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TRUMP DÉCIDE LE RETRAIT DE L'ACCORD NUCLÉAIRE IRANIEN

Un saut dans l'inconnu

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La décision est tranchéeLa décision est tranchée

La décision du retrait américain de l'accord va affecter gravement les relations, déjà fortement critiques, entre les grandes puissances, d'une part, et entre les pays de la région prêts à en découdre sous n'importe quel prétexte.

Qualifiant une nouvelle fois l'accord sur le nucléaire iranien de «désastreux», le président américain Donald Trump, sourd aux appels et aux exhortations de ses alliés occidentaux comme aux avertissements de l'Iran, a décidé le retrait des Etats-Unis de ce pacte, conformément aux attentes de l'Etat hébreu. Ce dernier a mis fortement la pression sur l'administration Trump, notamment avec les «révélations» théâtrales du Premier ministre sioniste Benjamin Netanyahu, la semaine dernière, sur de prétendus «documents» obtenus par les services d'espionnage israéliens en Iran même et prétendument relatifs à une «poursuite des recherches sur l'acquisition de l'arme atomique». Des accusations fallacieuses balayées par l'Aiea qui a assuré que ses enquêteurs ont fait un travail minutieux et fondé, prouvant le «total respect par l'Iran de ses engagements internationaux.»
Ainsi, parmi la panoplie large et coercitive qui était à sa disposition dans cette affaire, le président Trump a-t-il délibérément choisi la plus extrême et la plus dangereuse quant aux conséquences qu'elle peut entraîner dans l'équilibre précaire qui règne, mais pour combien de temps encore, au Moyen-Orient? La décision du retrait américain de l'accord va affecter gravement les relations, déjà fortement critiques, entre les grandes puissances, d'une part, et entre les pays de la région prêts à en découdre sous n'importe quel prétexte.
Jusqu'à 19h locales hier, le monde entier retenait son souffle, dans l'attente de la décision que devait annoncer le président américain Donald Trump relative à l'accord international sur le programme nucléaire iranien, conclu à Vienne en juillet 2015, au terme de 12 années d'âpres négociations. Bien avant son investiture, il avait affirmé que le «Plan d'action global conjoint» (Jcpoa) est le «pire accord» jamais négocié par les Etats-Unis, menaçant de le dénoncer si les signataires européens n'en corrigent pas les «erreurs».
Comme attendu, il a ainsi confirmé hier soir sa détermination à rétablir les sanctions américaines partiellement levées dans le cadre du Jcpoa conclu entre l'Iran d'une part et les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU que sont les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et la France ainsi que l'Allemagne.
(Autre version) En définitive, il a opté pour une approche mesurée en proclamant que Cela étant, Donald Trump semble vouloir estimer que l'Iran n'a pas réellement respecté les termes de l'accord, s'inscrivant par-là même dans le sillage de l'annonce théâtrale qu'a effectuée la semaine dernière Benjamin Netanyahu prétendant qu' Israël dispose de «preuves» d'un programme secret d'armes nucléaires mené par Téhéran. Des affirmations clairement démenties par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui juge respecté l'accord de Vienne et constate qu'il a permis l'instauration du mécanisme de vérification «le plus solide au monde».
En soufflant pendant des mois le chaud et le froid, Donald Trump a d'abord fait l'impasse sur la restitution à l'Iran des avoirs de la République islamique, estimés à plus de 100 milliards de dollars, «gelés» dans les banques américaines depuis des décennies. L'autre raison fondamentale a trait à l'exigence israélienne d'un démantèlement du nucléaire iranien perçu comme une menace directe envers l'Etat hébreu et, accessoirement, les Royaumes arabes du Golfe chargés de financer la politique américano-israélienne contre l'Iran. Pourtant, le président américain disposait de plusieurs options pour lesquelles il a joué la montre, non sans s'offrir le plaisir d'un défilé de ses alliés occidentaux à Washington censés lui faire entendre raison quant au respect de l'accord de 2015.
