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LE PRÉSIDENT DU SÉNAT DEMANDE UNE ENQUÊTE APRÈS LE SIÈGE DU PARLEMENT

Le Nigeria dans la tourmente

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M. Saraki, à qui beaucoup prêtent des ambitions présidentielles, a quitté la semaine dernière le parti au pouvoir (APC) pour rejoindre le principal parti d'opposition (PDP). Il est également soupçonné d'avoir orchestré la vague de défections massives qui a secoué l'APC mi-juillet.

Le président du Sénat nigérian, Bukola Saraki, a réclamé hier l'ouverture d'une enquête après le siège du Parlement par les forces de sécurité, mesure qu'il a qualifié d'»acte lâche» visant à le destituer. Mardi matin, des hommes armés et cagoulés de la police et de l'agence de renseignement intérieur (DSS) avaient bloqué durant plusieurs heures l'accès de l'Institution dans la capitale fédérale Abuja, empêchant parlementaires, employés et journalistes de rentrer. Face à l'indignation générale dans les médias et sur les réseaux sociaux, la présidence avait dans la foulée annoncé le limogeage du patron de la DSS, Lawal Musa Daura, un proche du chef de l'Etat Muhammadu Buhari.
«Le siège (du Parlement) était un acte de lâcheté de la part de ceux qui cherchaient à destituer illégalement le dirigeant du Sénat, au mépris flagrant de la loi», a déclaré M. Saraki lors d'une conférence de presse.
Cette opération était «en préparation depuis des mois», a-t-il ajouté. «Nous demandons une enquête et nous exigeons que tous les auteurs soient amenés à rendre des comptes.» «Nous nous devons de veiller à ce qu'une telle situation ne se reproduise jamais, de nombreuses agences ont abusé de leurs pouvoirs», a affirmé le président de chambre haute. Plusieurs représentants de l'opposition avait dès mardi accusé l'exécutif de vouloir lancer une procédure de destitution contre le président du Sénat, avec lequel les relations sont notoirement exécrables.
M. Saraki, à qui beaucoup prêtent des ambitions présidentielles, a quitté la semaine dernière le parti au pouvoir (APC) pour rejoindre le principal parti d'opposition (PDP). Il est également soupçonné d'avoir orchestré la vague de défections massives qui a secoué l'APC mi-juillet, avec la démission de 14 sénateurs et 37 membres de la Chambre des représentants. La compétition s'annonce féroce et les manoeuvres politiques s'intensifient dans le pays le plus peuplé d'Afrique à l'approche de l'élection présidentielle prévue en février prochain. Le président Buhari, actuellement absent du pays pour des soins intensifs avec hospitalisation et qui espère briguer un second mandat, est de plus en plus critiqué pour un bilan souvent qualifié de médiocre, notamment en terme de lutte contre la corruption et contre l'insécurité de plus en plus grande, avec le terrorisme et le rapt de jeunes lycéennes que pratique, depuis plusieurs années, le groupe Boko Haram dont l'éradication promise tarde à voir le jour.

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