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DÉMISSION SURPRISE DE NIKKI HALEY

Une ambition contrariée?

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Une ambition contrariée?

Trump a indiqué à la presse avoir présélectionné cinq personnes pour remplacer Nikki Haley, et a confirmé que Dina Powell, ancienne responsable du Conseil de sécurité nationale, faisait partie des candidats, regrettant de ne pouvoir nommer sa fille Ivanka.

L'ambitieuse ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Nikki Haley, la femme la plus en vue du gouvernement de Donald Trump, a annoncé mardi dernier sa démission, à la surprise générale, tout en réaffirmant sa loyauté au président américain.»Elle m'a dit il y a environ six mois qu'elle souhaitait prendre une pause», a justifié le milliardaire républicain, louant le «travail fantastique» de son «amie», présente à ses côtés, tout sourires, dans le Bureau ovale. «Elle a été très spéciale pour moi», a-t-il insisté, soucieux de minimiser le choc politique créé par ce départ, à moins d'un mois de législatives délicates pour son camp, notamment au moment où les électrices semblent se détourner de plus en plus des candidats républicains.
M. Trump a précisé que la démission serait effective «à la fin de l'année» et qu'il dévoilerait le nom d'un successeur «d'ici deux ou trois semaines». En se rendant en début de soirée dans l'Iowa pour une réunion publique, il a indiqué à la presse avoir présélectionné cinq personnes pour remplacer Nikki Haley, et a confirmé que Dina Powell, ancienne responsable du Conseil de sécurité nationale, faisait partie des candidats. En revanche, l'ambassadeur en Allemagne Richard Grenell n'est pas sur cette liste restreinte, mais le milliardaire s'est dit prêt à le considérer. «Il réussit tellement bien dans un poste si important (...) que je ne voudrais pas le bouger. Personnellement, je préfèrerais garder Ric où il est», a-t-il néanmoins relevé.
Plus tôt, le président avait évoqué l'hypothèse d'une nomination de sa fille Ivanka -»ce serait de la dynamite»- mais «je serais accusé de népotisme», a-t-il aussitôt regretté. L'intéressée a elle-même exclu cette possibilité dans un tweet. Nikki Haley, 46 ans, à qui l'on prête régulièrement des vues sur la Maison Blanche, a assuré qu'elle ne serait pas candidate à la présidentielle de 2020 et qu'elle soutiendrait Donald Trump. Ses motivations restent donc un mystère..
Ambitions politiques? Désaccords de fond depuis l'arrivée de Mike Pompéo? Besoin de se ressourcer dans le privé alors que ses déclarations d'intérêts font apparaître d'importantes dettes? Ou alors le risque soulevé par une enquête potentielle, réclamée lundi, à la veille de sa démission, par une association de défense de l'éthique sur sept vols en avions privés offerts l'an dernier à l'ambassadrice par des hommes d'affaires? «C'est un autre signe de la politique étrangère chaotique de cette administration», a déploré le chef de file démocrate à la commission des Affaires étrangères du Sénat, Bob Menendez.
Il fait suite aux nombreux limogeages et démissions autour du président en près de deux ans. L'équipe diplomatique initiale aura ainsi été totalement remodelée, après l'arrivée au printemps de Mike Pompeo comme secrétaire d'Etat et de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale. Ces deux poids lourds ont en partie éclipsé cette étoile montante du camp républicain qui avait auparavant bénéficié de l'effacement du précédent ministre des Affaires étrangères Rex Tillerson. Nikki Haley s'est distinguée en portant d'emblée une ligne dure, notamment contre la Corée du Nord et l'Iran, les deux priorités diplomatiques de Donald Trump. Depuis New York, elle se faisait également l'écho des critiques présidentielles à l'égard de l'ONU, vue comme une bureaucratie inefficace dans laquelle Washington investit beaucoup trop d'argent mais aussi comme une institution avec d'évidents «biais anti-Israéliens». Selon l'International Crisis Group, elle était à cet égard «un facteur de division, attaquant les institutions et les ONG qui défendent la transparence et les droits fondamentaux, et travaillant à transformer l'aide humanitaire en arme politique».

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