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DES MOTS ET DES MAUX

La Grande Russie est de retour!

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La Grande Russie est de retour!

«Tant qu'on n'aura pas morcelé la Russie, (...) la guerre mondiale ne pourra être considérée comme terminée. C'est en cela que réside l'essence du problème russe»... Prince N.S Troubetzkoï

La Russie a toujours fait fantasmer les gens, c'est encore plus vrai avec l'«énigmatique» Vladimir Poutine. Donnée pour définitivement rentrée dans les rangs, la Russie revient plus forte que jamais grâce à la pugnacité d'un homme et au courage des peuples de la Fédération de la Russie qui surent relever le défi.
Il est de fait que la Russie de 2018, n'est plus ce pays exsangue et traumatisé par la chute du Bloc communiste, ni celui déchiré par une instabilité chronique induite par des luttes intestines entre les héritiers de l'ex-Union soviétique, crise accentuée par le folklorique Boris Eltsine. Groggy, rentrée dans les rangs, au grand soulagement de l'Occident, d'aucuns avaient classé l'ancien Empire tsariste par pertes et profits. La Russie n'était plus qu'un souvenir. Oubliée, la Russie ne faisait plus «peur» et personne n'escomptait son retour à plus ou moins longue échéance! En fait, plus personne n'estimait que la Fédération de Russie avait les moyens de se relever. Une conviction si profondément ancrée, en particulier parmi les stratèges militaires occidentaux, que l'on enterra sans autre forme de procès le mastodonte russe, un Etat continent. Comment pouvait-il en être autrement au regard des retards abyssaux cumulés dans les domaines militaire (un armement obsolète hérité de l'ex-Urss), technologique, agricole et industriel entre autres, par la Fédération de Russie de l'après «Guerre froide»? C'est sur cette idée de la Russie neutralisée - Washington avait instrumentalisé cette donne pour reconfigurer la carte géostratégique mondiale à son seul profit - que fut édifié le «nouvel ordre mondial» sous l'égide des puissants Etats-Unis qui s'érigèrent en pouvoir unipolaire. Pourtant, les choses n'allaient pas en rester là. Dans l'ombre, sans trop faire de vagues, la Russie travaillait en silence pour son retour au premier plan. Une transformation et une remise à niveau à laquelle peu d'analystes et d'observateurs accordaient un quelconque crédit. Un purgatoire de près de 30 ans lors duquel la Fédération de Russie dut nager à contre-courant pour vaincre les adversités afin de retrouver sa vraie place parmi les nations.

Remettre la Russie à son rang de grande puissance
Un enjeu auquel un homme, Vladimir Poutine, avait cru. L'arrivée au pouvoir de l'ancien chef du KGB (service de renseignement soviétique) était improbable et peu jugeaient Poutine capable de réussir là ou ses prédécesseurs avaient échoué. L'homme était cependant d'une autre trempe qui fit du relèvement de la Russie une affaire personnelle. C'était le 31 décembre 1999 - suite à la démission de Boris Eltsine - que Poutine met réellement le pied à l'étrier. Après un bref intérim à la présidence de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine est élu le 7 mai 2000. Il avait alors le champ libre pour mettre en pratique ses idées de redonner à la Russie sa dimension d'antan. Lors de ses deux premiers mandats (2000-2004-2008) le leader russe va mener une vaste réforme qui verra notamment le redressement de l'économie nationale, une agriculture plus performante et le réveil de l'industrie.
Concurremment aux efforts fournis pour sortir le pays du marasme économique, le président Poutine concentra son attention sur la modernisation d'une armée russe qui a été la plus grande perdante dans l'effondrement de l'Union soviétique. D'autant plus que dans le même temps, les Etats-Unis avaient triplé les capacités destructrices de leurs missiles balistiques d'attaque nucléaire. C'est ce fossé pénalisant de son armée (par rapport à la première puissance militaire mondiale) que Poutine s'attacha à résorber. En silence! Dans le même temps, les Etats-unis et l'Otan installaient des bases militaires dans les pays baltes, des sites de missiles antimissile en Pologne et en Roumanie alors que la majorité des ex-pays communistes de l'Europe de l'Est adhérait à l'Alliance atlantique. De fait, la Fédération de Russie s'est retrouvée encerclée par de multiples bases de forces hostiles. En effet, quoique jugée «neutralisée» par les Etats-Unis, qui ont quitté le Traité ABM, Washington ne s'en est pas moins incrusté dans les pays de l'Europe de l'Est, avec un vaste «système mondial» de «défense antimissile» pour interdire à la Russie toute velléité de revenir au premier plan ou de répondre à une attaque nucléaire. Ce déploiement militaire américain en Europe de l'Est est renforcé par les systèmes de lancement de missiles (intercepteurs et d'attaque nucléaire) installés sur une vingtaine de navires de guerre déployés dans des mers proches du territoire russe. C'est dans ce contexte, difficile, que la Russie commença néanmoins à sortir la tête de l'eau. Moscou change de stratégie et passe à l'offensive en décidant qu'il est sans doute temps de rendre coup pour coup. C'est ainsi que le président Poutine avertit - dans un discours de 2014 - les Etats-Unis et les pays européens de l'Alliance atlantique, les mettant en garde quant aux mesures que la Russie allait prendre face au déploiement militaire états-unien et atlantique. «Mais personne ne nous écoutait, donc maintenant écoutez-nous», avait prévenu Poutine qui employa alors le langage que les Etats-Unis comprennent: celui de la force.
C'est ainsi que, peu à peu, la Russie intervient de plus en plus fréquemment dans les affaires qui la concernent, notamment dans les dossiers géorgien et ukrainien. Le coup d'Etat de la place Maidan à Kiev de novembre 2014, ourdi par les néofascistes ukrainiens aidés par les services de renseignement occidentaux, notamment la CIA - l'ancien directeur de la CIA, John O Brennan, fit plusieurs séjours à Kiev en 2014 de même que le vice-président états-unien Joe Biden [qui affirmait au Wall Street Journal, en novembre 2014, que la «Russie n'aurait d'autres choix que de se plier» face à l'Occident] - pour faire basculer l'Ukraine [alors dirigée par un président pro-russe, Viktor Iouchtchenko] dans le camp occidental.
Cette donne fait partie du plan états-unien de redessiner la carte géopolitique de l'ex-glacis soviétique aux fins de conforter sa domination sur le monde et aussi d'affaiblir l'Europe en jouant la carte identitaire. En effet, c'est dans le sillage de cette crise en Ukraine que le Sénat américain adopta un texte législatif «The Russian Aggression Prevention Act» (Rapa, Loi sur la prévention de l'agression russe) mettant les Etats-Unis dans la perspective d'un conflit direct avec Moscou. C'était sans compter sur la Russie, dont les premiers effets de son retour ont été démontrés en 2008, lors de la guerre éphémère que tentât de mener la Georgie. La réaction de la Russie a été foudroyante qui a remis les choses à l'endroit pour ce qui est de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. L'affaire d'Ukraine ne fit que confirmer que la Russie est à nouveau présente et opérationnelle et ne laissera plus personne prendre des décisions qui pourraient nuire à sa sécurité. Mais le tournant a été la guerre de Syrie ou la Russie a décidé, le 15 septembre 2015, de prendre l'affaire en charge. Quasiment exclue du Moyen-Orient ces dernières décennies, la Russie y revenait ainsi par la grande porte, par le biais de la Syrie. Désormais, les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux ont trouvé face à eux un os.