Passant outre les tentatives des uns et des autres, Trump avait déjà marqué de son empreinte la stratégie israélo-américaine contre le pacte en refusant, en octobre 2017, de «certifier» sa conformité avec les intérêts de sécurité nationale, crucifiant au passage les déclarations des experts internationaux de l'Aiea quant au respect effectif des engagements pris par l'Iran en matière de nucléaire civil.
Depuis, il restait au chef de la Maison- Blanche à passer d'une non-certification largement symbolique à un rejet dont les répercussions sont autrement plus alarmantes.
Ce qu'il convient de savoir, dans cette affaire, c'est que les Etats-Unis devaient lever les sanctions liées au programme nucléaire iranien en contrepartie des engagements de Téhéran, mais que ces levées restent tributaires de la loi américaine qui impose au président de statuer sur le renouvellement des suspensions de sanctions tous les 120 ou 180 jours en fonction des mesures punitives. Hier, il s'agissait surtout des sanctions visant la Banque centrale iranienne et les revenus pétroliers du pays tandis que la partie la plus importante des mesures coercitives reste appliquée jusqu'à la mi-juillet, date à laquelle Trump aura à se prononcer de nouveau.
Il apparaissait peu probable, compte tenu de sa volonté de faire montre de fermeté au profit d'Israël et accessoirement des «Arabes» saoudiens qui ont chèrement payé le parapluie virtuel américain, que Donald Trump aille jusqu'à confirmer la levée des sanctions évoquées. Mais d'aucuns en Europe pensaient qu'il pourrait, à titre gracieux, «donner une chance» à l'initiative franco-britannique d' «un nouvel accord» catégoriquement rejeté, d'ailleurs, par l'Iran et ses alliés russe et chinois, auquel cas la date-butoir aurait été reportée jusqu'à l'échéance suivante de la mi-juillet.
L'autre option, donnée en tête des préoccupations israélo-américaines, concerne le rétablissement de toutes les sanctions antérieures à l'accord, voire même assorties de nouvelles mesures. C'est évidemment ce que veulent Israël et l'Arabie saoudite, mais le risque était grand de voir l'Iran confirmer sa menace d'un retrait définitif de l'accord dans sa globalité. Auquel cas Washington n'aurait plus eu les moyens de «suivre» le programme nucléaire de Téhéran, via les enquêteurs de l'Aiea.
Reste une autre option moins spectaculaire mais tout aussi contraignante, selon laquelle Donald Trump peut surfer sur la complexité de la législation américaine pour durcir les conditions posées sans pour autant aller jusqu'à déchirer complètement l'accord. C'est celle que privilégie la majorité des observateurs, consciente du caractère imprévisible du président américain et de sa détermination à mettre dans le même sac les négociateurs iraniens et les autres, y compris ses alliés occidentaux. Sous l'influence des lobbies sionistes et fondamentalistes chrétiens, il pourra à loisir zigzaguer entre divers subterfuges juridiques, rétablissant certaines sanctions tout en différant leur entrée en vigueur, en imposer d'autres sans lien direct avec le nucléaire même si la violation de l'esprit du pacte sera évidente, ou user de la tactique de l'élasticité en faisant planer la menace de réimposer des mesures extrêmes.
Sur un plan déjà, la stratégie de l'administration Trump a impacté l'économie iranienne qui peine à attirer l'investissement étranger, les banques mais aussi les Etats européens et asiatiques redoutant d'être pris dans une espèce de maelström. Et pour cause, les décisions de Trump peuvent les frapper tout autant dès lors qu'ils seraient engagés dans le développement de l'Iran sans l'aval des Etats-Unis.
Toujours est-il que si l'accord vole en éclats, les inspecteurs internationaux de l'Aiea n'auront plus un quelconque mandat pour vérifier le programme nucléaire iranien dont Téhéran affirme qu'il serait immédiatement relancé, excluant par avance tout passage devant le «mécanisme de résolution des disputes» qui aurait constitué un signe de sa volonté de ne pas claquer la porte complètement.

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