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MALGRÉ L'AFFAIRE KHASHOGGI

Au Yémen, rien de nouveau

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Les dérives de la coalition saoudienne sont bien plus nombreuses au YémenLes dérives de la coalition saoudienne sont bien plus nombreuses au Yémen

En août, une bombe larguée sur un bus dans un raid de la coalition menée par Riyadh a tué 51 personnes, dont 40 enfants. Elle avait été conçue par l'entreprise américaine Lockheed Martin, selon CNN. Barack Obama avait interdit la vente de bombes guidées à l'Arabie saoudite, mais Trump a levé cette interdiction.

Le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi a provoqué une profonde crise internationale, mais celle-ci ne devrait avoir aucun impact sur les victimes du conflit au Yémen où l'Arabie saoudite dirige une coalition militaire, estiment des experts. Mercredi, au moins 24 civils sont morts dans des frappes aériennes dans la province de Hodeïda, dans l'ouest du Yémen, en proie à de violents combats entre les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, et les forces gouvernementales appuyées, notamment dans les airs, par Ryad et ses alliés. Ces frappes ont notamment touché une usine de conditionnement de légumes, tuant plusieurs employés, selon l'ONU. L'Arabie saoudite a été accusée à plusieurs reprises de bavures ayant coûté la vie à des centaines de civils, depuis son intervention en mars 2015 à la tête de la coalition militaire appuyant les forces gouvernementales au Yémen.
La guerre a fait près de 10.000 morts, et 14 millions de personnes sont menacées par une famine imminente, selon l'ONU. Pour le seul mois de septembre, le pays a été touché par 154 raids aériens, d'après Yemen Data Project, une organisation répertoriant les données liées au conflit. Malgré ces chiffres alarmants, cette guerre peine à capter l'attention internationale. Depuis l'assassinat de Jamal Khashoggi le 2 octobre au consul saoudien d'Istanbul, les actions de Riyadh dans cette affaire sont scrutées de près par la communauté internationale. Mais, soulignent les analystes, le royaume garde les mains libres au Yémen où un civil est tué toutes les trois heures, selon l'ONG Oxfam. Soutenant le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi contre les rebelles Houthis, la coalition dirigée par Ryad contrôle l'espace aérien du Yémen et impose un embargo sur le port de Hodeïda où transite la majorité de l'aide humanitaire. Riyadh affirme vouloir empêcher les Houthis de recevoir des armes venues d'Iran. Des enquêteurs de l'ONU ont déclaré en août que tous les acteurs du conflit avaient commis des crimes de guerre potentiels. Ils ont toutefois relevé que les frappes de la coalition menée par l'Arabie Saoudite «ont causé le plus de victimes civiles directes». Mais il est peu probable que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane soit un jour pris à parti pour son rôle dans cette guerre. Plus de 98% des armes importées par l'Arabie saoudite viennent d'Europe et des Etats-Unis, selon l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. Si l'Allemagne a annoncé suspendre ses ventes d'armes à Riyadh à la suite du meurtre de Khashoggi, le président français Emmanuel Macron a dans un premier temps balayé cette option, la jugeant «démagogique», avant d'appeler à «une position coordonnée au niveau européen». De son côté, le président américain Donald Trump a déclaré ne pas aimer «l'idée de mettre fin à un investissement de 110 milliards de dollars», montant de la dernière commande saoudienne de matériel militaire américain. En août, une bombe larguée sur un bus au Yémen dans un raid attribué à la coalition menée par Ryad a tué 51 personnes, dont 40 enfants. Elle avait été conçue par l'entreprise américaine Lockheed Martin, a révélé la chaîne américaine CNN. L'ancien président américain Barack Obama avait interdit la vente de bombes guidées à l'Arabie saoudite, mais cette interdiction a été levée par M. Trump. L'armée américaine fournit aux forces saoudiennes une aide pour le ciblage de ses raids et le partage de renseignements notamment. Pour Kristine Beckerle, spécialiste du Yémen pour Human Rights Watch, chaque Yéménite victime d'une frappe de la coalition dirigée par Ryad «mérite autant notre attention qu'un chroniqueur du Washington Post», quotidien américain avec lequel collaborait Jamal Khashoggi. «Un fiancé le jour de son mariage. Des villageois construisant un puits. Des gens au marché... Ils ont tous été tués lors de bombardements de la coalition», rappelle-t-elle. «Aucun de ces crimes de guerre au Yémen ne sont parvenus à susciter le même genre d'indignation internationale «, note la chercheuse.

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