La Russie revient avec des armes du futur
L'évolution de la guerre en Syrie - préparée et financée par les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et les monarchies du Golfe - en dit long sur la nouvelle donne géostratégique au Moyen-Orient «élargi» ou plus rien ne pourrait se faire sans l'accord de Moscou. Sans que les acteurs de la géopolitique planétaire en prennent réellement conscience le monde a changé, le jeu et les enjeux aussi, car la Russie était de retour! Ce retour a été notifié par le président Poutine, le 1er mars dernier, dans un discours sur l'état de l'Union [qui, sans doute, fera date et marquera l'histoire contemporaine] que les analystes n'en finissent pas de l'étudier pour en comprendre ou d'en interpréter le message sous-jacent. Ceux qui continuent d'agresser et de harceler la Russie - par des sanctions économiques, l'interdiction de voyage de personnalités russes, ou encore l'improbable affaire Skripal (l'ex-agent russe empoisonné au novitchok en Angleterre) montée par Londres... - ont-ils seulement admis et appréhendé la teneur du message de Poutine du 1er mars, alors qu'ils continuent de tenter d'isoler et d'affaiblir son pays? On en doute. Or, c'est bien la première fois qu'un chef d'Etat annonce et détaille avec une précision sans précédant la panoplie des nouvelles armes «invincibles» développées par la Russie. En vérité, des armes du futur, ce qui laissa d'ailleurs incrédules les experts militaires occidentaux. Qu'on en juge:
* Un missile de croisière lancé depuis les airs armé de tête nucléaire, avec rayon d'action pratiquement illimité car alimenté à l'énergie nucléaire, une trajectoire imprévisible et la capacité de pénétrer à travers n'importe quelle défense anti-missile.
* Les missiles Kinzhal (ou «Kinjar» Poignard) et Avangard à vitesse hypersonique (plus de 10 fois celle du son).
* Le missile balistique intercontinental Sarmat de 200 tonnes sur plate-forme mobile, avec une portée de 18 000 km, armé de plus de 10 têtes nucléaires qui manoeuvrent à la vitesse hypersonique pour échapper aux missiles intercepteurs.
* Un drone sous-marin plus rapide qu'une torpille qui, alimenté à l'énergie nucléaire, parcourt des distances intercontinentales à grande profondeur pour atteindre des ports et fortifications côtières avec une tête nucléaire de grande puissance. Ce sont là quelques-uns des spécimens présentés par Poutine qui firent douter les experts de leur réalité. Mais allant plus loin, le président russe divulgua les caractéristiques de ces armes car il sait que les États-Unis travaillent également sur des vecteurs similaires, prévenant que la Russie a dorénavant résorbé son retard sur les Américains, et même devenue supérieure aux Etats-Unis dans certains de ces vecteurs.
De la science fiction, se sont exclamés d'abord sceptiques les observateurs et experts militaires. Impossible, les armes dont parle Poutine, c'est bon pour les films de science-fiction.
Or, des analystes conçoivent qu'il y a du vrai dans l'énumération de ces armes du futur dont fait état le président russe. Pour prévenir un conflit avec les Etats-Unis, choc sans doute appelé de leurs voeux par les néo-conservateurs et certains pays européens, Poutine a mis carte sur table en énonçant et détaillant - allant à l'encontre du sacro-saint secret défense - la panoplie des nouvelles armes russes, qui relèveraient pour d'aucuns plus du domaine de la fiction que de la réalité. Explicitant le pourquoi de cette présentation, Vladimir Poutine indique:
«Nous devons être conscients de la réalité et être assurés que tout ce que je vous ai dit aujourd'hui n'est pas un bluff, - et ce n'est pas un bluff, croyez-moi, - de façon à nous donner matière à réflexion et à avertir ceux qui vivent dans le passé et sont incapables d'appréhender le futur, pour qu'ils cessent de faire tanguer le bateau dans lequel nous nous trouvons tous et qui se nomme la Terre.». En mettant en avant la nouvelle puissance de la Russie, Poutine veut surtout prévenir un affrontement avec les Etats-Unis qui ne pourrait être que nucléaire, avec des retombées effroyables pour notre planète. De fait, il semble que ces nouvelles armes aient été testées en situation de guerre réelle en Syrie. Nombreux sont ainsi les experts militaires occidentaux qui s'interrogent encore sur ce qui s'est passé en Syrie le 14 avril dernier quand, sous prétexte d'attaque chimique contre la population civile, les Etats-unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé des raids de grandes envergure (108 missiles largués sur des objectifs dont la Présidence à Damas) contre des cibles en Syrie. Or, cela ne s'est pas passé comme chacun s'y attendait. D'abord, la défense anti-aérienne syrienne a réussi à neutraliser les missiles occidentaux dont plus de 70% n'ont pas atteint leur objectif, d'autre sont curieusement tombés en panne. Ainsi, des avions et des navires de guerre français n'ont pas pu lancer leurs missiles. Que s'est-il passé? Comment la Syrie, aidée par la Russie, a pu mettre en échec l'armada occidentale? Question qui ne pourra avoir de réponse que si l'on replace la problématique dans son contexte.

