Accueil |Internationale |

LE QATAR SE VOIT «RENFORCÉ PAR LA CRISE DU GOLFE»

L'Arabie saoudite ne veut pas de S400 à Doha

Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Les relations ne sont pas près de connaître une vraie détenteLes relations ne sont pas près de connaître une vraie détente

Au commencement, un 5 juin 2017 pour être précis, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn -trois monarchies pétrolières arabes du Golfe voisines du Qatar- mais aussi l'Egypte ont surpris tout leur monde avec une mise à l l'index brutale du Qatar...

«Un an après, le Qatar et son peuple sont plus forts» a écrit sur Twitter le ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Mohamed Ben Abderrahmane Al-Thani pour «balayer» les propos de l'Arabie saoudite et de ses alliés quant à des «victoires» qualifiées d' «imaginaires» dans la crise qui oppose l'émirat à la coalition emmenée par Riyadh. Affirmant que celle-ci a au contraire renforcé l'émirat tant sur le plan interne qu'international, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, un des principaux acteurs de la pire crise jamais vécue par les monarchies arabes du Golfe, n'est pas sorti du bois par hasard. «On parle beaucoup de victoires imaginaires et d'isolement du Qatar mais, au bout d'un an, la réalité a prouvé le contraire, puisque le Qatar est devenu un partenaire international de poids», a-t-il asséné. Il faut dire que depuis plusieurs jours, sinon des semaines, tous les coups sont permis, d'un côté comme de l'autre, l'Arabie saoudite s'efforçant de contrecarrer les importations qataries surtout quand il s'agit de la préparation du Mondial de football 2022 tandis que l'émirat riposte en traquant les produits importés de ses frères ennemis et en poussant le groupe beIN à mobiliser la FIFA contre le piratage systématique de ses émissions. Bref, plus que jamais, les couteaux sont tirés et ils le sont avec allégresse puisqu'il aura fallu une année d'efforts pour les aiguiser.
Au commencement, un 5 juin 2017 pour être précis, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn -trois monarchies pétrolières arabes du Golfe voisines du Qatar- mais aussi l'Egypte, ont surpris tout leur monde avec une mise à l l'index brutale du Qatar, annonçant la rupture de leurs relations diplomatiques avec Doha. Ce dernier se voyait accusé de «financement du terrorisme» et de liens trop engagés avec l'Iran, la puissance régionale rivale de l'Arabie saoudite qui s'efforce d'enrôler l'ensemble des monarchies dans sa croisade contre Téhéran.
Du jour au lendemain, le Qatar se réveillait soumis à un sévère blocus, peu à peu assorti d'un embargo sur sa frontière terrestre, tandis que son pavillon national Qatari Airways se voyait exclu de leur espace aérien par les pays concernés. Et comme si cela ne suffisait pas, ses ressortissants avaient un délai infime pour quitter le territoire des quatre Etats mobilisés contre l'émirat qatari. Celui-ci a sans doute imaginé qu'une sortie de crise aurait lieu rapidement mais il devra aussi rapidement déchanter. Dénonçant une atteinte à sa souveraineté, il qualifiera la politique saoudienne d'ingérence inacceptable dans sa politique étrangère avant de se tourner vers les pays susceptibles de l'aider à surmonter les difficultés, en l'occurrence l'Iran et le Koweït. Ce dernier déploiera des trésors de diplomatie afin de résoudre le conflit, mais il se heurtera, tout comme les Etats-Unis, à des obstacles apparemment insurmontables. A tel point, semble-t-il, que plus personne ne croit aujourd'hui à une solution proche, même si le chef de la diplomatie qatari essaie, tout en nuances, d'expliquer que son gouvernement reste «ouvert au dialogue». Pourtant, n'est-ce pas enfoncer le clou de trop quand il affirme sur la chaîne de télévision Al Jazeera que le Qatar est toujours en train de négocier avec la Russie l'achat du système de missiles de défense anti-aérienne S400? Riyadh avait averti, quelques jours auparavant, qu'il ne permettrait jamais au Qatar de disposer de ces missiles, quand bien même il faudrait pour cela recourir à une action militaire.
D'ailleurs, le quotidien français Le Monde avait révélé lundi dernier que les dirigeants saoudiens auraient sollicité à ce sujet l'intervention du président Emmanuel Macron pour empêcher la transaction d'aboutir. On le voit bien, la situation n'est pas près de se décanter, surtout que le turbulent émirat a su surmonter la crise pétrolière en puisant dans ses immenses réserves financières et en diversifiant ses partenariats pour s'affranchir du carcan saoudien, entre autres. A telle enseigne que ses dirigeants sont rejoints à l'unisson par les médias et les institutions qui proclament haut et fort que l'année écoulée depuis le 5 juin 2017 aura rendu justice à un Qatar «triomphant et uni», fort de «l'échec de la campagne menée contre lui». Illustration de cette euphorie ambiante, la gratuité des taxis et la proposition de faire de la journée du 5 juin un jour férié de fête nationale. Cerises sur la tarte, des accusations contre l'Arabie saoudite et ses alliés parlent d'arrestations arbitraires, de disparitions forcées et d'entraves aux mouvements de citoyens qataris. Et pour répondre à l'offre saoudienne d'accueillir les citoyens qataris pour la Omra, Doha dénonce une «politisation du pèlerinage» à la Mecque. En somme, tous les ingrédients sont réunis pour un pourrissement de la situation dans un Moyen-Orient plus instable et plus menacé que jamais.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha