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LE PRÉSIDENT DE L'ASSEMBLÉE LIBYENNE CHARGÉE DE RÉDIGER LA CONSTITUTION DÉMISSIONNE

Des manoeuvres et des sabordages

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Les démissions sont fréquentes en LibyeLes démissions sont fréquentes en Libye

Depuis la tenue, à Paris, d'une conférence, sous l'égide de l'ONU, afin de baliser la voie à la tenue du référendum puis à celle des élections législatives et présidentielle, avant la fin de l'année en cours, il ne s'est pas passé une seule semaine sans que des coups ne soient portés à la feuille de route de l'envoyé spécial de l'ONU...

Coup de tonnerre dans le ciel libyen, en ces temps de canicule estivale. Le président de l'Assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution de la Libye, Nouh Abdassayed, vient de déposer sa démission. «J'annonce que je n'ai plus ni le désir ni la capacité de continuer mon travail auprès de l'Assemblée constituante, que ce soit comme président ou comme simple membre», a estimé M. Abdassayed, dans une lettre adressée à l'assemblée. «Je n'assumerai plus cette position, ni ne travaillerai à ce projet à partir de maintenant», a-t-il averti, sans d'autres explications quant aux motifs réels à l'origine de sa décision. Il convient de rappeler que M. Abdassayed n'appartient à aucune formation politique, groupe armé ou quelconque organisation et il s'est néanmoins cru obligé de souligner que son retrait ne doit pas être perçu comme «une trahison de la Libye». Avant de décortiquer les tenants et aboutissants de cette nouvelle crise, il est utile de relever que sa démission intervient à la veille d'un vote du Parlement sur la loi relative au référendum qui doit être organisé pour l'adoption de la nouvelle Constitution libyenne.
Depuis la tenue, à Paris, d'une conférence regroupant les principaux antagonistes de la crise, sous l'égide de l'ONU, afin de baliser la voie à la tenue de ce référendum puis à celle des élections législatives et présidentielle avant la fin de l'année en cours, il ne s'est pas passé une seule semaine sans que des coups ne soient portés ouvertement ou de manière insidieuse à la feuille de route de l'envoyé spécial de l'ONU, Ghassan Salamé. Celui-ci a cru bon de conforter son programme par l'Elysée et ses hôtes italien et britannique, en présence des représentants des pays africains et arabes (Emirats) qui mènent depuis 2015 des efforts en vue de résoudre le conflit libyen au gré de leurs intérêts. C'était évidemment une gageure et le temps ne manquera pas de le démontrer.
Patiemment, les diverses factions qui ont maille à partir avec le GNA de Fayez al Serraj ont multiplié les embûches, et tissé les rets dans lesquels la médiation va se fourvoyer tôt ou tard. Derrière les manoeuvres, grandes et petites, on trouve encore et toujours le maréchal Haftar et ses alliés regroupés dans ce qui est présenté comme «les autorités de l'Est», à croire que la partition de la Libye est chose faite depuis 2011! Pour affaiblir de plus en plus le président du Conseil et Premier ministre reconnu par la communauté internationale, Haftar et ses compères se sont employés à vider les instances nées de l'accord de 2015 de leur substance, avec le «retrait» successif de plusieurs membres, comme Faraj Katrani, Fathi al Majbari et d'autres. Au final, ne restent aux côtés d'al Serraj que trois derniers membres sur les neuf que comptait initialement le Conseil présidentiel. Ce n'est pas par hasard. Régulièrement, une campagne de presse est lancée pour accréditer la thèse d'une mainmise du maréchal Haftar sur les affaires du pays, surtout depuis qu'il s'est arrogé le contrôle des exportations de pétrole sous prétexte d'un différend tant avec la NOC, société libyenne des hydrocarbures, qu'avec le président de la Banque centrale accusé de le léser dans le financement des armes.
Rentré des Etats-Unis après deux décennies d'exil, le futur maréchal a tôt fait d'investir le champ de la recomposition militaro-politique et, avec l'autoproclamée Armée nationale libyenne, il domine la scène de sorte que ni al Serraj ni un quelconque personnage autre que lui ne pourra conduire le bateau, le moment venu. Adroit dans ses mouvements et dans ses alliances, sans cesse recadrées, il s'est mis dans les bonnes grâces du puissant voisin égyptien, des Emirats arabes unis et à un moindre degré du «voisin» italien.
En vendant méthodiquement et régulièrement son image, l'homme s'est réellement positionné dans une espèce de mirador qui lui permet d'influer de façon décisive sur le devenir de la Libye. Ainsi, entend-on susurrer que l'Est ne connaît ni pannes d'électricité ni enlèvements contrairement à Tripoli où l'instabilité est chronique. Superbe argutie pour dire que Haftar est l'homme qu'il faut à la place qu'il faut et distiller, l'air de rien, l'argument douteux selon lequel Anglais et Italiens seraient tentés par jeter la carte al Serraj au profit de celle de «l'homme fort de l'Est» libyen. C'est aller vite en besogne et faire peu de cas des milices de Misrata comme de Zintan dont on connaît les sentiments vis-à-vis du maréchal qu'elles accusent clairement de rêver d'une dictature militaire au service d'intérêts pas nécessairement libyens. Certes, Haftar est trop malin pour ouvrir les hostilités ouvertement. La preuve, après avoir «bloqué» les exportations de pétrole, il a vite anticipé la réaction du Conseil de sécurité de l'ONU et a restitué à la NOC ses prérogatives, non sans mettre sur la table ses revendications financières. Que ses manoeuvres dilatoires soient de nature à accroître la sympathie que lui porterait l'Ouest libyen, cela aussi relève des supputations hasardeuses. Mais quand on veut vendre une candidature, on ne lésine pas sur les promesses de toute sorte. La prétendue «négociation» entre Haythem Tajouri et Gheniwa Keklin, d'un côté, et Haftar, de l'autre, n'est en fait qu'un coup d'épée dans l'eau au moment où il faut s'assurer, par tous les moyens, de l'échec annoncé des étapes que Ghassan Salamé, appuyé par l'ONU, veut faire franchir au peuple libyen afin de lui rendre son entière souveraineté. Et cette mission, parce qu'elle engage la communauté internationale dans son ensemble, est totalement et inconditionnellement soutenue par l'Algérie qui n'a pas ménagé ses efforts, depuis plusieurs années, pour réconcilier l'ensemble des Libyens, autour de leurs intérêts bien compris.

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