La Russie marque son territoire
Déjà en octobre 2015, la Russie a levé un petit voile sur ses forces d'intervention quand l'armée russe fit une démonstration de force par le lancement de six missiles de croisière 3M14 Kalibr - par intervalles de cinq secondes - depuis des navires lanceurs de missiles de la marine stationnés en mer Caspienne et visant les cibles de Daesh en Syrie. Mine de rien, cette opération avait mis un terme au monopole américain sur ce vecteur stratégique. La Russie marquait de la sorte son territoire. Ce que tous les experts militaires avaient compris et noté. D'ailleurs, le message a été bien saisi par l'armada états-unienne du Golfe persique. En avril dernier donc, Moscou a apporté une autre preuve au fait que les nouvelles armes russes n'étaient pas du bluff. Des experts, y compris américains, estiment que Poutine ne bluffait pas et que nombre des armes présentées étaient prévues sous forme de projets. Certains milieux spécialisés ont oui-dire de l'existence du système hypersonique Kinjal (ou Kinzhal), appelé à révolutionner la géostratégie du futur. Qualifiant ces armes «d'armes du jugement dernier» le magazine américain The National Interest juge qu'il y a du vrai dans la déclaration de Poutine annonçant les nouvelles armes russes, notant qu'en fait ce n'était pas une surprise. D'autre part, ces experts jugent que si Poutine a levé le voile sur ces armes, c'est que ces dernières ont été testées avec un haut degré de réussite et, sans doute, sont (déjà?) opérationnelles. Ce qu'il faut retenir de la nouvelle donne géostratégique est que la Russie de 2018 a réussi a égaler, sinon à surpasser, les Etats-Unis dans des vecteurs tels que les capacités de commandement, de contrôle, de communications, d'informatique, de renseignement, de surveillance et de reconnaissance; des capacités de guerre électronique au moins identiques à celle des Etats-Unis; des systèmes d'armes nouveaux sans relation avec ce qui existait jusqu'ici et surtout des missiles de croisière subsoniques, supersoniques et hypersoniques à longue portée qui mettent les bases américaines et même la partie continentale des États-Unis à portée de tir. La peur semble ainsi changer de camp, la Russie de Poutine ayant bouleversé la donne géopolitique mondiale admise. Il est patent que la règle des puissants qui s'énonce à quelque chose près ainsi «Ce qui est à moi n'est pas négociable. Ce qui est à toi est toujours négociable. Si tu n'es pas d'accord, tu vas retourner à l'âge de la pierre» - c'est ce qui s'est passé en Irak et en Syrie, risque de n'être plus de mise. Et pour Cause! La Grande Russie est de retour!

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