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POMPEO REVIENT À PYONGYANG EN QUÊTE D'UN ACCORD SUR LA DÉNUCLÉARISATION

Une partie d'échecs compliquée

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Entre les deux leaders coréens, l'accolade est plus francheEntre les deux leaders coréens, l'accolade est plus franche

Le ton, souvent employé, par Trump lui-même et Mike Pompéo avait de quoi exaspérer l'entourage du dirigeant nord-coréen, pragmatique et circonspect à souhait.

Demain, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo arrivera à Pyongyang où une audience lui sera accordée par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un. C'est dans un contexte difficile qu'il effectue cette troisième visite, initialement prévue le mois dernier, mais annulée à la dernière minute par le président américain Donald Trump, ulcéré du peu d'empressement que Pyongyang manifeste dans ce qu'il appelle ses «engagements» en faveur de la dénucléarisation. Le discours est en effet divergent entre les deux protagonistes, Washington se disant convaincu que Kim Jong-Un a promis des «résultats rapides, sans conditions et vérifiables» alors que les Nord-Coréens dénoncent des «méthodes de gangsters» chez l'administration Trump.
Le ton, souvent employé, par Trump lui-même et Mike Pompéo avait de quoi exaspérer l'entourage du dirigeant nord-coréen, pragmatique et circonspect à souhait. Kim Jong-Un, qui a multiplié les gestes de bonne volonté à l'égard de son vis-à-vis sud-coréen, Moon Jae-in, garde une certaine réserve en ce qui concerne les interlocuteurs américains dont il attend des décisions concrètes comme, par exemple, une déclaration formelle de la fin de la guerre en Corée, jusqu'ici objet seulement d'un armistice en 1953. En outre, Pyongyang réclame la fin des manoeuvres conjointes que l'armée américaine et son alliée sud-coréenne organisent chaque année en vue de bomber le torse pour apeurer l' «ennemi» nord-coréen.
La nouvelle tentative de Mike Pompeo intervient, cette fois, dans un cadre autrement plus compliqué car le parti républicain va jouer une partition risquée lors des élections de mi-mandat, en novembre prochain, risquant de perdre la majorité au profit de son rival démocrate à la Chambre des représentants et peut-être au Congrès. Pour le président Donald Trump, ce serait alors le commencement de la fin et le scénario est très sérieusement envisagé par Washington qui se démène pour éviter le cataclysme politique.
Dans les tablettes de la Maison-Blanche, un résultat à Pyongyang, aussi minime soit-il, dans la conjoncture présente, serait tout simplement «formidable», comme aime à dire Trump sur d'autres sujets. Aussi, Kim Jong-Un est-il fortement interpellé pour esquisser ce geste salvateur sur le désarmement nucléaire. Mais en échange de quoi? Jusqu'à présent, ses doléances sont restées presque toutes lettre morte et la seule «bonne nouvelle» dont Mike Pompéo semble porteur concerne l'organisation d'un nouveau sommet «historique», entre Trump et Kim, une nouvelle fois à Singapour. Le dirigeant nord-coréen se suffira-t-il de cette offre ou va-t-il exiger davantage d'engagements concrets? A entendre les voeux de Mike Pompéo au moment de son départ pour Pyongyang, la porte n'est ni franchement ouverte ni réellement fermée et il faudra donc compter avec la fermeté dont a su constamment faire preuve Kim Jong-Un, habile manoeuvrier s'il en est et apparemment bien au fait des inconstances de la politique menée par l'administration Trump.
Partant du principe que son interlocuteur américain est dans une passe moins aisée qu'il y a quelques mois, il voudra sans doute pousser ses pions sur l'échiquier dans le sens d'un partage vraiment équilibré des gains en échange de la mise en oeuvre du désarmement nucléaire tant et tant agité par Donald Trump. Autant dire que la partie demeure compliquée et qu'il suffirait de presque rien pour que tout soit remis en cause, comme en témoignent les récentes déclarations des diplomates et des militaires nord-coréens outrés par l'arrogance de leurs interlocuteurs américains. Ce qui n'empêchera pas, sans doute, Kim Jong-Un d'ordonner le démantèlement d'u site balistique en présence d'inspecteurs étrangers, et, surtout, la fermeture de son complexe nucléaire de Yongbyon, à condition que Washington prenne des «mesures correspondantes», initiatives proposées dans ses lettres que Trump a qualifiées le mois dernier de «magnifiques» et «extraordinaires».

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