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ETATS-UNIS, FRANCE ET ROYAUME-UNI FRAPPENT LA SYRIE

Le temps de l'escalade

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Les alliés ont pris soin d'éviter de toucher les forces russesLes alliés ont pris soin d'éviter de toucher les forces russes

La troïka guerrière composée des Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, est allée trop loin dans ses menaces de frappe contre la Syrie pour faire marche arrière après les avertissements russes.

Après quatre jours de valse-hésitation de flux et de reflux, la machine de guerre occidentale a fini par frapper hier à deux heures du matin (heure algérienne), des cibles précises près de Damas et de Homs. Aucun site stratégique syrien n'a été touché, et faisant trois blessés syriens. Selon le général Joe Dunford, chef d'état-major américain, les forces occidentales ont visé trois cibles liées au programme d'armement chimique syrien. L'une se trouvait près de Damas et les deux autres dans la région de Homs (centre du pays). Selon la ministre française des Armées Florence Parly, elles ont visé «le principal centre de recherches» et «deux centres de production» du «programme clandestin chimique» du régime syrien. La télévision d'Etat syrienne a rapporté des «informations» selon lesquelles un «centre de recherches» du quartier de Barzé dans le nord-est de Damas avait été visé. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (Osdh), des centres de recherche scientifique, «plusieurs bases militaires» et des locaux de la garde républicaine à Damas et ses environs ont été pris pour cibles. Les frappes françaises avaient comme objectifs un site de stockage d'armes et un site de production, situés tous deux dans la région de Homs. Les Britanniques ont visé «un complexe militaire - une ancienne base de missiles - à 24 kilomètres à l'ouest de Homs». Les alliés ont pris soin d'éviter de toucher les forces russes, massivement présentes dans le pays, a-t-il souligné. Moscou a confirmé qu'aucune des frappes n'avait atteint les abords des bases aériennes et navale russes. Une centaine de missiles a été lancée contre ces cibles «choisies» dont 73 ont été interceptés par la défense aérienne syrienne. A l'image de la mise en scène du spectacle de l'attaque chimique bien orchestrée par les délégués de l'Occident quelque part en Syrie et exécutée par les fameux «Casques blancs» qui ont toujours obéi aux voeux de ceux qui veulent détruire la Syrie, les médias occidentaux et leurs alliés arabes ainsi que leurs analystes et spécialistes des questions militaires, ont joué leur rôle de relais du spectacle d'une attaque de trois puissances militaires contre des cibles négociées au préalable avec Moscou. La troïka guerrière composée des Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, est allée trop loin dans ses menaces de frappe contre la Syrie pour faire marche arrière après les avertissements russes. En effet, Moscou qui n'a cessé d'appeler au calme et à attendre les résultats de l'enquête sur l'usage présumé d'une arme chimique, Trump, May et Macron, ne pouvaient plus faire marche arrière au risque de se ridiculiser aux yeux de leur propre opinion publique. Les contacts directs entre les dirigeants de l'alliance occidentale et Moscou ne se sont pas interrompus et à ce titre, et pour sauver la face, Moscou a accepté des frappes ciblées et limitées dans le temps et l'espace, sans aucun effet sur le rapport de force sur le terrain, ni sur les capacités militaires syriennes. En milieu de matinée d'hier, Vladimir Poutine a condamné les frappes occidentales sur la Syrie, les qualifiant dans un communiqué d'«un acte d'agression contre un Etat souverain engagé dans la lutte contre le terrorisme», «en violation des normes et des principes du droit international». Contrairement à ce que soutiennent les Occidentaux, le chef du Kremlin a démenti tout usage de chlore ou de produits paralysants à Douma, accusant les alliés d'avoir, sans attendre, «méprisé de manière cynique» le travail des inspecteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (Oiac). Ces derniers devaient se rendre en Syrie hier. Auparavant, Moscou avait accusé les rebelles -et également la Grande- Bretagne- d'avoir mis en scène l'attaque chimique à Douma. «Par leurs actions, les États-Unis aggravent la catastrophe humanitaire, infligent des souffrances à la population civile, et de ce fait encouragent les terroristes qui tourmentent depuis sept ans le peuple syrien», a par ailleurs déclaré le président russe, accusant également Washington de «provoquer une nouvelle vague de réfugiés issus de ce pays et de la région en général».
«L'escalade actuelle exerce un effet destructeur sur l'ensemble du système des relations internationales», a conclu le chef de l'État russe, annonçant la convocation d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. Après ces frappes les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Dans un communiqué, la Turquie a estimé que les frappes sont «une réaction appropriée» à l'attaque chimique présumée de Douma. «Nous saluons cette opération qui exprime la conscience de l'humanité tout entière face à l'attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime syrien». De son côté, Israël rappelle que «l'an dernier, le président américain Donald Trump a fait savoir que l'utilisation d'armes chimiques reviendrait à violer une ligne rouge. Cette nuit sous la direction américaine, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont agi en conséquence. La Syrie continue ses actions meurtrières»...

