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RAID AYANT TUÉ 40 ENFANTS AU YÉMEN

La coalition saoudienne promet des sanctions

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Lors d'une conférence de presse à Riyadh, Mansour al-Mansour, porte-parole de la commission chargée des enquêtes au sein de la coalition, a affirmé que le bus transportait, «des leaders Houthis». Mais la frappe a aussi «causé des dommages collatéraux», a-t-il dit, en allusion à la mort des enfants.

La coalition militaire sous commandement saoudien qui intervient au Yémen a reconnu samedi des «erreurs» et promis des sanctions après un raid qui a coûté la vie mi-août à 40 enfants et suscité un tollé international d'autant plus fort que 26 autres enfants ont péri dans les mêmes conditions quelques jours après. Cette coalition aide depuis mars 2015 le gouvernement du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi face aux rebelles Houthis qui se sont emparés de vastes régions du pays dont la capitale Sanaa.
Elle a été accusée d'avoir commis de nombreuses bavures contre des civils dans le conflit où les Houthis sont soutenus par l'Iran, principal rival régional de l'Arabie saoudite. Samedi, la coalition a reconnu des «erreurs» dans une frappe menée par ses avions le 9 août dans la province septentrionale de Saada, fief des rebelles, et qui a tué 51 personnes dont 40 enfants selon le Comité international de la Croix-Rouge. Le raid avait visé un bus transportant des enfants sur un marché très fréquenté de Dahyan, selon les rebelles. La coalition avait affirmé que le bus transportait des insurgés mais reconnu des «dommages collatéraux» et annoncé l'ouverture d'une enquête. Rendant les conclusions de cette enquête lors d'une conférence de presse à Riyadh, Mansour al-Mansour, porte-parole de la commission chargée des enquêtes au sein de la coalition, a de nouveau affirmé que le bus transportait, selon des informations des services de renseignements, «des leaders Houthis» et que certains rebelles ont péri. Mais la frappe a aussi «causé des dommages collatéraux», a-t-il ajouté, en allusion à la mort des enfants, et les responsables doivent être «punis». L'une des «erreurs» est qu' «un ordre avait été donné pour ne pas cibler le bus qui se trouvait au milieu de civils, mais cet ordre est arrivé en retard», a ajouté le responsable saoudien. Une autre «erreur» est que «la cible ne constituait pas un danger immédiat et que cibler le bus dans une zone résidentielle n'était pas justifié à ce moment-là». «Les forces de la coalition doivent punir les responsables de ces erreurs», a-t-il dit. Dans un communiqué publié après la conférence de presse, la coalition a de nouveau admis «des erreurs dans les règles d'engagement». Elle s'est en outre «dite désolée pour ses erreurs et a présenté ses condoléances aux familles des victimes». «Le commandement de la coalition accepte les conclusions de la commission d'enquête et dès la réception officielle de ces résultats, il prendra toutes les mesures nécessaires pour punir ceux dont la responsabilité sera confirmée dans ces erreurs», selon le communiqué. La coalition a reconnu plusieurs bavures au Yémen, mais accuse régulièrement les Houthis de se mêler aux civils ou de les utiliser comme boucliers humains. La guerre dans ce pays pauvre de la Péninsule arabique, a fait depuis mars 2015 quelque 10 000 morts et provoqué «la pire crise humanitaire» au monde selon l'ONU. En août, une mission d'experts de l'ONU a affirmé dans un rapport que toutes les parties prenantes au conflit ont potentiellement commis des «crimes de guerre». Elle a souligné que les frappes de la coalition avaient «causé le plus de victimes civiles directes», touchant des zones résidentielles, des marchés et des installations médicales. La coalition a rejeté les conclusions du rapport qui selon elle, «ne mentionne pas le rôle de l'Iran dans la poursuite de la guerre et son soutien continu aux Houthis». Téhéran reconnaît soutenir les Houthis mais nie leur fournir une aide militaire.
Après la frappe du 9 août, des responsables de l'ONU ont ensuite accusé la coalition d'avoir mené deux raids qui ont tué 26 enfants et quatre femmes le 23 août dans la région d'Al-Douraïhimi (ouest) tenue par les rebelles. La coalition a réagi en accusant des responsables de l'ONU de faire le jeu des rebelles. L'ONU a convoqué des pourparlers sur le Yémen le 6 septembre à Genève, alors que jusque-là toutes les tentatives de règlement politique ont échoué. L'envoyé spécial de l'ONU Martin Griffiths a affirmé qu'une «solution politique était possible». Samedi lors d'une rencontre avec M. Griffiths à Riyadh, le ministre yéménite des Affaires étrangères Khaled al-Yemani a affirmé que son gouvernement cherchait à rétablir la confiance avec les rebelles. «Nous allons tenté d'enregistrer des progrès en vue de mettre en application des mesures de confiance, dont la libération des détenus et otages, la levée des sièges des villes et des entraves à la livraison des aides», a-t-il dit. Il n'y a pas eu le moindre signe encourageant jusqu'à présent du côté des dirigeants Houthis.

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