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RETRAIT AMÉRICAIN DU TRAITÉ SUR LES ARMES NUCLÉAIRES DE 1987

Moscou et Pékin mettent en garde Washington

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Une relation de plus en plus difficileUne relation de plus en plus difficile

Moscou a averti dimanche le président américain Donald Trump que son intention de sortir d'un traité nucléaire signé pendant la Guerre froide était un pas «très dangereux».

La Chine a appelé hier les Etats-Unis à «y réfléchir à deux fois» avant de se retirer d'un traité sur les armes nucléaires conclu avec Moscou à la fin de la Guerre froide. Le président américain Donald Trump a annoncé ce week-end son intention de retirer son pays du traité sur les armes nucléaires intermédiaires (INF, Intermediate Nuclear Forces Treaty) signé en 1987 avec l'Union soviétique. En abolissant l'usage d'une série de missiles d'une portée variant de 500 à 5.500 km, le texte avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.
Donald Trump a accusé Moscou de ne pas respecter cet accord «depuis des années». La Chine n'étant pas signataire, elle peut concevoir sans contrainte des armes nucléaires de portée intermédiaire. L'influent sénateur républicain Lindsey Graham, proche du président américain, a salué dimanche l'idée d'un retrait. «Les Russes n'ont jamais honoré leur part de l'accord et les Chinois développent leurs programmes d'armement, et nous devons y répondre», a-t-il déclaré sur la chaîne Fox News. «Je tiens à souligner que parler de la Chine dans cette histoire de retrait de traité est complètement erroné», a rétorqué hier Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Elle dit espérer que «les parties concernées» puissent «y réfléchir à deux fois» avant de se retirer du traité, qui a joué «un rôle important» dans la stabilité mondiale. «Un retrait unilatéral engendrerait de multiples effets négatifs», a souligné Mme Hua lors d'une conférence de presse régulière. Le traité avait été signé par le dernier dirigeant de l'Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, et le président américain de l'époque, Ronald Reagan.
Moscou a averti dimanche le président américain Donald Trump que son intention de sortir d'un traité nucléaire signé pendant la guerre froide était un pas «très dangereux». «Cela serait un pas très dangereux qui, j'en suis sûr, ne sera pas compris par la communauté internationale et va même s'attirer de sérieuses condamnations», a déclaré dimanche le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov. Samedi, M. Trump avait annoncé que les Etats-Unis prévoyaient de sortir du traité INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) sur les armes nucléaires de portée intermédiaire, signé en 1987 par les dirigeants américain et soviétique de l'époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. «La Russie n'a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l'accord et développer ces armes», a-t-il lancé.
M. Riabkov a rejeté dimanche ces accusations. «Non seulement nous ne violons pas le traité, mais nous le respectons de la façon la plus stricte», a-t-il insisté. «Et nous avons fait preuve de patience au fil des années face à de flagrantes violations du traité par les Etats-Unis eux-mêmes», a-t-il affirmé. Si les Etats-Unis continuent à agir «de façon maladroite et grossière» et à se retirer unilatéralement de traités internationaux, «alors nous n'aurons pas d'autre choix que de prendre des mesures de rétorsion y compris impliquant de la technologie militaire», a déclaré sans autre précision M. Riabkov à l'agence RIA Novosti. «Mais nous ne voulons pas en arriver là», a-t-il ajouté.
Le conseiller de la Maison-Blanche à la Sécurité nationale, John Bolton, était entendu hier à Moscou. «Nous espérons qu'il va nous expliquer de façon plus substantielle et claire, au cours de nos rencontres demain et après-demain, quelles actions les Etats-Unis comptent entreprendre», a encore dit M. Riabkov. M. Bolton doit rencontrer aujourd'hui et demain plusieurs responsables russes, à commencer par le ministre des Affaires étrangères Serguei Lavrov, en préparation à une éventuelle rencontre entre M. Trump et le président russe Vladimir Poutine, qui pourrait intervenir d'ici la fin de l'année. Le conseiller américain doit rencontrer également le chef du Conseil de sécurité Nikolaï Patrouchev et le conseiller présidentiel Iouri Ouchakov. Un porte-parole du Kremlin a indiqué qu'il était «possible» que M. Bolton soit reçu par le président Poutine. Washington se plaint du déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, dont la portée selon Washington dépasse les 500 km, ce qui constitue une violation du traité INF. Moscou a répondu aux accusations américaines par d'autres accusations.
M. Riabkov a parlé dimanche de «chantage» et, la veille, une source du ministère russe des Affaires étrangères avait affirmé que Washington «se rapprochait de cette étape depuis plusieurs années en détruisant délibérément et pas à pas la base de cet accord».

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