mais surtout sur les monarchies du Golfe. «Quand une agence dépend d'un seul donateur, c'est une vulnérabilité», déclare l'ambassadeur de Suède auprès des Nations unies, Olof Skoog. «Il est raisonnable de partager la responsabilité de manière plus équitable, mais nous espérons que les États-Unis resteront engagés», ajoute-t-il.
Les Européens sont cependant réticents à prendre la relève des Américains de crainte de valider les coupes américaines dans l'aide internationale, dit Hugh Lovatt, un expert au think-thank European Council of Foreign Relations.
M.Trump est supposé présenter à une date indéterminée un plan de paix entre Israéliens et Palestiniens, et tous les pays attendent de voir ce qu'il contiendra sur l'Unrwa, dit-il. M.Lovatt s'attend à ce que les Européens livrent à Rome «un effort concerté pour coincer les Américains et les convaincre de reconsidérer leur décision».
David Satterfield, du département d'Etat, devrait représenter les Etats-Unis à la conférence.

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