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ELECTION PRÉSIDENTIELLE AU MALI

IBK grand favori

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Les Maliens ne veulent pas tenter le saut vers l'inconnuLes Maliens ne veulent pas tenter le saut vers l'inconnu

Le second tour de la présidentielle, qui s'est déroulé hier sur fond de rumeurs de «fraudes» et de menaces terroristes, devrait voir l'actuel président candidat à sa propre succession être réélu haut la main.

Une simple formalité et une prime au sortant. Ce sera probablement le cas. Le Mali, qui sort à peine la tête de l'eau d'un conflit qui a failli le ravager, ne peut se permettre une nouvelle aventure. Un éventuel saut dans l'inconnu. La consolidation de ses institutions est devenu impératif. L'élection d'un nouveau président à sa tête lui offre cette opportunité. Ibrahim Boubacar Keïta, chef de l'Etat sortant arrivé largement en tête au premier tour, est en position de force face à une opposition divisée, et semble tout désigné à mener cette tache entamée sous son précédent mandat à bon port. Il doit d'abord sortir vainqueur de ce scrutin Comme en 2013, où il l'avait emporté avec plus de 77%, Ibrahim Boubacar Keïta, dit «IBK», qui brigue à 73 ans un second mandat, est donc une nouvelle fois opposé à Soumaïla Cissé, un ancien ministre des Finances de 68 ans destiné à une brillante carrière politique. «Il ne faut jamais préempter une élection» mais «nous pouvons y aller avec confiance et sérénité», a déclaré M. Keïta vendredi sur RFI. En fin de journée, il a réuni quelques centaines de ses militants, dans une ambiance festive, pour un dernier meeting en plein air le long du fleuve Niger à Bamako. «Il faut finir ce qu'il a commencé», estimait une fonctionnaire et élue d'un quartier de Bamako, Silandou Soumaré, citée par les médias locaux. «IBK» doit être réélu «pour la continuité, pour la stabilité», abondait Abdil Sanogo, un gestionnaire de société, affimant qu'il méritait «une deuxième chance» et que «la situation va s'améliorer». Le chef de l'Etat promet, en tout cas, de «consolider les acquis, amplifier les réussites et corriger les manques» de son premier mandat. Face au président sortant, Soumaïla Cissé, largement distancé au premier tour par Keîta, aborde le second tour du scrutin présidentiel isolé, après avoir échoué à unir l'opposition derrière sa bannière, se disant toutefois convaincu de pouvoir «renverser la tendance» et multipliant les appels à une «mobilisation massive» des électeurs.
En tout état de fait, le vainqueur, qui entrera en fonction début septembre, aura la tâche de poursuivre la mis en en oeuvre de l'accord de paix et de réconciliation au Mali, signé en 2015, dont l'application connaît des retards. Au chevet de cet immense pays du Sahel, la communauté internationale s'impatiente et espère que le prochain président saura enrayer la propagation des violences extrémistes, qui se sont étendues du nord vers le centre et le sud du Mali et vers le Burkina Faso et le Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits ethniques ayant encore fait plus de 10 morts cette semaine. Outre la propagation des violences, le pays, célébré pour son rayonnement culturel avec ses cités légendaires comme Tombouctou et ses musiciens de renommée mondiale, s'est appauvri. Le revenu par habitant a reculé depuis 2014, selon la Banque mondiale, et quelque 47% des 18 millions de Maliens vivent sous le seuil de pauvreté. Mais le Mali est redevenu le premier producteur de coton africain et son économie enregistre un taux de croissance supérieur à 5% depuis plusieurs années. C'est dans le sillage de ce «renouveau» économique que le Mali s'apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire.

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