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JOURNÉE INTERNATIONALE DES CASQUES BLEUS

Le secrétaire général de l'ONU dans le centre du Mali

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Déployée en 2013, la Minusma, qui compte environ 12.500 militaires et policiers, a perdu plus de 160 Casques bleus, dont 104 dans des attaques, soit plus de la moitié des soldats de l'ONU tués sur cette période dans le monde.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est arrivé hier à Mopti, dans le centre du Mali, au second jour de sa visite dans ce pays où les Nations unies mènent actuellement leur plus périlleuse mission de paix. L'avion de M. Guterres et sa délégation s'est posé peu avant 11H00 (locales et GMT) à Mopti. Une étape prévue à Tombouctou (nord-ouest) a été annulée en raison des mauvaises conditions météorologiques, a indiqué son entourage. Le secrétaire général de l'ONU a expliqué sa visite par sa volonté de passer la Journée internationale des Casques bleus, le 29 mai «avec les hommes et femmes courageux qui servent dans notre mission au Mali», la Minusma.
Déployée en 2013, la Minusma, qui compte environ 12.500 militaires et policiers, a perdu plus de 160 Casques bleus, dont 104 dans des attaques, soit plus de la moitié des soldats de l'ONU tués sur cette période dans le monde. M. Guterres a été accueilli par le gouverneur de la région de Mopti, le général Sidi Alassane Touré. Il a annoncé qu'en ce mois de Ramadan, il observerait le jeûne mercredi par «solidarité».
Il est accompagné dans cette visite par ses secrétaires généraux adjoints aux opérations de maintien de la paix et au soutien logistique, respectivement Jean-Pierre Lacroix et Atul Khare, ainsi que par la directrice de l'Unicef, Henrietta Fore. Les violences se multiplient depuis trois ans dans le centre du Mali entre Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture. Les Peuls dénoncent régulièrement des exactions à leur encontre, au nom de la lutte contre les jihadistes, de la part de groupes de chasseurs traditionnels, tolérés voire encouragés selon eux par les autorités, ou l'armée, ce que dément le gouvernement. Dans cette région, la sécurité des civils s'est «encore détériorée», déplore dans son dernier rapport trimestriel sur le Mali M. Guterres.
Les groupes jihadistes y ont «exacerbé les tensions et les violences intercommunautaires, surtout entre les Peuls et les Dogons, et fait un nombre de victimes civiles sans précédent» dans leurs opérations visant les forces maliennes et étrangères, selon le rapport. Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement.
Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes.

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