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LA TUNISIE VOTE POUR LES PREMIÈRES MUNICIPALES D'APRÈS-2011

Entre espoir et désenchantement

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Les Tunisiens manifestent une certaine indifférence pour ces élections municipalesLes Tunisiens manifestent une certaine indifférence pour ces élections municipales

Que sortira-t-il alors des 11 185 bureaux de vote mobilisés pour ce scrutin proportionnel à un tour destiné à choisir les conseillers municipaux qui éliront eux-mêmes les maires d'ici la mi-juin?

La Tunisie a vécu hier au rythme des premières élections municipales depuis la chute du régime de Zine el Abidine Ben Ali, en 2011. Ce scrutin est censé ancrer dans les moeurs politiques du pays un processus démocratique qui est considéré par les pays occidentaux comme un modèle dans le Monde arabe, mais le fait est qu'il se déroule en l'absence d'une quelconque ferveur tant la crise affecte l'économie et hypothèque les conditions sociales d'un grand nombre de Tunisiennes et de Tunisiens. Alors que des élections ont permis au lendemain de la Révolution du jasmin d'élire une Assemblée constituante avant d'être suivies par des législatives puis la présidentielle de 2014, les municipales ont dû être repoussées à quatre reprises, suite à des entraves logistiques, administratives, mais aussi et surtout politiques. Le président Béji Caïd Essebsi a lancé, dès vendredi dernier, un appel à la «participation massive» en affirmant dans son discours que «ce dimanche ne sera pas comme les autres jours. Pour la première fois (depuis la révolution) le peuple tunisien est appelé à participer à des élections municipales, un événement qui paraît ordinaire alors qu'il est très important!». Il faut dire que les craintes sont grandes d'une abstention jamais égalée car la majorité des Tunisiens avoue son indifférence face à une classe politique sourde à ses inquiétudes et généralement préoccupée par les attributs du pouvoir. Après sept années de vaines espérances, il y a eu une grande démobilisation, particulièrement dans les villes, et à la frustration engendrée par une inflation de l'ordre de 8% s'ajoute le désarroi suscité par un chômage accru qui atteint quelque 15% à un moment où les partis n'ont d'autre préoccupation que celle de trouver des arrangements pour partager le pouvoir. Et c'est bien cette conviction que les élections municipales «ne vont strictement rien changer à leur sort» qui désole les Tunisiens, notamment les jeunes durement éprouvés par l'absence d'emplois à tel point qu'ils sont les premiers dans les manifestations et les mises en garde. Que sortira-t-il alors des 11 185 bureaux de vote mobilisés pour ce scrutin proportionnel à un tour destiné à choisir les conseillers municipaux qui éliront eux-mêmes les maires d'ici la mi-juin? Quelle que soit la cartographie des lendemains du suffrage, le défi des maigres moyens est, quant à lui, inversement proportionnel à l'ampleur des attentes. Pour assurer le bon déroulement des opérations de vote à travers tout le pays, le gouvernement a mobilisé 60 000 policiers et militaires, la Tunisie étant en outre sous état d'urgence sans cesse renouvelé, depuis les attentats meurtriers de Daesh en 2011.
Cette pression terroriste est d'ailleurs prise au sérieux par le gouvernement qui a mis en oeuvre des mesures de sécurité dans certaines villes, comme à Kasserine, dans le centre-ouest du pays où sévissent des groupes extrémistes armés, en limitant le vote de 9 heures à 16 heures avec l'assentiment de l'instance chargée des élections (Isie). Plus de 57.000 candidats sont en lice, dont la moitié est constituée de femmes et de jeunes. Sur les 2 074 listes en course, 1055 sont issues des différents partis, 860 des listes indépendantes et 159 de coalition, selon les indications de l'instance concernée. Quant aux résultats, ils ne seront connus que dans quelques jours, le dépouillement devant se faire en présence des observateurs. Les médias tunisiens ont bruyamment répercuté l'apathie des électrices et des électeurs, estimant comme le quotidien francophone La Presse qu' «ils sont exsangues, amers et désabusés» et que «cela est dû, entre autres, à l'absence flagrante et lourdement ressentie des réformes économiques et sociales, toujours en suspens ou renvoyées aux calendes grecques». Pourtant, ce n'est pas faute d'essayer. Le gouvernement Youssef Chahed s'emploie à assainir les circuits bancaires où les capitaux sont amoindris à cause des attentats qui ont lourdement affecté la manne touristique du pays et il s'efforce de naviguer entre les courants politiques contradictoires qui cherchent, pour la plupart, à briser son élan. Courageusement, le Premier ministre est monté au créneau à diverses reprises pour emporter l'adhésion du plus grand nombre et résoudre des crises réitérées comme le blocage des unités de production les plus névralgiques. Les dures négociations avec le FMI ont permis de desserrer quelque peu l'étreinte, avec un prêt conditionnel dont les effets sont malheureusement handicapants, mais y avait-il d'autre choix? L'espoir réside dans le travail méritoire accompli par Mme Selma Elloumi-Rekik qui a su redynamiser le secteur touristique dont elle a la charge et dont les premiers fruits sont apparus début 2018 avec le retour des contingents britanniques et autres. Mais l'embellie est balbutiante et il reste beaucoup à faire pour que la mécanique du redressement soit bel et bien propulsée. La population en attend les retombées avec impatience, dans les domaines de l'emploi, bien sûr, mais également des transports, de la santé et de l'éducation.
L'expérience défaillante des «délégations spéciales» qui avaient remplacé, depuis 2011, les municipalités a vécu et elle a laissé des traces, surtout en matière d'hygiène et d'environnement. Il est significatif que les candidats aient presque tous axé leur campagne sur le thème de la propreté et de l' éclairage, oubliant qu'ils sont particulièrement attendus sur le terrain de la relance de l'emploi! Les fourches Caudines seront d'autant plus menaçantes que le nouveau Code des collectivités, validé in extremis fin avril dernier, assure aux municipalités une autonomie de gestion et d'administration inconcevable auparavant. Sans surprise, Ennahda et Nidaa Tounès vont se tailler la part du lion, ne serait-ce que parce qu'ils sont les seuls partis à concourir dans toutes les municipalités du pays. Le parti de Ghannouchi prône au niveau local la recherche du consensus tel qu'il a été obtenu au niveau national, auquel cas le tandem qui règne sur la Tunisie ne fera que resserrer davantage son étau sur le pays, à moins d'une année des prochaines élections législatives et présidentielle prévues en 2019...

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