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DROITS DE L'HOMME AU SAHARA OCCIDENTAL

Macron et Mohammed VI interpellés

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«Le libre accès au Sahara occidental, depuis quatre années, est entravé pour les observateurs et les journalistes indépendants, alors que votre pays n'a aucun mandat international sur son sol», a souligné l'association Afaspa au roi du Maroc.

Le président français Emmanuel Macron, (UA) et le roi du Maroc Mohammed VI, ainsi que le président rwandais Paul Kagamé, président en exercice de l'Union africaine, ont été destinataires d'un courrier dans lequel une association française dénonce les violations des droits de l'homme au Sahara occidental, territoire illégalement occupé par le Maroc. «Comme nombre d'organisations et de personnalités, à travers le monde, l'Association Française d'Amitié et de Solidarité avec les Peuples d'Afrique (Afaspa) soutient le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et dénonce les violations graves perpétrées par l'armée et les administrations marocaines depuis octobre 1975», lit-on dans le courrier daté du 17 octobre et dont l'APS a obtenu une copie.
L'association s'élève, tout particulièrement, contre «l'acharnement répressif» à l'égard des prisonniers politiques sahraouis qui «multiplient les grèves de la faim pour dénoncer les mauvais traitements, harcèlements et humiliations dont ils sont l'objet et pour obtenir leurs droits».
«C'est le cas des 19 membres du groupe de Gdeim Izik dispersés dans sept prisons au Maroc, alors que le droit international stipule qu'ils auraient dû être jugés et incarcérés au Sahara occidental», rappelle l'Afaspa, demandant leur libération et sans attendre, le rétablissement du droit de visite.
Pour elle, le corollaire de cette occupation illégale marocaine est le pillage des richesses naturelles, en infraction au droit international et aux arrêts de la Cour de justice européenne.
Pour rappel, la Cour de justice de l'Union européenne (Cjue) a rendu deux arrêts (décembre 2016 et février 2018) dans lesquels elle mentionne que le Maroc et le Sahara occidental sont deux territoires distincts.
«Pour soustraire cette réalité aux yeux du monde, le libre accès au Sahara occidental depuis quatre années est entravé pour les observateurs et les journalistes indépendants, alors que votre pays n'a aucun mandat international sur son sol», a souligné l'association au roi du Maroc, souhaitant que le processus de décolonisation s'achève «au plus vite» dans l'intérêt «réciproque» du peuple du Sahara occidental qui «souffre de la guerre depuis 45 ans et du peuple du Maroc qui paie un lourd tribut à ce conflit».
Par ailleurs, selon des informations fuitées, le Comité des Nations unies contre la torture a récemment demandé aux autorités marocaines de mettre fin à l'isolement prolongé que subit le prisonnier sahraoui Abbahah depuis huit mois. Selon les mêmes sources, cette réaction du Comité onusien interviendrait suite à une plainte de l'avocate des prisonniers sahraouis maître Olfa Ouled.
Le comité n'a pas encore rendu publique son appel dont la procédure est en cours et confidentielle. L'avocate des prisonniers de Gdeim Izik, rappelle-t-on, a exprimé à maintes occasions sa préoccupation par les violations «constantes» de leurs droits. Dix-neuf des 24 prisonniers politiques sahraouis du groupe dit de Gdeim Izik sont toujours incarcérés, avec des peines allant de 20 ans à la réclusion à perpétuité, dans des prisons marocaines et continuent, selon leurs familles, d'être victimes de tortures, de mauvais traitements et de négligence médicale intentionnelle de la part des autorités marocaines.

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