L'Algérie «déplore» les frappes
L'Algérie a déploré l'escalade militaire que vient de connaître la situation en Syrie, suite aux frappes menées par les Etats-Unis et leurs alliés, soulignant que toute escalade militaire ne fait que «compliquer» les chances de parvenir à une solution politique au drame que connaît ce pays, a indiqué hier le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali-Cherif. «L'Algérie regrette et déplore l'escalade militaire que vient de connaître la situation en Syrie», a affirmé M. Benali-Cherif dans une déclaration à l'APS, soutenant que «toute escalade militaire, de quelle que nature qu'elle soit, ne fait que compliquer et retarder les chances de parvenir à une solution politique et pacifique au drame que connaît ce pays frère». L'Algérie «appelle tous les acteurs à la retenue, étant convaincue qu'il n'existe pas d'alternative à la solution politique négociée, seule à même de mettre fin aux souffrances du peuple syrien et de préserver l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Syrie», a-t-il indiqué. Face à ces nouveaux développements, «l'Algérie rappelle la nécessité du respect des règles du droit international, y compris du droit international humanitaire, par tous et en toutes circonstances», a ajouté le porte-parole du MAE.

Les principales réactions

La Russie:

«Un coup a été porté contre la capitale d'un Etat souverain qui a tenté pendant de nombreuses années de survivre au milieu d'une agression terroriste», a écrit sur Facebook la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. Les frappes occidentales contre la Syrie interviennent «au moment où elle avait une chance d'avoir un avenir pacifique». Les frappes reviennent à «insulter le président russe» Vladimir Poutine, a estimé l'ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov. «Nous avions averti que de telles actions appelleraient des conséquences», a-t-il averti.

La Chine:
La Chine s'est dite «opposée constamment à l'usage de la force dans les relations internationales» après les frappes menées en Syrie par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, et a appelé ces pays à «revenir dans le cadre du droit international et à résoudre la crise par le dialogue et la négociation». (porte-parole du ministère des Affaires étrangères).

La Syrie:
L'»agression barbare et brutale» des Occidentaux «a pour principal objectif d'entraver le travail de l'équipe» de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (Oiac) qui devait entamer samedi son enquête sur une attaque chimique présumée en territoire syrien (agence de presse officielle syrienne Sana).

Iran:
«Les Etats-Unis et leurs alliés, sans aucune preuve et avant même une prise de position de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (Oiac) ont menée cette action militaire (...) contre la Syrie et sont responsables des conséquences régionales de cette action aventuriste», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires, selon son canal Telegram.

Hezbollah:
«La guerre menée par les Etats-Unis contre la Syrie, contre les peuples de la région et les mouvements de la résistance (...) n'atteindra pas ses objectifs», a affirmé le parti chiite libanais.

Le Qatar
a ´´exprimé son soutien´´ aux opérations militaires des Occidentaux. ´´L'utilisation continue par le régime syrien contre les civils d'armes chimiques et qui frappent sans discrimination, requiert une action immédiate de la communauté internationale pour protéger le peuple syrien et pour ôter au régime des armes interdites au niveau international´´.

L'Arabie saoudite
´´apporte son plein soutien aux frappes (...) car elles constituent une riposte aux crimes du régime´´ syrien (ministère des Affaires étrangères).

L'Irak:
les frappes occidentales en Syrie ´´offrent au terrorisme une opportunité de se développer après avoir été détruit en Irak et largement repoussé en Syrie´´ (ministère des Affaires étrangères).

L'ONU:
«J'appelle les Etats membres à faire preuve de retenue dans ces dangereuses circonstances et à éviter toute action qui pourrait conduire à une escalade et à aggraver la souffrance du peuple syrien», a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

L'Equateur:
«Avec la force de la dignité, la défense de la paix, des peuples du monde, nous condamnons énergiquement l'attaque démente de Trump contre le peuple frère de Syrie», a dénoncé sur son compte Twitter le président équatorien Evo Morales. «Hier, ils avaient pris prétexte d'armes de destruction massive imaginaires pour envahir l'Irak, aujourd'hui ils lancent leurs missiles sous le même prétexte».

Amnesty International:
«Le peuple syrien a déjà enduré six années d'un conflit dévastateur et des attaques chimiques dont beaucoup sont des crimes de guerre», a déploré Amnesty International. «Toutes les précautions doivent être prises pour minimiser le tort causé aux civils dans les actions militaires» menées en représailles à l'usage présumé d'armes chimiques par Damas contre sa population, a exigé l'ONG de défense des droits de l'homme.

Parti démocrate américain:
«Une nuit de frappes aériennes ne peut se substituer à une stratégie cohérente», a commenté Nancy Pelosi, cheffe de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. Le président Trump «doit venir devant le Congrès pour obtenir une nouvelle Autorisation d'employer la force militaire (AUMF), pour présenter un ensemble clair d'objectifs, et enfin faire en sorte que Poutine ait à rendre des comptes pour le bain de sang qu'il a permis», a-t-elle ajouté.

La Turquie:
Les frappes sont «une réaction appropriée» à l'attaque chimique présumée de Douma. «Nous saluons cette opération qui exprime la conscience de l'humanité tout entière face à l'attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime» syrien, a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères.

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