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AU LIBAN, SAÂD HARIRI PERD UN TIERS DE SES DÉPUTÉS

Le Hezbollah conforte son emprise

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Des posters à la gloire de Hassan Nasrallah un peu partoutDes posters à la gloire de Hassan Nasrallah un peu partout

Le Premier ministre libanais Saâd Hariri a annoncé hier que son mouvement avait perdu un tiers de ses sièges au sein du Parlement, au lendemain des premières législatives organisées en près d'une décennie. Le Courant du Futur disposera de 21 députés dans le nouvel hémicycle contre 33 sièges dans le Parlement sortant.

Le mouvement chiite libanais Hezbollah, allié principal de l'Iran dans la région du Moyen-Orient agitée par une rivalité virulente avec l'Arabie saoudite, est en passe de conforter son emprise sur la scène politique du pays du Cèdre, selon les premières indications obtenues au sortir des élections législatives de dimanche dernier, près d'une décennie après celle qui eut lieu antérieurement (2009).
Sans doute, est-il encore tôt pour tirer des conclusions définitives de ce scrutin, ne serait-ce qu'eu égard au faible taux de participation (49,2%). Mais il est significatif de constater l'émergence d'un mouvement de la société civile en rupture de ban avec les partis traditionnels, qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition. Tout porte à croire qu'il aura deux représentants sur les 128 sièges dont est doté le Parlement libanais.
La répartition des sièges demeure néanmoins tributaire du partage du pouvoir entre les différentes communautés religieuses, au Liban, de sorte qu'aucun parti ni aucune communauté ne peuvent s'assurer d'une quelconque suprématie dans un hémicycle sévèrement observé. Pourtant, les observateurs estiment d'ores et déjà que le Hezbollah vient de renforcer sa position et qu'il aura, grâce au soutien populaire dont il bénéficie bien au-delà de ses bastions traditionnels, la tâche aisée pour sceller des alliances adéquates, voire de renouveler celles conclues précédemment.
Si l'on s'en tient aux estimations de ses propres observateurs, il semblerait que le Hezbollah ait en effet raflé la mise pratiquement dans toutes les circonscriptions où il a présenté des candidats. Ce qui signifie en clair qu'il pourra concocter sans grande difficulté une majorité qui lui sera favorable, à un moment où certains tentent d'ouvrir le débat autour de son armement qu'il n'a jamais voulu abandonner après la fin de la guerre civile. Les résultats officiels, attendus en fin de journée, devraient en principe confirmer la donne et si la composition du prochain gouvernement peut ne pas connaître de changement significatif, il n'en demeure pas moins que les options politiques vont être profondément modulées.
Le contexte international qui a connu de sérieuses tensions, ces derniers mois, en particulier avec l'affaire du Premier ministre Saâd Hariri, invité malgré lui de l'Arabie saoudite d'où il n'a pu se dépêtrer qu'à la suite d'une vive protestation du président Michel Aoun et d'une médiation appliquée du président français Emmanuel Macron, est encore dans tous les esprits et le fait que le Hezbollah, grand vainqueur de ces élections, va avoir une influence déterminante dans le processus décisionnel du Liban ne peut que raviver les craintes de ses ennemis. Qui plus est, le courant Hariri sur lequel l'Arabie saoudite a beaucoup misé serait le grand perdant du scrutin, son parti, le Courant du Futur, ayant essuyé une déconvenue avec la perte de plusieurs sièges. En tant que grand rival du Hezbollah et pourfendeur du régime syrien dont cheikh Nasrallah est un allié inconditionnel, le mouvement de Saâd Hariri, soutenu par l'Arabie saoudite, va devoir revoir sa copie.
Certes, il sera reconduit au poste de chef du gouvernement, ayant bénéficié d'une vaste mobilisation populaire et diplomatique pour son retour à Beyrouth après un long séjour à Riyadh où bien des reproches lui ont été faits quant à son incapacité de contrer le Hezbollah, mais Saâd Hariri peut-il faire autrement que de reconduire le compromis établi avec le parti chiite pro iranien? L'unique chance qui lui reste serait de s'appuyer sur le parti chrétien du président Michel Aoun appelé à devenir le grand arbitre entre les factions majeures du pays. Proche de Damas et partenaire convaincu du Hezbollah, Michel Aoun a tout à la fois la capacité et la volonté d'assumer le rôle d'artisan majeur d'un bloc non aligné plus ou moins enclin à dialoguer avec le Hezbollah, ce dernier n'ayant plus en face de lui une véritable coalition hostile, comme ce fut le cas précédemment.
Prorogé à trois reprises, le Parlement issu de ces élections n'aura rien à voir avec celui qui l'a précédé. Des contraintes ont pesé, selon les autorités, sur le taux de participation du fait de la nouvelle loi électorale introduisant une proportionnelle complexe et d'alliances politiques sans logique apparente. Mais pour aussi décevante qu'elle soit, elle n'en reste pas moins représentative d'un Liban ancré dans sa diversité et ses rivalités constamment entretenues par les puissances coloniales qui avaient présidé à sa création.

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