Prévisions pour le 19 Novembre 2018

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UN NOUVEAU GOUVERNEMENT MET À MAL L'ACCORD DE CARTHAGE

Le dernier tango à Tunis

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Un gouvernement de chocUn gouvernement de choc

Le secrétaire général de Nidaa Tounes, Slim Riahi, a qualifié, lors d'une conférence de presse tenue hier, le remaniement ministériel effectué la veille par le chef du gouvernement de «putsch doux et invisible», soulignant que cela était «plus dangereux qu'un putsch armé.»

On l'attendait depuis plusieurs jours, voire des semaines. Finalement, il est tombé par surprise, au moment où les Tunisiens l'attendaient le moins. Lundi, le chef du gouvernement Youssef Chahed, qui bénéficie d'un soutien résolu du parti islamiste Ennahdha de Rached Ghannouchi, a informé le président de la République tunisienne Béji Caïd Essebsi de la nouvelle composante gouvernementale. La veille, il avait déjà manifesté son intention en ce sens et le chef de l'Etat lui aurait répondu qu'à l'exception de la Défense et des Affaires étrangères qui relèvent de ses prérogatives, il pouvait faire ce que bon lui semble. Le message n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Béji Caïd Essebsi s'attendait certainement à un fait du prince, depuis que son dernier entretien avec Ghannouchi sur le sort de Youssef Chahed n'avait pas abouti. Le leader islamiste ne s'était pas gêné ensuite pour dire qu'aucun gouvernement ne verrait le jour sans Ennahdha, sous-entendu sans Youssef Chahed, une manière élégante de claquer la porte au nez de Hafedh Caïd Essebsi et de Nidaa Tounes dont l'obstination à vouloir enterrer le chef du gouvernement a fini par irriter tout le monde. Ce que l'on ne savait pas, par contre, c'est que les tractations entre Ennahdha et Machroü Tounes de Mohsen Marzouk avaient bel et bien abouti, permettant ainsi de concocter une nouvelle équipe gouvernementale dont le président Béji Caïd Essebsi n' a eu connaissance que d'une manière toute formelle, placé devant une sorte de fait accompli car il a été informé, mais non consulté. Son cabinet le fera savoir par le biais de deux de ses conseillers qui ont vigoureusement dénoncé cette méthode peu protocolaire et exprimé le mécontentement du chef de l'Etat. Pourtant, celui-ci a vite pris conscience que cette sortie ne joue pas en sa faveur. Pire, elle risque de décrédibiliser sa fonction à un moment particulièrement décisif pour les échéances électorales de 2019. Il devra se contenter du fait que Nidaa Tounes qui a malgré tout obtenu neuf portefeuilles ministériels et deux secrétariats d'Etat va se positionner dans le rôle d'un parti d'opposition plus ou moins conséquent, sauf imprévu. On sait que Mohsen Marzouk a toujours eu des rapports tendus avec Youssef Chahed, mais rien ne dit que sa revanche contre Nidaa Tounes et le tandem Essebsi ne pèsera pas plus lourdement dans la balance. Chahed, par contre, a de quoi pavoiser: non seulement il est encore et toujours là, mais il a obtenu une sorte d'indépendance de la Casbah vis-à-vis de Carthage, avec une équipe remaniée en profondeur et un plan de bataille à la mesure de ses ambitions pour 2019. C'était la condition posée par Ennahdha: qu'il se prononce clairement sur ses intentions et on peut penser que c'est chose faite. Auquel cas le parti de Ghannouchi pourra tranquillement préparer son candidat virtuel pour barrer la route à Essebsi, père ou fils.
Avec un remaniement aussi profond, 13 nouveaux ministres et cinq nouveaux secrétaires d'Etat, le gouvernement tunisien crée d'autres surprises comme l'arrivée à l'artisanat et au tourisme de René Trabelsi, homme du métier et grand ordonnateur de la Ghriba, le pèlerinage annuel juif à Djerba. A la tête d'une importante agence de tourisme en France, René Trabelsi dont la famille joue un rôle déterminant à Djerba a en outre une maîtrise avérée des tour-opérateurs internationaux. Lors des municipales, quelques mois plus tôt, Ennahdha avait déjà bousculé la torpeur en portant candidat à la mairie de Sfax un tunisien de confession juive, renouant des décennies plus tard avec une politique instaurée à l'époque par Habib Bourguiba!
A la tête de ce qui est déjà qualifié de «commando», Youssef Chahed semble avoir désormais les coudées franches pour accélérer les réformes, fort du soutien d'une coalition à même de neutraliser Nidaa Tounes à l'ARP (Assemblée des Représentants du Peuple) et bénéficier ainsi d'une certaine stabilité d'autant plus forte qu'il s'est affranchi de l'équilibre instable qu'imposaient des partis aux idées parfois inconciliables et une présidence qui avait du mal à appliquer le jugement de Salomon.
Toutefois, les jeux ne sont pas faits car Nidaa Tounes, même affaiblie, ne reconnait pas ce remaniement et veut appeler à des élections anticipées. «Il s'agit d'une opération de putsch à laquelle on veut accorder un cadre constitutionnel. Nous avons demandé au président de la République d'intervenir. Nous aurons également des discussions avec tous les blocs parlementaires pour que ce remaniement ne soit pas approuvé et pour accélérer la mise en place de la Cour constitutionnelle qui jugera de cette question», a promis Slim Riahi. Affaire à suivre.

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