FACE À L'OURAGAN FLORENCE

Trump fait du Trump

Carmen Yulin Cruz, maire de Porto Rico, s'était dite scandalisée de l'auto-satisfecit répété du président sur ce dossier. Le bilan officiel est désormais de 2 975 morts sur l'île, les six mois après la catastrophe.

«Nous avons eu la meilleure note possible pour notre travail lors des ouragans au Texas et en Floride». Face à l'arrivée de l'ouragan Florence, Donald Trump mobilise les Américains et... parle surtout de lui. Dans son premier tweet sur le sujet hier, le président américain a lancé un appel à la prudence, dans un rôle mobilisateur plutôt traditionnel pour un président des Etats-Unis. Mais il a aussi et surtout profité de l'occasion pour faire dans l'hyperbole, vanter sa capacité à gouverner et décocher ses flèches à ceux qui mettent en doute cette dernière, style provocateur à l'appui.
M. Trump a, en particulier, une nouvelle fois relancé la polémique sur l'attitude de son administration, accusée de négligence dans sa gestion de la crise après le passage de l'ouragan Maria à Porto Rico, il y un an. «Nous avons fait un super boulot à Porto Rico qui n'a pas été apprécié à sa juste valeur», a-t-il tweeté, parlant d'une «île inaccessible avec peu d'électricité et une maire de San Juan totalement incompétente».
La veille, cette dernière, Carmen Yulin Cruz, s'était dite scandalisée de l'auto-satisfecit répété du président sur ce dossier.
Le bilan officiel est désormais de 2.975 morts sur l'île dans les six mois ayant suivi la catastrophe. Il était auparavant de 64 morts, un chiffre qui a fait l'objet de vives controverses depuis un an. Au moment où toute la côte Est se prépare à l'arrivée de Florence et son impact dévastateur annoncé, les propos présidentiels suscitent une forme de perplexité, et des réactions outrées dans le camp démocrate. Pour Jen Psaki, ancienne conseillère de Barack Obama, cette forme de «joyeuse excitation» sur la puissance de l'ouragan à venir est «répugnante». «Arrêtez de tweeter», a-t-elle lancé à l'adresse du locataire de la Maison Blanche, l'encourageant à s'assurer que toutes les ressources soient déployées et à «offrir la voix calme et posée dont les Américains ont besoin en temps de crise». La Caroline du Sud, la Caroline du Nord et la Virginie sont les trois Etats les plus menacés par Florence, qui progresse vers l'ouest et le nord-ouest à une vitesse de 28 km/h et devrait atteindre en fin de semaine les côtes américaines.